Mehdi Mazi
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Mehdi Mazi est cofondateur du collectif AVI — Aide aux victimes d'influenceurs. C'est à ce
titre, et sous ce seul titre, qu'il est convoqué par la commission d'enquête (« Audition — M. Mehdi
Mazi, co-fondateur du collectif d'aide aux victimes d'influenceurs (AVI), et M. Jean-Baptiste
Boisseau », verbatim officiel de la réunion n° 13 du 20 mai 2025).
*Réserve importante sur la biographie : la recherche web n'a permis de documenter aucun élément
biographique personnel le concernant — ni parcours, ni formation, ni fonctions antérieures ou
parallèles. Le nom « Mehdi Mazi » n'apparaît ni sur le site du collectif AVI, ni dans les articles de
presse ou les pages Wikipédia consacrés à l'association et à l'affaire des « influvoleurs ». Le site
du collectif présente ses membres sous des pseudonymes ou des prénoms seuls (« direction collégiale »
composée de « Iamnotyou » et « Stan », conseil collégial où figure notamment « JB — Space/Live », qui
correspond par sa fonction au co-auditionné Jean-Baptiste Boisseau, « membre chargé des projets
espaces de discussion en ligne et des relations presse »). Aucun rapprochement entre l'état civil
déclaré devant la commission et l'un de ces pseudonymes n'est établi par une source publique : il
n'est donc pas affirmé ici. Faute de trace publique, aucun risque d'homonymie n'a pu être arbitré —
les personnes portant ce nom identifiables en ligne relèvent d'autres champs et ne peuvent en aucun
cas être présumées être la même personne. La fiche s'en tient donc à sa fonction déclarée et à ce
qu'il a dit devant la commission.*
Ce qui est en revanche documenté, c'est l'organisation qu'il a cofondée. Le collectif naît en
juin 2022 sur X (Twitter) autour du mot-dièse #blatarnaque, qui agrège des victimes du couple
d'influenceurs Marc et Nadé Blata (promotion de « copy trading »), sous le nom initial de **collectif
AVMN — « Aide aux victimes de Marc et Nadé »**. Il se constitue en association loi 1901 en août 2022
(déclaration du 19 août 2022 selon le propos liminaire de Mehdi Mazi devant la commission) sous le nom
de collectif AVI — Aide aux victimes d'influenceurs (RNA W751269685, SIRET 923 550 073 00012, siège
229 rue Saint-Honoré, 75001 Paris). L'association fonctionne en direction collégiale, avec des pôles
juridique, victimes, communication, presse et enquête ; elle indique n'avoir aucun membre rémunéré,
être financée par des dons privés et n'avoir aucun lien commercial avec les plateformes ou les agences
d'influence. Ses jalons publics : première plainte pour escroquerie en bande organisée contre Marc
Blata déposée le 23 janvier 2023 auprès du procureur de la République de Paris (88 plaintes conjointes,
portées à 102 peu après) ; auditions parlementaires au printemps 2023 en amont de la loi n° 2023-451
du 9 juin 2023 encadrant l'influence commerciale ; procès de l'influenceur Dylan Thiry devant le
tribunal correctionnel de Paris le 20 octobre 2025. Le collectif revendique aujourd'hui plus de
2 250 à 2 430 victimes accompagnées et une trentaine d'affaires en cours.
Dans la commission
Audition unique le 20 mai 2025 (cr13b, deuxième audition de la réunion n° 13, présidée par Arthur
Delaporte puis par le vice-président Pouria Amirshahi), **audition conjointe avec Jean-Baptiste
Boisseau**, membre du collectif chargé des projets espaces de discussion en ligne et des relations
presse. Mehdi Mazi n'y prend la parole que 3 fois — le propos liminaire de présentation du
collectif, une réponse à la rapporteure, une synthèse des obstacles rencontrés — l'essentiel des
développements (cas d'influenceurs, lives et « matchs », propositions de régulation) étant porté par
Boisseau. Fiche courte, en conséquence : le dossier corpus le concernant est mince.
Il déclare sous serment n'avoir « aucun lien d'intérêts à déclarer » et présente le collectif : né à
l'été 2022 autour des victimes des Blata, d'abord sous le nom AVMN, constitué en association le
19 août 2022, avec une mission double — accompagner juridiquement les victimes et alerter l'opinion,
les institutions et les plateformes.
Sa thèse : la délinquance économique des influenceurs fait des dégâts massifs et reste impunie.
Il chiffre l'activité du collectif : « Depuis le début de son action, l'association a recensé plus de
2 400 victimes, pour un préjudice total estimé à plus de 2 millions d'euros. » (cr13b), et décrit des
conséquences humaines — conflits familiaux, séparations, ventes de maisons forcées, tentatives de
suicide.
Points saillants de ses trois interventions :
- Une reconnaissance nette des limites de son échantillon sur le sujet même de la commission.
Interrogé par la rapporteure Laure Miller sur la proportion de mineurs parmi les 2 400 victimes et
sur la part imputable à TikTok, il répond : « Nous n'avons recensé qu'un seul cas de mineur impliqué
dans les affaires que nous suivons. En l'occurrence il s'agissait d'une affaire de trading. »
(cr13b), puis : « Nous ne disposons pas de données précises permettant de mesurer l'implication
respective de TikTok et d'autres plateformes. » (cr13b). Il précise que le collectif constate
davantage de cas sur Snapchat et Instagram, traite principalement des faits de 2021-2022, et
commence seulement à recevoir des signalements liés à TikTok, notamment sur le trading.
- Le grief central adressé à TikTok : l'absence de suite donnée aux signalements. « Sur TikTok, nos
alertes concernant des contenus problématiques sont systématiquement classées sans suite, la
plateforme affirmant n'avoir identifié aucune violation de leurs règles d'usage. » (cr13b) — position
du collectif, non contradictoirement établie dans cette audition. Il l'illustre par le cas d'une
influenceuse promouvant indirectement le trading en exhibant son train de vie et renvoyant ses
abonnés vers un courtier basé aux Caraïbes, sans qu'aucune mesure ne soit prise selon lui.
- Les obstacles rencontrés par le collectif : l'isolement des victimes, qui rend difficile la
libération de leur parole ; la peur de s'exprimer, « exacerbée par les menaces et les intimidations
en ligne » ; l'inégalité de médiatisation entre victimes et influenceurs ; et l'inaction des
plateformes, qui « rejettent la majorité de nos signalements » (cr13b).
- L'impunité comme fil rouge : il insiste en fin d'intervention sur « l'impunité persistante et
alarmante dont bénéficient les influenceurs aux pratiques délictueuses », certains continuant selon
lui à diffuser et à promouvoir des produits douteux « sans être inquiétés » (cr13b).
À noter, pour la lecture de cette audition : après le propos liminaire de Mehdi Mazi, centré sur la
délinquance économique et des affaires majoritairement adultes, le président Delaporte recadre —
« Je vous invite maintenant à aborder les effets sur les mineurs et les aspects directement liés aux
travaux de la commission. » (cr13b).
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N013.html (verbatim officiel
de l'audition du 20 mai 2025)
- https://collectifavi.com/
- https://collectifavi.com/notre-histoire/
- https://collectifavi.com/association/
- https://collectifavi.com/les-membres/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Influvoleur (section « Formation du collectif AVI »)