La part du citoyenTikTok et les mineurs
MP

Murielle Popa-Fabre

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Murielle Popa-Fabre est une chercheuse et experte francaise en gouvernance de l'intelligence

artificielle, specialisee dans l'apprentissage automatique et le traitement automatique des langues.

Formee en neurosciences cognitives (doctorat), elle a mene des travaux de neuro-imagerie du langage

dans plusieurs institutions academiques : le College de France, l'Inria et l'universite Cornell

(Etats-Unis). Les archives de l'equipe-projet ALMAnaCH de l'Inria la listent parmi ses anciens

membres, comme ingenieure de novembre 2018 a aout 2020.

Elle exerce aujourd'hui comme Senior Tech and Policy Advisor a l'AI & Society Institute de l'Ecole

normale superieure (ENS-PSL, Paris), a l'interface entre technologie, analyse des politiques publiques

et gouvernance de l'IA.

Aupres du Conseil de l'Europe, elle intervient comme experte ML et TAL sur les questions de droits

humains, de vie privee, de justice et de liberte d'expression : elle contribue aux formations de

gouvernance de l'IA (HUDERIA Academy) et a ete co-rapporteure des lignes directrices sur l'IA

generative et la liberte d'expression, ainsi que sur vie privee et grands modeles de langage. Elle

travaille egalement avec les Nations unies sur le developpement, l'evaluation et le deploiement de

solutions d'IA dignes de confiance — l'Inria la referencait en 2025 comme consultante senior en

gouvernance de la tech et de la Gen AI aupres des Nations unies.

En parallele, elle conseille des dirigeants d'organisations publiques et privees (medias, agences de

presse, secteurs juridique et bancaire) sur leurs strategies d'IA responsable, et publie sur l'impact

du numerique sur la justice (contributions a l'Institut Robert Badinter : IA generative et decision

judiciaire, identite numerique, NFT et reglement des litiges).

Elle a ete auditionnee par la commission d'enquete le 23 avril 2025, lors d'une table ronde

commune avec Sophie Jehel (professeure en sciences de l'information et de la communication,

Paris 8), Elisa Jadot (journaliste et realisatrice) et Stephane Blocquaux (maitre de conferences en

sciences de l'information et de la communication).

*Note d'identification : les sources publiques concordent (meme parcours College de France / Inria /

Cornell, meme rattachement Conseil de l'Europe et ENS-PSL) et correspondent a la fonction declaree

devant la commission. Aucun homonyme concurrent n'a ete identifie sur ce profil.*

Dans la commission

Fiche courte : le dossier corpus ne recense qu'une seule audition (cr05b, table ronde du

23 avril 2025) et 8 interventions. Sa contribution y apparait comme une **mise en perspective

technique et comparee internationale**, plutot qu'une position tranchee sur un dispositif francais

precis.

Rendre les algorithmes intelligibles aux decideurs. Elle cadre son propos comme un exercice de

demystification : « *La première partie vise à en finir avec l’idée selon laquelle les algorithmes

seraient des immenses boîtes noires et à optimiser la compréhension des décideurs sur le sujet.* »

(cr05b)

Le degre d'automatisation de la moderation chez TikTok. Elle situe la plateforme a un niveau

d'automatisation superieur a ses concurrentes : « *en 2023, elle était déjà pratiquement entièrement

automatisée chez TikTok – c’est la plateforme qui automatise le plus.* » (cr05b)

Le decalage entre rythme technique et rythme scientifique. C'est l'un de ses points saillants sur

la question de la preuve : « *le temps de la technique est beaucoup plus rapide que celui de la

science, en particulier sur les questions de santé mentale.* » (cr05b). Sur les effets cognitifs, elle

mobilise la litterature avec une reserve sur les facteurs de confusion : « *on sait que lorsqu’il

excède trente minutes, le temps d’écran d’un enfant entre 3 et 5 ans est corrélé à des déficits

cognitifs. Mais certains facteurs, comme le niveau de social de la famille, peuvent amoindrir ces

déficits.* » (cr05b)

Le detour par les regulations etrangeres. Une part importante de son intervention consiste a

decrire ce que d'autres Etats ont adopte. Sur la Chine : « *Je me suis plongée dans le texte de loi

adopté par la Chine et j’ai noté que le terme d’addiction était mentionné six fois, dès le premier

article. » (cr05b) ; elle en detaille des mesures concretes, dont l'« interdiction d’accéder aux

réseaux sociaux et aux plateformes de jeux en ligne entre 22 heures et 6 heures du matin, pour

résoudre le problème de la dette chronique de sommeil » (cr05b), et le volet economique : « en 2022,

33 % du chiffre d’affaires étaient liés à des utilisateurs de moins de 25 ans. Les décisions

automatisées de marketing commercial à destination des mineurs ont donc été interdites.* » (cr05b).

Elle cite egalement le precedent australien : « *Ensuite, en décembre dernier, l’Australie a décidé

d’opérer un choix radical en fixant un âge minimum – 16 ans – d’accès aux réseaux sociaux.* » (cr05b)

Une piste operationnelle : donner aux parents le fil de leurs enfants. Elle formule une proposition

de transparence orientee vers les familles : « *Une possibilité serait de mettre les parents dans la

boucle informationnelle en leur fournissant une copie du feed de leurs enfants, pour leur permettre de

prendre conscience de ce qui est visionné et de l’impact des contenus.* » (cr05b)

Les themes attaches a ses interventions dans le dossier : transparence des algorithmes, algorithme de

recommandation, moderation des contenus dangereux, correlation/causalite, sante mentale des

adolescents, effets cognitifs et attention, gouvernance chinoise, design addictif, majorite numerique,

verification de l'age, monetisation des mineurs, TikTok Shop et lives, education/ecole/parents.

Sources