La part du citoyenTikTok et les mineurs
Marietta Karamanli

Marietta Karamanli

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Marietta Karamanli est nee le 18 decembre 1964 a Athenes (Grece). De double nationalite francaise et grecque, elle est docteure en sciences politiques et enseignante a l'universite du Mans.

Elle est elue conseillere municipale du Mans depuis 1989, puis adjointe au maire de 2001 a 2007 et de 2008 a 2020 (sous les mandats de Jean-Claude Boulard puis Stephane Le Foll). Elle a egalement ete conseillere generale de la Sarthe (canton du Mans-Nord-Ouest) de 1998 a 2008.

Deputee de la 2e circonscription de la Sarthe depuis juin 2007, elle a ete reelue en 2012, 2017, 2022 et 2024. Membre du Parti socialiste, elle a siege successivement dans les groupes SRC (2007-2016), SER (2016-2017), Nouvelle Gauche (2017-2018) puis Socialistes et apparentes (depuis 2018). Elle a ete exclue du PS pour un an a la suite de sa candidature dissidente aux municipales du Mans de 2020, avant d'etre reinvestie pour les legislatives de 2022.

A l'Assemblee nationale, elle est membre de la commission des lois, presidente du groupe d'amitie France-Chypre et vice-presidente du groupe France-Grece. Elle est par ailleurs representante francaise a l'Assemblee parlementaire du Conseil de l'Europe.

Lors des municipales du Mans de 2026, elle a conduit une liste d'union Les Ecologistes-PCF : 17,86 % au premier tour (15 mars 2026) et 21,85 % au second (22 mars 2026), battue par le maire sortant Stephane Le Foll.

Sur les sujets numeriques, elle a ete rapporteure pour avis de la commission des affaires europeennes de l'Assemblee nationale sur le reglement (UE) 2022/2065 (Digital Services Act), et est co-auteure, avec la deputee Isabelle Rauch, d'une proposition de resolution europeenne visant a lutter contre les addictions numeriques chez les enfants (elements declares en audition, cf. cr19b).

Dans la commission

Marietta Karamanli est entendue le 28 mai 2025 (cr19b) dans le cadre d'une table ronde de parlementaires, aux cotes de la deputee Isabelle Rauch et de l'ancien depute Bruno Studer. Elle y intervient au titre de co-auteure de la proposition de resolution europeenne contre les addictions numeriques chez les enfants et d'ancienne rapporteure pour avis sur le DSA. Le dossier corpus recense 4 interventions sur cette seule audition : la fiche est donc courte.

Sa these. Les effets sont, selon elle, deja acquis : « Il est établi que l'utilisation sans limite de réseaux numériques est néfaste pour la santé, notamment pour les plus jeunes. » (cr19b) Elle y ajoute une accusation d'intentionnalite visant les plateformes, qui reste sa position et non un fait etabli en seance : celles-ci, informees des effets, « ont volontairement laissé prospérer des fonctionnalités qui encouragent cette addiction » (cr19b) — notifications nocturnes, lecture automatique, filtres embellissants. Elle en decrit la finalite economique : « L'objectif consiste donc à maintenir le public sur la plateforme pour en faire des prisonniers des contenus » (cr19b).

Rejet de l'autoregulation. C'est son point le plus tranche : « La naïveté politique, qui a plutôt été jusqu'à présent à l'œuvre, consiste donc à considérer que les grandes plateformes seront raisonnables et s'autoréguleront. » (cr19b) Elle en tire la necessite d'une legislation contraignante plutot que d'une bonne volonte des acteurs.

L'analogie du tabac. Elle propose de deplacer la regulation du consommateur vers le producteur : « Afin d'être efficaces, il faut agir directement sur les plateformes, en nous inspirant des régulations mises en place à l'encontre des producteurs de tabac, dont la démarche est comparable. » (cr19b) Et de preciser : « Je rappelle ainsi que ces producteurs ajoutaient des substances, comme l'ammoniaque, qui amplifiaient la dépendance à la nicotine. Nous devons donc utiliser le même angle d'attaque vis-à-vis des grandes plateformes numériques. » (cr19b)

La primaute de l'echelon europeen. Sa position centrale : l'action efficace passe d'abord par le droit europeen (DSA/DMA), le droit national ne pouvant regir des domaines qui en relevent ; elle plaide pour federer plusieurs parlements afin de peser (cr19b).

Responsabilite des plateformes, pas des parents. Elle situe la responsabilite premiere du cote des plateformes et non des familles ou de l'ecole, tout en defendant une education a l'information et un accompagnement : transformation des programmes de l'education nationale, et paliers d'exposition progressifs — « pas d'écran avant trois ans, un écran partagé entre trois et six ans, éveil créatif de six à neuf ans, meilleur contrôle entre neuf et douze ans. » (cr19b, recommandations qu'elle reprend de l'audition de Thomas Rohmer devant la commission).

Une reserve sur l'inflation normative. En conclusion, elle appelle a evaluer les dispositifs deja votes avant d'en ajouter : « produire toujours plus de réglementation sans évaluation fait courir le risque d'une surabondance et d'une fausse sécurité. » (cr19b)

Note de lecture : la table ronde etant conjointe, plusieurs positions consignees dans le dossier corpus pour cette audition (autorite de type Hadopi contre le cyberharcelement, efficacite des sanctions financieres, effets positifs de TikTok, controle a posteriori de la liberte d'expression, controle parental) sont portees par ses co-auditionnes Bruno Studer et Isabelle Rauch, et non par elle.

Sources

Remarque : les pages officielles de l'Assemblee nationale et de NosDeputes.fr n'ont pas pu etre consultees lors de la redaction (erreurs HTTP 404/500) ; la bio repose sur la notice Wikipedia, recoupee avec les elements declares par l'interessee sous serment en audition (cr19b : rapporteure pour avis DSA en commission des affaires europeennes, co-auteure de la proposition de resolution europeenne avec Isabelle Rauch, travaux sur le marche unique numerique et la fiscalite du numerique, contacts au Conseil de l'Europe).