Miloude Baraka
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Miloude Baraka est co-fondateur et dirigeant de Live Up Agency (également écrite Live'up Agency), agence française spécialisée dans l'accompagnement de créateurs de contenu sur TikTok Live. Le site officiel de l'agence (liveupagency.fr) le présente comme co-fondateur et General Manager, en charge du management et de la stratégie, aux côtés de deux autres associés, Tony (co-fondateur, General Manager) et Vincent (fondateur, directeur produit et écosystème) — les noms de famille des associés ne sont pas publiés sur le site.
L'agence se revendique 1ʳᵉ agence TikTok Live certifiée de France et partenaire officiel de TikTok. Elle affiche plus de 2 500 créateurs accompagnés et une cinquantaine de managers, une offre de formation et de coaching, l'organisation de matchs et tournois, l'aide à la certification des comptes (badge bleu, statut Live Pro) et une suite d'outils logiciels internes (LiveSuccess, LiveShow, LiveMatch, LiveAngel). Le site a été mis en ligne en 2023 (première publication référencée au 16 mai 2023).
Les seuls éléments de parcours antérieurs disponibles sont ceux qu'il a lui-même déclarés sous serment devant la commission : « Mon parcours dans le digital s'étend sur plus de huit ans, avec une focalisation sur les réseaux sociaux depuis environ cinq ans. Notre aventure a débuté sur Instagram avant de s'orienter vers TikTok il y a deux ans et demi, en réponse à l'émergence du marché du live. » (cr21a) Il situe donc la création de Live'up Agency vers la fin 2022 / le début 2023. Il déclare également huit nominations professionnelles pour l'agence et une distinction obtenue en mars 2025, « le prix de l'agence live MCN of the year (Multi-Channel Network) » (cr21a) — récompense décernée dans un cadre professionnel privé, non vérifiable par une source institutionnelle indépendante.
Réserve d'identification et de sourçage. Aucune société n'est immatriculée en France sous la dénomination Live Up Agency dans l'annuaire officiel des entreprises (recherche au 2026-07-24) ; l'agence opère donc sous un nom commercial. L'annuaire recense par ailleurs un Miloude Baraka (né en décembre 1993) président de la SAS LIV'EVENT (SIREN 983343047, activité d'agence de publicité, siège 122 rue Amelot, Paris 11ᵉ, créée le 2024-01-10), auparavant directeur général d'OXMOSE (2021, cessée) et d'UNICO PARIS (2020, cessée), et titulaire d'une entreprise individuelle de programmation informatique à Argenteuil (2020, cessée). Le rapprochement entre ces immatriculations et la personne auditionnée est plausible (nom peu répandu, secteur cohérent) mais n'est pas formellement établi : il est mentionné ici sous réserve. Enfin, la recherche web générale n'a pas pu être menée lors de la rédaction de cette fiche (quota d'appels épuisé) : aucune couverture de presse n'a donc été consultée, et la bio repose sur le site officiel de l'agence, les registres publics d'entreprises et les déclarations sous serment.
