La part du citoyenTikTok et les mineurs
Martin Ajdari

Martin Ajdari

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Martin Ajdari, né le 11 décembre 1968 à Paris (20e), est un haut fonctionnaire français. Il est

président de l'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) depuis

le 2 février 2025, pour un mandat de six ans, succédant à Roch-Olivier Maistre. Il est le fils de

Martine Buron, ancienne députée socialiste et députée européenne, et d'Ahmad Ajdari, diplomate

iranien ; son grand-père, Robert Buron, fut ministre sous la IVe République.

Formation :

l'Arcom (les deux sources divergent sur ce point, mentionné ici avec réserve) ;

Parcours professionnel :

*Identité vérifiée : la fonction déclarée dans le dossier corpus (« président de l'Autorité de

régulation de la communication audiovisuelle et numérique ») correspond sans ambiguïté au profil

public de Martin Ajdari, en poste à cette date. Aucun risque d'homonymie identifié.*

Dans la commission

Audition unique le 20 mai 2025 (cr13c, troisième et dernière audition de la réunion n° 13),

20 prises de parole. Ajdari est entendu comme président de l'Arcom, accompagné d'Alban de Nervaux

(directeur général) et de Lucile Petit (directrice des plateformes en ligne).

**Sa thèse : le constat d'insuffisance est partagé, mais le cadre pour y répondre — le DSA — existe

déjà et doit être appliqué plutôt que rediscuté.** Il pose d'emblée le diagnostic : « Un large

consensus se fait jour pour considérer que le niveau de protection des mineurs en ligne en France

et en Europe est, depuis de nombreuses années, tout à fait insuffisant sur TikTok. » (cr13c). Il

l'étaye par le décalage entre usage réel et règle affichée : « au premier trimestre 2025, selon

Médiamétrie, près d'un tiers des enfants âgés de 11 à 12 ans ont utilisé TikTok, alors que l'âge

minimum d'accès est fixé, dans les conditions générales d'utilisation (CGU), à 13 ans » (cr13c). Sur

les mécaniques en cause : « le scrolling – défilement – illimité de vidéos courtes et personnalisées,

les tendances, les hashtags et un algorithme de recommandations très puissant captent l'attention et

allongent le temps passé sur la plateforme. » (cr13c). Il cite un exemple récent — « L'exemple le

plus récent et évocateur est la tendance SkinnyTok, qui valorise la maigreur extrême. » (cr13c) — et

le chiffre : « sur cette seule période, 5 500 publications, diffusées par 3 000 créateurs différents,

comprenaient l'expression SkinnyTok. » (cr13c)

Positions clés défendues :

lignes directrices permettent selon lui une évolution structurelle des services ; il faudra sans

doute renforcer et accélérer, mais pas rejouer des débats déjà tranchés. Il rappelle l'arsenal

disponible au niveau européen : « Si TikTok ne se conforme pas à ses obligations de manière

répétée, malgré les injonctions de la Commission, elle peut se voir infliger une amende équivalant

à 6 % de son chiffre d'affaires mondial ; puis vient la possibilité d'une suspension – cela

existe. » (cr13c). Il plaide la patience du temps réglementaire : « Songez qu'il a fallu du temps

pour imposer le port de la ceinture de sécurité dans les véhicules, d'abord à l'avant puis à

l'arrière. » (cr13c), et refuse le constat d'échec : « Je ne partage donc pas l'idée que cela ne

marche pas, même si cela ne marche pas assez, pas assez vite. » (cr13c)

qu'il assume : « En revanche, l'Arcom ne peut pas prendre de sanction contre les plateformes comme

TikTok. » (cr13c). Selon sa position telle qu'exposée, l'autorité transmet à la Commission

européenne et à l'Irlande (pays d'établissement), et n'a pas non plus accès aux données de

l'article 40 en tant que coordinateur d'un pays de destination ; il dit reconnaître et partager la

frustration que cela suscite.

façon effective l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. » (cr13c)

bonnes raisons de penser qu'en matière de santé publique, ne pas accéder aux réseaux sociaux avant

15 ans ne serait pas une très mauvaise idée. » (cr13c), tout en refusant l'automatisme : « En

effet, les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement dangereux en dessous de 15 ans ; tout dépend

du type de service, des limitations au caractère addictif de l'algorithme, des paramétrages

d'accès, de la vérification de l'âge… » (cr13c). Relever l'âge relève selon lui d'une décision

politique européenne ; à court terme, il privilégie le respect de la limite CGU de 13 ans et le

déploiement des outils protecteurs.

décrit la modération a posteriori comme un « tonneau des Danaïdes » et défend une intervention sur

l'interface et l'algorithme dès la conception, avec des paramétrages protecteurs par défaut pour

les mineurs.

mais je ne la qualifierais pas d'éditoriale ; c'est une responsabilité de fournisseur de service en

ligne. » (cr13c). Il considère que le DSA a tranché ce débat et qu'il ne faut pas le rouvrir ; il

évoque le cas de X/Musk (un propriétaire poussant son agenda) comme exception éventuellement à

l'étude.

faire du TikTok- bashing en tant que tel. » (cr13c) ; « TikTok est l'une des plateformes qui traite

le plus rapidement les signalements qui lui sont faits et, d'un point de vue administratif, la

réaction est satisfaisante. » (cr13c). Le problème qu'il désigne n'est donc pas d'abord le retrait

des contenus illicites mais les risques systémiques de fond. Sur les objectifs de délai :

« Les contenus signalés par les signaleurs de confiance doivent être traités prioritairement, 50 %

voire 75 % devant être retirés dans les 24 heures – c'est un objectif indicatif, susceptible d'être

renforcé. » (cr13c)

scientifique assumée : « Nous devons mettre en évidence ce phénomène et le documenter par un

travail d'instruction scientifique, voire presque pénale. » (cr13c). Corrélation à établir via

l'accès des chercheurs aux données, causalité non acquise.

consacrent au règlement sur les services numériques, sur un effectif total de 350 personnes »

(cr13c). Première étape à ses yeux insuffisante : l'Arcom devra monter en puissance pour conduire

ses propres études, à l'image de la soixantaine d'agents allemands.

compter du mois de juin, nous écrirons aux plateformes les plus importantes installées dans

l'Union européenne, comme PornHub et YouPorn, pour leur demander d'installer à leur tour cet

outil. » (cr13c)

surveiller ce que font les enfants sur leur smartphone et les parents ne sont pas égaux face à

cette tâche, mais cela reste le premier degré de régulation. » (cr13c)

Ingérence étrangère. Il mentionne le dossier roumain sur un mode prudent, en rapportant une

suspicion et non un fait établi : « Lors des élections en Roumanie, il y a eu une suspicion

d'utilisation de la plateforme TikTok par des intérêts étrangers ou locaux, lesquels auraient cherché

à manipuler l'opinion. » (cr13c)

Sources