La part du citoyenTikTok et les mineurs
Olivier Ertzscheid

Olivier Ertzscheid

Rôle dans la commission : Personne auditionnée

Biographie

Olivier Ertzscheid, né en 1972, est un chercheur français en sciences de l'information et de la communication.

Il soutient en 2002, à l'université Toulouse II-Le Mirail, une thèse de doctorat intitulée Le lieu, le lien, le livre : les enjeux cognitifs et stylistiques de l'organisation hypertextuelle, dirigée par François-Charles Gaudard et Jo Link-Pezet. Ce travail porte sur les transformations du rapport à l'écrit, à la lecture et à l'organisation des connaissances induites par l'hypertexte.

Depuis 2005, il est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université de Nantes (Nantes Université), rattaché au département Information-Communication de l'IUT de La Roche-sur-Yon. Ses travaux portent sur l'évolution des dispositifs et des usages numériques, les outils d'accès à l'information et à la connaissance, les moteurs de recherche, l'identité numérique et le pouvoir des plateformes.

Il tient depuis de nombreuses années le blog affordance.info (ISSN 2260-1856), où il commente en continu l'actualité du numérique, et intervient régulièrement dans la presse. Il est notamment l'auteur de :

Il est par ailleurs engagé en faveur des communs numériques, de l'accès ouvert et du domaine public ; en 2012, il participe à une mobilisation de chercheurs contre l'accès payant à des articles de recherche par ailleurs librement accessibles.

Identité vérifiée, sans ambiguïté d'homonymie : l'intéressé a lui-même rendu compte de son audition du 29 avril 2025 devant la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, dans un billet publié sur affordance.info.

Dans la commission

Fiche courte : le dossier corpus est peu fourni — 4 interventions relevées, sur une seule audition (cr06b, table ronde de chercheurs du 29 avril 2025, partagée avec Sihem Amer-Yahia et Lucile Coquelin). Olivier Ertzscheid est donc, dans ce corpus, un intervenant secondaire en volume.

Sa thèse tient en une proposition : la cause première des effets observés n'est pas la technologie en elle-même, mais le modèle économique publicitaire des plateformes.

1. Le modèle économique comme explication centrale. Il résume ainsi son parcours de recherche : « Si je devais résumer en une phrase ces vingt-cinq années de recherche, je dirais que tout est de la faute du modèle économique de ces plateformes. » (cr06b). Il en tire une formule sur la finalité du dispositif : « nous avons construit une dystopie rien que pour obliger les gens à cliquer sur des publicités » (cr06b).

2. Le parallèle avec le tabac et le pétrole, et la thèse du déni. Il inscrit les plateformes sociales dans une série historique : « Enfin, je reste convaincu que trois grands mensonges ont marqué l'ère postindustrielle, perpétrés par l'industrie du tabac, par celle du pétrole, et par les plateformes sociales, en réalité parfaitement au courant de leurs impacts sur la santé publique, mais qui n'en persistent pas moins dans un déni permanent, jusqu'à ce que des lanceurs d'alerte parviennent à documenter ce qu'il s'y passe. » (cr06b). Cette mise en cause est sa position de chercheur, exposée ici comme telle et non comme un fait établi par la commission.

3. Des effets algorithmiques déjà documentés en interne. Il s'appuie sur les révélations de lanceurs d'alerte pour soutenir que ces effets étaient connus des plateformes elles-mêmes : « J'enrage souvent à la pensée que les plateformes ont documenté ces effets pervers de leurs algorithmes, comme l'ont révélé l'affaire des Facebook files et l'alerte lancée par Mme Frances Haugen. » (cr06b).

Ligne d'ensemble. Les quatre interventions relevées convergent vers un même déplacement de la responsabilité : de l'usage individuel ou du contenu vers l'architecture économique — la publicité et la captation de l'attention — et vers la connaissance qu'en auraient les plateformes. Le dossier corpus ne comporte, de sa part, aucune proposition de mesure réglementaire chiffrée ni aucune question posée.

Sources