Dans la commission
Auditionné le 3 juin 2025 (cr21a), sous serment, en qualité de « co-fondateur de Live'up Agency ». Seule personne entendue lors de cette audition (36 interventions). Il ouvre en déclarant son lien d'intérêt : « Je déclare n'être ni employé ni représentant de TikTok, bien que TikTok fasse partie de mes clients. » (cr21a), précisé sous la relance du président : « Effectivement, nous facturons nos services à TikTok qui nous rémunère en conséquence. » (cr21a)
Sa thèse. Le live TikTok est une industrie naissante, économiquement légitime et encore mal structurée, qu'il faut professionnaliser plutôt qu'interdire. Il en propose une lecture par analogie : « TikTok a transposé dans le monde numérique ce qui se passait autrefois dans la rue avec les artistes de rue, qui posaient leur chapeau et étaient soutenus par les passants selon leur bon vouloir. » (cr21a)
Positions clés défendues :
- Modèle économique du live — « notre modèle économique prévoit que pour chaque euro dépensé sur TikTok Live, 50 centimes reviennent à l'influenceur et 50 centimes à TikTok. C'est sur cette part de TikTok qu'une commission minime est reversée à l'agence. » (cr21a) L'agence ne prélève donc rien directement sur les gains des créateurs. Sur les revenus : « Les influenceurs débutants gagnent entre 10 et 15 euros par mois. Comme dans toute activité, il y a une élite très restreinte qui performe exceptionnellement bien. Aujourd'hui, un TikTokeur très performant sur le live peut générer entre 10 000 et 20 000 euros par mois. » (cr21a)
- Autorégulation par charte — il revendique l'initiative : « Fin 2023, face à l'expansion du marché et à l'arrivée de nombreux acteurs, nous avons pris l'initiative d'élaborer la première charte déontologique du live. » (cr21a) Il en reconnaît aussitôt la limite : « Il faut comprendre que nous gérons plus de 2 800 influenceurs, dont environ 1 200 actifs. Il est humainement impossible de garantir le respect absolu de la charte par chacun d'entre eux. » (cr21a) Son seul levier de sanction est l'exclusion : « Nous procédons à un nettoyage mensuel, en supprimant entre 20 et 100 créateurs de contenu qui ne répondent pas à nos critères. » (cr21a) — chiffre dont le président Delaporte relève qu'il représente environ 10 % de l'effectif mensuel, ce que l'intéressé rapporte à une question d'« adéquation avec les intérêts et la vision de l'agence », pas nécessairement à des dérives.
- Limites du contrôle exercé par l'agence — « Il nous est matériellement impossible de surveiller en permanence tous les lives de l'ensemble de nos influenceurs. Avec 800 influenceurs actifs simultanément, nous ne disposons ni des ressources humaines ni des infrastructures nécessaires pour un tel contrôle. » (cr21a) Il en tire une position de responsabilité : « nous ne pouvons pas être tenus responsables des propos tenus par un créateur, notamment s'il diffuse du contenu inapproprié en dehors des heures de travail habituelles. » (cr21a) — d'où le projet, exposé en audition, de salarier les créateurs sur des horaires de bureau et d'ouvrir une « Académie Live ».
- Modération automatique de TikTok — trop punitive et sans nuance — c'est son grief le plus tranché, formulé du point de vue de l'agence sanctionnée : « Il semble que TikTok utilise une intelligence artificielle pour détecter les contenus potentiellement problématiques, mais ce système manque cruellement de nuance, notamment en ce qui concerne la compréhension de l'humour et des expressions idiomatiques. » (cr21a) Exemple qu'il donne : « Un de nos influenceurs a été banni définitivement, sans possibilité de recours, pour avoir utilisé l'expression « je n'aime pas quand il y a des blancs comme ça » en parlant d'un silence dans une conversation. L'IA a interprété cela comme un propos raciste, ignorant totalement le contexte et le sens réel de l'expression. » (cr21a) Volumétrie déclarée : « nous recevons en moyenne quinze à vingt signalements automatiques par mois de la part de TikTok. […] Je précise ici que je fais uniquement référence aux signalements émanant de l'algorithme de TikTok, et non à ceux effectués par les utilisateurs. » (cr21a)
- Score de santé et amendes infligées aux agences — « il faut retenir qu'une agence dont le score de santé descend en dessous de 50 peut se voir interdire d'exercer sur TikTok. » (cr21a), avec un seuil de tolérance de 0,8 % de bannissements sur l'effectif. Il conteste l'équité de la procédure contradictoire : « TikTok nous accorde environ deux semaines pour fournir des preuves de notre accompagnement des influenceurs concernés, mais je dois admettre que ces preuves sont systématiquement rejetées, même lorsque nous démontrons la participation des influenceurs à nos formations. » (cr21a) Il confirme avoir déjà été sanctionné financièrement.
