La part du citoyenTikTok et les mineurs
Léa Balage El Mariky

Léa Balage El Mariky

Rôle dans la commission : Députée — groupe Écologiste et Social (ÉcoS)

Biographie

Léa Balage El Mariky est née le 9 avril 1990 à Évry (Essonne). Elle est députée de la 3e circonscription de Paris depuis le 7 juillet 2024, élue sous l'étiquette Les Écologistes - EELV.

Formation et parcours professionnel. Titulaire d'une licence en droit obtenue à l'université de Bordeaux, elle poursuit ses études à Sciences Po Paris (2012). Elle se présente sans succès au concours de l'ENA en 2015. Elle a été collaboratrice parlementaire du député écologiste Noël Mamère, puis consultante. Sa profession déclarée sur sa fiche de l'Assemblée nationale est « cadre administratif et commercial d'entreprise ». En 2016, elle ajoute à son patronyme le nom de sa mère, El Mariky, en signe d'opposition aux projets de déchéance de nationalité alors en discussion.

Parcours politique et mandats. Membre des Verts / EELV (aujourd'hui Les Écologistes), elle est adjointe au maire du 18e arrondissement de Paris (Éric Lejoindre) depuis 2020, chargée de la vie associative, de l'alimentation durable, des circuits courts et des repas scolaires, et référente du conseil de quartier Chapelle Nord. Elle dirige la campagne de Julien Bayou aux élections régionales d'Île-de-France de 2021. Candidate aux élections législatives de 2022 dans la 3e circonscription de Paris sous les couleurs de la NUPES, elle est battue par Stanislas Guerini, qu'elle bat en revanche lors des législatives anticipées de 2024 avec 53,59 % des voix. Elle assure l'intérim du secrétariat national d'EELV du 27 septembre au 10 décembre 2022.

À l'Assemblée nationale. Sous la XVIIe législature, elle siège à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République et appartient au groupe Écologiste et Social (ÉcoS). Le 21 janvier 2026, elle est nommée rapporteure d'une proposition de loi constitutionnelle relative au droit de vote et à l'éligibilité des étrangers aux élections municipales.

Précision sur son rattachement à la commission d'enquête. La composition officielle de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (créée le 13 mars 2025, président Arthur Delaporte, rapporteure Laure Miller), telle que publiée par l'Assemblée nationale, ne la mentionne pas parmi ses membres : le groupe ÉcoS y est représenté par Pouria Amirshahi (vice-président) et Sophie Taillé-Polian. Elle apparaît dans le corpus des auditions au titre d'une seule séance, à laquelle elle a pris part comme députée.

Dans la commission

Fiche courte : le dossier corpus ne recense que 14 interventions concentrées sur une seule audition, le compte rendu cr24e — celle du créateur de contenu Nasser Sari. Léa Balage El Mariky n'intervient donc pas dans les autres travaux du corpus, mais elle est très présente sur cette séance-là.

Un angle unique : la frontière entre réalité et mise en scène dans les « dramas ». L'ensemble de ses questions porte sur les contenus produits par l'audité et sur leur statut. Le dossier résume sa ligne : elle soutient que Nasser Sari minimise le rôle de TikTok — qui lui sert selon elle à capter du public — et lui demande à plusieurs reprises si ses contenus sont réels ou mis en scène. Le dilemme qu'elle formule est explicite dans la seule citation retenue par le corpus : « Si c'est le cas, il s'agit souvent d'actes pénalement répréhensibles – menaces avec couteau, racisme, harcèlement, exploitation, détournement de mineur et violences conjugales. » (cr24e). L'alternative qu'elle pose est donc binaire : soit ces scènes sont authentiques et relèvent d'actes potentiellement répréhensibles, soit elles sont mises en scène et doivent être assumées et modérées comme telles.

Protection des mineures et santé mentale des participants. Son second axe est la situation des personnes exposées dans ces contenus. Elle interroge l'audité sur des séquences précises qu'elle cite avec des noms et des faits — des contenus impliquant une mineure (Leyna), une scène de violence conjugale (Djibril), un propos raciste (« Banania »), une scène où une jeune fille montre sa poitrine — pour en tirer deux questions : « avez-vous conscience que votre contenu participe à la banalisation de processus de harcèlement physique ou psychologique ? Deuxièmement, comment vous assurez-vous de la bonne santé mentale des participants de vos créations de contenus dans votre villa, que ces derniers montrent la réalité ou qu'ils soient mis en scène » (cr24e).

Une séquence tendue. Le dossier note que ce sont les questions les plus offensives de l'audition, formulées comme des accusations circonstanciées (dates, noms, faits). L'audité les qualifie d'accusations couvertes par l'immunité parlementaire ; la députée lui reproche de se défiler et repose trois fois ses questions. Ces accusations sont sa position dans le débat, telle qu'exprimée en audition, et non des faits établis par la commission.

Ce que cela révèle de sa ligne. Le dossier caractérise son orientation comme une ligne ÉcoS centrée sur les violences de genre, le harcèlement, la protection des mineures et la santé mentale des personnes exposées, avec une lecture des « dramas » comme banalisation de la violence appelant modération et responsabilité — celle du créateur comme celle de la plateforme qui en assure la diffusion.

Sources