Mickaël Vallet
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Mickaël Vallet, né le 26 mai 1979, est un homme politique français, sénateur socialiste de la Charente-Maritime depuis 2020.
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Strasbourg (section service public, 2002), après une année d'études à la faculté des relations internationales de Saint-Pétersbourg (2001), il obtient en 2006 un master recherche de science politique à l'IEP de Paris. Il travaille de septembre 2002 à septembre 2003 à l'ambassade de France à Minsk (Biélorussie) ; sa profession déclarée au Sénat est diplomate. Passé par le Mouvement républicain et citoyen (2000), il adhère au Parti socialiste en 2007.
Élu maire de Marennes en 2008, il est réélu en 2014, puis devient maire de la commune nouvelle de Marennes-Hiers-Brouage. Il a également présidé la communauté de communes du Bassin de Marennes et siège depuis 2011 comme conseiller départemental de la Charente-Maritime (canton de Marennes), fonction qu'il exerce toujours.
Élu sénateur de la Charente-Maritime le 27 septembre 2020, il siège au sein du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain et à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il est secrétaire du Sénat depuis octobre 2023.
En 2023, il préside la commission d'enquête du Sénat sur l'utilisation du réseau social TikTok, son exploitation des données et sa stratégie d'influence, dont Claude Malhuret (groupe Les Indépendants) est le rapporteur. Lancée le 8 mars 2023, elle rend après une trentaine d'auditions un rapport intitulé TikTok : la tactique de l'opacité, de l'addiction et des ombres chinoises, adopté le 4 juillet 2023 et présenté à la presse le 6 juillet 2023. C'est à ce titre — comme ancien président de cette commission sénatoriale — qu'il est auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.
Dans la commission
Mickaël Vallet est entendu une seule fois (cr06a, 29 avril 2025), en audition commune avec Claude Malhuret, rapporteur de la commission sénatoriale. Les deux sénateurs viennent en prédécesseurs parlementaires, pour transmettre un retour d'expérience d'enquête plutôt qu'une expertise en santé mentale. Le dossier corpus recense 4 prises de parole de Vallet ; plusieurs des positions qu'il consigne sont explicitement attribuées à Malhuret (statut d'éditeur, comparaison Douyin, causalité santé mentale, régulateur irlandais, liberté d'expression) et ne sont donc pas rapportées ici comme siennes.
Une spécificité chinoise et une « guerre cognitive ». C'est son angle principal. Il explique que le rapport sénatorial a montré qu'« on ne pouvait pas aborder tous ces acteurs de la même façon », TikTok présentant selon lui « une très forte spécificité du fait de sa proximité avec le pouvoir chinois ». Il s'appuie sur des documents publics de doctrine chinois et sur les travaux de Paul Charon (Irsem), et prévient la commission : « Même si vous vous focalisez, avec raison, sur les jeunes et la santé publique, la question de la guerre cognitive ne sera probablement pas absente de votre travail. On peut notamment se demander quelle jeunesse sera la mieux armée dans le monde qui va advenir. » (cr06a). Ces éléments sont présentés comme son analyse, non comme des faits établis par la commission d'enquête de l'Assemblée.
L'opacité et la question restée sans réponse. Il livre le point aveugle du rapport sénatorial : « Qui commande vraiment l'algorithme ? Nous avons écrit, en creux, que TikTok n'avait jamais pu nous dire qui appuyait sur le bouton – s'agissant de X, en revanche, on le voit à peu près. » (cr06a). Sur la qualité de la coopération de la plateforme, il décrit des interlocuteurs choisis : « nous avions affaire à des responsables des relations publiques dont le but était, à l'instar de certains joueurs de tennis, de renvoyer la balle sans prendre aucun risque » (cr06a). Il en tire une interrogation plus large sur « les limites des travaux menés dans le cadre des commissions d'enquête des parlements nationaux » face à un acteur extraterritorial.
Nuancer la critique de l'échelon européen. Contre « toute approche caricaturale en ce qui concerne le niveau européen », il rappelle l'acclimatation du RGPD et le rayonnement du cadre européen, tout en pointant la lenteur du DSA/DMA et les difficultés de la procédure irlandaise. Sur la délégation de compétences à Bruxelles, il refuse d'y voir une dépossession subie : « Cette délégation était tout à fait consciente : des responsables politiques nationaux prennent les décisions en la matière et ils doivent les assumer. » (cr06a). Il appelle en conséquence à « des exigences beaucoup plus concrètes » dans les relations diplomatiques intra-européennes.
Bridage du temps d'usage : faisable, mais à porter au niveau européen. Il distingue un volet juridique — la mesure ne doit pas heurter les grands principes de droit, et « nous ne pouvons être les seuls à le décider, nous devons converger vers cette solution au niveau européen » — et un volet technique, où il écarte l'argument d'impossibilité : « Le splinternet – ou cyberbalkanisation – existe déjà : en Chine, on n'a pas accès aux mêmes contenus que dans l'Union européenne. » (cr06a).
« Balayer devant notre porte ». Second axe personnel, indépendant des plateformes : l'action publique. Il pointe l'incohérence de l'État qui impose lui-même des écrans aux enfants — « le ministère de l'Éducation nationale devrait être capable d'exiger, par le biais d'une circulaire, que les devoirs ne soient plus donnés sur Pronote ou Éducartable » — et conclut : « Commençons donc par balayer devant notre porte. » Il insiste enfin sur un levier qu'il juge sous-investi : « il existait un second aspect, indépendant de TikTok et des autres acteurs, qui est l'éducation à la parentalité. » (cr06a).
Un point de nuance interne. Sur la suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie, il corrige son collègue Malhuret : le Conseil d'État a jugé que l'application avait été suspendue « en dehors de tout cadre légal », et non que la mesure était impossible dans son principe.
Sources
- https://www.senat.fr/senateur/vallet_mickael20064c.html — fiche officielle du sénateur (naissance, groupe, commission, mandats, secrétaire du Sénat)
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Micka%C3%ABl_Vallet — biographie (formation, mandats locaux, parcours partisan)
- https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-sur-lutilisation-du-reseau-social-tiktok-son-exploitation-des-donnees-sa-strategie-dinfluence.html — commission d'enquête TikTok du Sénat (2023)
- https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/cp20230308b.html — lancement des travaux de la commission d'enquête (8 mars 2023)
- https://www.senat.fr/rap/r22-831-2/r22-831-2.html — rapport La tactique TikTok : opacité, addiction et ombres chinoises
- https://www.senateurs-socialistes.fr/annuaire-senateur/vallet-mickael/ — fiche du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain