Pauline Ferrari
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Pauline Ferrari est journaliste indépendante française, spécialisée dans les nouvelles technologies, les questions de genre et la culture web. L'identification est établie sans ambiguïté : la personne auditionnée est bien l'autrice de Formés à la haine des femmes, ouvrage sous le titre duquel la commission l'a convoquée, et le compte rendu officiel de l'Assemblée nationale la présente comme « journaliste indépendante ».
Publications de presse : ses signatures sont référencées dans plusieurs médias généralistes et spécialisés — Usbek & Rica (Être un homme, un vrai : lexique de la néo-masculinité en ligne, 20 décembre 2019), Les Échos Start (Organic Maps, l'appli de navigation (gratuite) qui respecte votre vie privée, 26 août 2021), Le Monde Campus (Blockchain, crypto, NFT : le Web3 débarque dans les écoles de commerce, 8 décembre 2022). Elle est également sollicitée comme intervenante par les médias audiovisuels sur les phénomènes de genre en ligne (entretien à France Info sur le mouvement « tradwife », 2 février 2024).
Ouvrage : Formés à la haine des femmes. Comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux, JC Lattès, 2023 (réédition en poche, ISBN 978-2-266-34672-6). Il s'agit d'un livre-enquête sur la structuration et la diffusion des mouvements masculinistes sur les plateformes sociales. L'ouvrage est cité comme référence dans plusieurs articles encyclopédiques francophones consacrés au masculinisme et à TikTok. Elle intervient par ailleurs en milieu scolaire (elle mentionne ses « interventions en classe » devant la commission).
Réserve de sourçage : Pauline Ferrari ne fait pas l'objet d'une notice Wikipédia dédiée et aucune biographie institutionnelle détaillée (formation, dates précises de parcours) n'a pu être vérifiée sur une source indépendante. Les éléments ci-dessus sont reconstitués à partir de ses signatures de presse, de la fiche de son ouvrage et du compte rendu officiel de l'Assemblée nationale. La mention « journaliste indépendante depuis 2018 » provient de sa propre déclaration en audition, pas d'une source tierce.
Dans la commission
Auditionnée le 16 mai 2025 (cr12a), sous serment, dans une table ronde réunissant Shanley Clemot McLaren, Tristan Duverné, Pauline Ferrari et Pierre Gault — en qualité d'« auteure de Formés à la haine des femmes, comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux ». Contribution ciblée sur un objet précis : la diffusion des contenus masculinistes auprès des jeunes utilisateurs et le comportement de la plateforme face aux signalements.
Sa thèse. L'algorithme de recommandation opère, selon elle, un glissement progressif vers des contenus plus radicaux, y compris à partir de centres d'intérêt anodins : « Comme l'a démontré le Wall Street Journal en 2021, l'algorithme de TikTok tend en effet à exposer progressivement les utilisateurs, à des contenus de plus en plus extrêmes et radicaux, quel que soit leur centre d'intérêt initial. » (cr12a). Elle chiffre l'exposition en s'appuyant sur des travaux universitaires : « une étude de l'Université de Belfast a révélé qu'en moyenne, les jeunes hommes sont exposés à de tels contenus en moins de 20 minutes de navigation, notamment à travers des thématiques telles que le sport, le développement personnel, la santé mentale ou la séduction. » (cr12a)
Positions clés défendues :
- Arbitrage de la plateforme entre modération et revenus — c'est son affirmation la plus tranchée, et elle l'énonce comme son analyse : « malgré la capacité de TikTok à supprimer les contenus problématiques, la plateforme privilégie souvent la popularité et les revenus générés. » (cr12a)
- Écart entre le discours de TikTok et son expérience de signalante — elle rapporte la réponse que la plateforme lui a faite dans le cadre de son enquête, « Ils affirment notamment que plus de 99 % des contenus enfreignant leurs règles sont supprimés avant même d'être visibles par les utilisateurs, avec une vigilance accrue concernant les mineurs. » (cr12a), et lui oppose un constat de terrain : « À la suite de cet échange, ces vidéos ont été rapidement supprimées, alors que mes nombreux signalements antérieurs étaient restés sans effet. » (cr12a)
- Contenus signalés et non retirés — elle cite un cas précis à l'appui : « figure notamment une vidéo d’Alex Hitchens dans laquelle il affirme que « toutes les femmes sont des putes jusqu’à preuve du contraire ». Ce contenu n’a pourtant pas été jugé contraire aux règles d’utilisation de la plateforme. » (cr12a). C'est son signalement et son appréciation du traitement qui lui a été réservé.
- Vérification de l'âge — « L'audience de TikTok est difficile à cerner avec précision, notamment en raison de l'accès fréquent de mineurs de moins de treize ans à la plateforme, malgré les restrictions officielles. La vérification de l'âge étant aisément contournable, il est complexe d'établir une démographie exacte des utilisateurs. » (cr12a)
- Effets observables en milieu scolaire — elle documente la circulation du lexique des influenceurs jusque dans les classes : « Lors de mes interventions en classe, il est fréquent que certains élèves s’appellent par le terme « pupuce », une expression popularisée par AD Laurent. » (cr12a)
- Régulation : l'Arcom et la limite des sanctions financières — elle voit dans le régulateur un levier réel, notamment sur la transparence : « L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a notamment initié des démarches pour obtenir davantage de transparence, ne serait-ce que concernant le nombre de modérateurs francophones capables de traiter les contenus en français. » (cr12a), mais doute de l'efficacité du seul levier pécuniaire : « malgré la menace de sanctions financières, les multinationales préfèrent souvent s'acquitter de l'amende plutôt que de se conformer à ces obligations. » (cr12a)
- Modèle économique des figures masculinistes — elle rattache le phénomène français à une filiation anglophone, en des termes qui relèvent de son analyse et non d'un constat de la commission : « Ce phénomène s'inscrit, par ailleurs, dans la filiation directe de figures comme Andrew Tate, célèbre influenceur masculiniste anglophone, qui a bâti l'essentiel de son empire financier sur des pratiques de proxénétisme en ligne, à travers une industrie de camgirls. » (cr12a)
Fiche resserrée : le dossier corpus ne recense qu'une seule audition (cr12a) et un volume d'interventions limité ; les positions ci-dessus en couvrent l'essentiel.
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N012.html
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Masculinisme
- https://fr.wikipedia.org/wiki/MGTOW
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Tradwife
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Organic_Maps
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_School
- https://usbeketrica.com/article/etre-un-homme-un-vrai-lexique-neo-masculinite-en-ligne
- https://start.lesechos.fr/au-quotidien/voyage-expatriation/organic-maps-lappli-de-navigation-gratuite-qui-respecte-votre-vie-privee-1340970
- https://www.lemonde.fr/campus/article/2022/12/08/blockchain-crypto-nft-le-web3-debarque-dans-les-ecoles-de-commerce_6153467_4401467.html
- https://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/mouvement-tradwife-ce-qui-est-derangeant-c-est-le-message-politique-qu-il-y-a-derriere-souligne-pauline-ferrari_6341356.html
- https://openlibrary.org/search?q=Form%C3%A9s+%C3%A0+la+haine+des+femmes