La part du citoyenTikTok et les mineurs
PB

Pr Amine Benyamina

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Amine Benyamina, né le 14 octobre 1966 à Oran (Algérie), franco-algérien, est psychiatre et

addictologue. Il est professeur de psychiatrie et chef du service de psychiatrie et d'addictologie

de l'hôpital Paul-Brousse (AP-HP, Villejuif).

Parcours :

médecin à diplôme étranger ;

reconnaissance de leur statut — action médiatisée en 1999, lorsqu'il s'enchaîne aux grilles du

Conseil de l'Ordre des médecins ;

avant d'en diriger le service de psychiatrie et d'addictologie ;

Il intervient publiquement sur la prévention des risques liés à l'alcool chez les jeunes et sur

l'évolution du cadre applicable au cannabis thérapeutique. Il est co-auteur de *Comment l'alcool

détruit la jeunesse (Albin Michel, 2017) et co-directeur du Traité d'addictologie* (avec

Michel Reynaud et al.), ainsi que de nombreux travaux scientifiques sur les addictions. Il est

chevalier de la Légion d'honneur (2022).

Fonction au titre de laquelle il est auditionné : il a co-présidé, avec la Dr Servane Mouton

(neurologue et neurophysiologiste), la commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes

aux écrans, dont les travaux ont abouti à un rapport remis au président de la République en avril

2024 — fonction rappelée par le président Arthur Delaporte à l'ouverture de l'audition (source

open-data de l'Assemblée nationale, compte rendu n° 13).

*Identité vérifiée : la fonction déclarée dans le dossier corpus (« addictologue et psychiatre,

co-président de la commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans »)

correspond sans ambiguïté au profil public d'Amine Benyamina. Aucun risque d'homonymie identifié.

Réserve de méthode : la fiche Wikipédia consultée est peu datée sur les prises de fonction

(chef de service, professorat, présidence de la Fédération française d'addictologie) ; ces

fonctions sont donc mentionnées sans date de début, faute de source fiable la précisant.*

Dans la commission

Audition unique le 20 mai 2025 (cr13a, première des trois auditions de la réunion n° 13), menée à

distance et conjointement avec la Dr Servane Mouton, sa co-présidente à la commission d'experts sur

les écrans. 7 prises de parole. Il s'exprime à la fois comme clinicien (chef d'un service

d'addictologie) et comme co-auteur du rapport de 2024.

Sa thèse : ce que voit le clinicien précède ce que reconnaît l'académie. C'est la ligne de

partage qu'il pose d'emblée — « Sur le plan clinique, je constate dans mon service d'addictologie

la présence de nombreux jeunes dépendants aux réseaux sociaux, à TikTok en particulier, dont

l'algorithme est particulièrement addictogène. Nous les prenons en charge de manière similaire aux

addictions aux substances comme le cannabis ou l'alcool. » (cr13a), alors que « Sur le plan

académique, en revanche, l'addiction aux écrans ou aux réseaux sociaux n'est pas officiellement

reconnue dans les classifications internationales. Seul le jeu pathologique a été reconnu comme une

addiction comportementale, et ce après de longues discussions. » (cr13a). Il en tire une

conséquence pratique assumée : « je n'attends pas, en tant que praticien, que soient établis des

critères formels pour initier une prise en charge. » (cr13a). Il ajoute un élément d'observation

clinique sur les suites du traitement : « lorsque nous parvenons à traiter l'addiction aux écrans,

il n'y a pas nécessairement de report vers d'autres substances comme le tabac, le cannabis, ou

d'autres substances. » (cr13a)

Positions clés défendues :

plateforme : « ses contenus éphémères, fugaces, sont pareils à la cigarette ou au shoot : la

brièveté et la répétitivité des vidéos stimulent intensément et constamment le système de

récompense du cerveau. Ces deux éléments ne sont pas le fruit du hasard, mais bien le résultat

d'une conception délibérée. » (cr13a)

chantier à mener : « Je pense par exemple au nécessaire et minutieux travail à mener sur

l'imputabilité de cas de suicides aux réseaux sociaux. Parce que les plateformes n'hésiteront pas

à se défendre et à rejeter toute forme de responsabilité, il est essentiel d'affirmer clairement

la définition de l'addiction ainsi que le lien de causalité direct, notamment en vue des enjeux de

réparation. » (cr13a). Il rapporte, au titre des travaux de la commission d'experts, « des

témoignages de parents ayant perdu leurs enfants, et qui établissaient un lien direct entre cette

perte et ces machines de captation qui broient les plus jeunes. » (cr13a) — présentation de

témoignages recueillis, et non d'un lien de causalité qu'il présenterait comme établi, puisqu'il

demande précisément que ce travail d'imputabilité reste à faire.

ne semble être énoncée que pour ne pas être respectée. » (cr13a)

n'agiront de leur propre chef qu'à la condition d'y être contraintes. » (cr13a)

vers ces réseaux éthiques au détriment des réseaux non éthiques, les annonceurs suivront

naturellement cette tendance, et les profits également. » (cr13a)

seuil des 15 ans : « je pense qu'il convient de mentionner la question des espaces numériques de

travail (ENT), que l'éducation nationale a rendu plus ou moins obligatoires, et qui concerne les

moins de 15 ans. Ces environnements sont à vocation pédagogique, ils sont encadrés mais, qu'on le

veuille ou non, ce sont aussi des réseaux sociaux. » (cr13a)

sociaux aux moins de 15 ans en Australie, il rapporte le commentaire du premier ministre

australien, qui aurait mis en avant le caractère révolutionnaire de la décision « tout en ajoutant

immédiatement qu'il ne formait aucun espoir quant à sa mise en pratique. Son Gouvernement a

souhaité, avant tout, émettre un signal. » (cr13a)

Sa propre trajectoire sur le sujet. Il dit avoir révisé son appréciation initiale au fil des

travaux de la commission d'experts : « J'ai découvert un gouffre entre ma perception initiale et la

réalité de cette problématique. » (cr13a)

Sources