- Modération des contenus sexuels — à l'inverse, jugée efficace — « Toute évocation orale ou tentative de redirection vers des contenus pour adultes entraîne un bannissement quasi instantané, généralement en moins de vingt-quatre heures. Les créateurs sont ainsi contraints d'utiliser des stratégies détournées, comme passer par Instagram où la modération est moins stricte. » (cr21a) — réponse à une question de M. Stéphane Vojetta sur les redirections vers OnlyFans ou Telegram.
- Absence de données sur l'audience mineure — sur la question centrale de la commission, il déclare ne rien pouvoir mesurer : « TikTok nous a informés que la collecte de données sur les mineurs est interdite par la législation européenne. Par conséquent, il nous est impossible d'obtenir des statistiques fiables sur la proportion de mineurs dans notre audience. » (cr21a), puis, sous la relance du président comparant avec Instagram : « Dans les tableaux de bord auxquels j'ai accès pour mes influenceurs, je n'ai jamais vu de graphique mentionnant spécifiquement les mineurs. Je ne dispose même pas d'informations sur la répartition homme-femme de l'audience des lives. » (cr21a) Il déclare néanmoins à ses clients annonceurs que son audience est adulte et dotée d'un pouvoir d'achat, sur la base des interactions qu'il constate.
- Garde-fous existants — « toute transaction financière, même minime, nécessite désormais une vérification d'identité avec présentation d'une pièce d'identité. » (cr21a) et « TikTok offre aux créateurs la possibilité d'activer un filtre « interdit aux moins de dix-huit ans » pour leurs lives. » (cr21a)
- Relations parasociales — interrogé par le président Delaporte sur la dépendance affective et la gamification, il répond que « tout excès » est néfaste et situe la dérive hors de son agence : « Notre première expérience problématique remonte à environ deux ans, impliquant une influenceuse extérieure à notre agence qui aurait feint des relations amoureuses avec certains fans pour des gains financiers. » (cr21a) La règle qu'il dit en avoir tirée est de cantonner strictement les interactions aux lives TikTok. Il évoque aussi la détresse reçue en direct : « Nous sommes conscients de la détresse sociale omniprésente sur les réseaux sociaux, puisque nos influenceurs reçoivent fréquemment des messages de personnes en difficulté sollicitant de l'aide. » (cr21a)
- Ce qu'il préconise — plutôt que l'interdiction, enrichir l'offre : « je suis favorable à une forme de discrimination positive en proposant des contenus adaptés, car il manque des contenus éducatifs spécialisés pour les jeunes sur les plateformes, similaires à ce que proposaient des émissions comme « C'est pas sorcier » à la télévision. » (cr21a), assorti de prévention parentale et de « faire des écoles des sanctuaires d'interactions sociales réelles, en proposant par exemple que les élèves déposent leurs téléphones dans des casiers à l'entrée de l'établissement. » (cr21a)
Points saillants de l'échange. Le format live est présenté comme nettement plus captif que la vidéo courte : « Alors que les vidéos classiques sont visionnées en moyenne cinq secondes, nos lives captent l'attention des spectateurs pendant deux à trois minutes en moyenne. » (cr21a) — argument qu'il mobilise devant les marques. Les effectifs qu'il cite varient au fil de l'audition (« plus de 2 800 influenceurs, dont environ 1 200 actifs », puis « 1 200 influenceurs, dont environ 1 000 sont actifs », « 600 à 800 influenceurs actifs chaque jour ») sans que la commission ne fasse trancher l'écart. Il précise que l'agence n'emploie que des prestataires à temps partiel (quatre à cinq heures par semaine) et que Live'up Agency « se concentre en effet exclusivement sur le live » (cr21a), son activité de placement de produits ciblant les marques et n'ayant, à la date de l'audition, donné lieu à aucune campagne aboutie.
Sources
- https://liveupagency.fr/ (site officiel de l'agence — présentation de l'équipe fondatrice et de l'offre)
- https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/rechercher?terme=Miloude+Baraka (annuaire des entreprises, DINUM)
- https://recherche-entreprises.api.gouv.fr/search?q=Miloude+Baraka (API officielle Recherche d'entreprises)
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N021.html (compte rendu n° 21 de la commission d'enquête, 3 juin 2025 — audition 1/5)