Marie-Christine Cazaux
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Marie-Christine Cazaux est éducatrice spécialisée et membre du collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer). C'est à ce double titre qu'elle est identifiée sans ambiguïté par le compte rendu officiel de l'Assemblée nationale, dont l'intitulé d'audition la mentionne, aux côtés de Catherine Martin, comme éducatrice spécialisée et membre du collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer) (compte rendu n° 9, séance du mardi 13 mai 2025).
Le collectif Meer est un groupe bénévole constitué en 2023 — novembre 2023 selon l'UNADFI — à la suite de la promotion, par l'influenceuse Ophenya, d'une application de rencontre destinée aux 10-21 ans jugée dangereuse pour les mineurs. Son objet est la veille sur les dérives de créateurs de contenu à l'égard des mineurs : ses membres explorent quotidiennement Instagram, TikTok et Discord (jusqu'à quatre heures par jour selon l'UNADFI), documentent les pratiques qu'ils estiment problématiques — notamment les relations dites parasociales exploitant la vulnérabilité des adolescents — et plaident pour une charte éthique. Le collectif travaille en lien avec l'association e-Enfance et saisit les pouvoirs publics, en particulier la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Le président de la commission la présente d'ailleurs, avec Catherine Martin, comme exerçant « une vigilance particulière sur certains influenceurs » et ayant « signalé des pratiques préoccupantes, notamment auprès de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) » (compte rendu n° 9).
Réserve de sourçage — à lire avant tout usage. Marie-Christine Cazaux n'est pas une personnalité publique : il n'existe, à la date de rédaction, aucune notice biographique publique détaillée la concernant (ni fiche institutionnelle, ni notice encyclopédique, ni portrait de presse nominatif). Sa formation, ses employeurs et ses dates de poste ne sont donc pas documentés par une source vérifiable. Plusieurs profils professionnels en ligne portent des noms identiques ou proches (dont une éducatrice spécialisée en Adapei et une conseillère pédagogique) : aucun n'a pu être recoupé avec la personne auditionnée, et ils sont écartés ici par précaution. Les seuls éléments établis sont sa qualité d'éducatrice spécialisée et son appartenance au collectif Meer, tous deux attestés par le compte rendu officiel de l'audition.
Dans la commission
Auditionnée le 13 mai 2025 (cr09a), sous serment, en audition conjointe avec Catherine Martin, au titre du collectif Meer. 17 interventions relevées, toutes dans cette seule audition. Sa légitimité est celle d'une veilleuse bénévole de terrain, pas d'une chercheuse : elle apporte des observations qualitatives et des cas nominatifs, pas des données auditées.
Sa question fondatrice. Elle ouvre en déplaçant le débat de la plateforme vers ceux qui la peuplent : « au-delà des problématiques liées à l'algorithme de TikTok, les créateurs de contenu ont-ils une responsabilité directe sur la santé mentale des mineurs ? » (cr09a)
Sa thèse centrale. La responsabilité de la plateforme est, selon elle, engagée sur trois plans : « La question centrale qui se pose est celle de la responsabilité de TikTok dans cette situation, responsabilité que nous estimons engagée aux trois niveaux que sont l'algorithme, la monétisation et la modération. » (cr09a) Elle refuse par avance l'argument du statut d'hébergeur : « Bien que TikTok puisse prétendre, en s'appuyant sur son statut d'hébergeur, se dégager de toute responsabilité, il apparaît toutefois clairement que la plateforme choisit en toute conscience de mettre en œuvre ce mécanisme algorithmique, engageant ainsi sa responsabilité. » (cr09a) Selon le dossier, elle considère cependant cette responsabilité comme partagée avec les agences et les créateurs.
Positions clés défendues :
- Algorithme — « L'algorithme de TikTok tend à enfermer les utilisateurs dans des bulles de contenu, puisqu'il privilégie les publications suscitant des émotions fortes, notamment négatives, car ces dernières génèrent davantage d'interactions. » (cr09a) Elle le résume ainsi : « Il s'agit d'un algorithme centré sur la performance et non sur la qualité ou l'éthique, que les phénomènes humains de sidération ou de curiosité malsaine viennent amplifier. » (cr09a)
- Monétisation et lives — « TikTok a instauré un système de monnaie virtuelle accessible dès mille abonnés, permettant aux utilisateurs de recevoir de l'argent virtuel lors de leurs diffusions en direct. » (cr09a), monnaie qui « peut effectivement être convertie en euros une fois que le créateur a atteint le seuil de monétisation, généralement fixé à dix mille abonnés. » (cr09a) Elle relie ce mécanisme à des conduites de mineurs : « Cette volonté de se démarquer et d'attirer l'attention des influenceurs pousse certains mineurs à adopter des comportements excessifs tels que des publications à outrance, l'envoi de cadeaux, la livraison de nourriture et parfois le passage à des actes d'automutilation ou l'annonce de leur suicide. » (cr09a) Ses demandes, selon le dossier : complexifier l'achat de la monnaie virtuelle et conditionner l'accès aux lives à une justification d'âge.
- Modération — c'est son grief le plus frontal, présenté comme le constat de son collectif : « Nous avons effectué de nombreux signalements à TikTok, lesquels ont été rejetés dans plus de 90 % des cas, au motif que les contenus en question ne violaient pas les règles de la plateforme. » (cr09a) Et, sur des contenus qu'elle qualifie de pédopornographiques : « TikTok a systématiquement répondu qu'aucune infraction n'était constatée. » (cr09a) Le chiffre des 90 % est une estimation d'observation portée par elle, non vérifiée par la commission. Elle demande une vérification humaine systématique des signalements concernant des mineurs.
- Exposition des mineurs — « nous nous retrouvons aujourd'hui avec de nombreux comptes tenus par des mineurs de moins de quinze ans, majoritairement des jeunes filles, suivis par des milliers d'adultes. » (cr09a) Elle cite un cas nominatif : « Un exemple notable est celui du compte ArrêteLouloute, une créatrice de contenu qui a gagné en popularité en mettant en scène sa fille mineure dans des situations potentiellement embarrassantes ou problématiques. » (cr09a) — accusation portée sous serment, non tranchée par la commission.
- Spécificité de TikTok et comparaison — « TikTok présente la particularité de les agréger rapidement dans le fil d'actualité personnalisé de l'utilisateur. » (cr09a) Elle estime le problème soluble puisque « d'autres plateformes, telles que YouTube, ont su réduire la prévalence de ces contenus et faire preuve d'une réactivité accrue. » (cr09a)
- Âge d'accès — « au vu du contenu actuel sur TikTok, fixer la limite à seize ans nous semble être un minimum nécessaire. » (cr09a), avec une mise en œuvre graduée : « La mise en œuvre d'une interdiction de TikTok aux mineurs nécessiterait une approche progressive, similaire à celle adoptée pour l'interdiction du tabac dans les lieux publics. » (cr09a)
- Acteurs publics — elle oppose l'inertie qu'elle prête à la plateforme à la réactivité des canaux officiels : « En revanche, nos interactions avec Pharos ont été globalement positives et constructives. » (cr09a) Selon le dossier, elle demande le renforcement de ces canaux (lien direct vers Pharos dans l'application, outil d'enregistrement des lives) et un réexamen par la HAS de ses recommandations pour y intégrer l'emprise numérique.
- Rôle des parents — position défendue avec Catherine Martin : la surveillance parentale exhaustive est irréaliste (second téléphone, messageries privées, fracture numérique), et la charge doit peser sur la plateforme.
Sa conclusion. « Au regard de tous ces éléments, il ne fait pour nous aucun doute que l'utilisation de TikTok par des mineurs représente un risque réel pour leur sécurité comme pour leur santé. » (cr09a)
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cetiktok/l17cetiktok2425009_compte-rendu.pdf (compte rendu n° 9, séance du 13 mai 2025 — identité, fonction, collectif, présentation par le président)
- https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/internet-et-theories-du-complot/le-collectif-meer-traque-les-derives-des-influenceurs/ (création et méthode du collectif Meer)
- https://www.lalibre.be/lifestyle/people/2024/11/22/elle-incite-ses-abonnes-a-des-comportements-limites-une-influenceuse-signalee-a-la-justice-pour-derives-sectaires-UEP56OLURJCU5K737H2MVWJZCM/ (collectif Meer, bénévolat, liens avec e-Enfance et la Miviludes ; ne cite pas Marie-Christine Cazaux)
- https://www.instagram.com/collectif_meer/ (compte public du collectif)