René Lioret
Rôle dans la commission : Député membre — groupe RN (Rassemblement national)
Biographie
René Lioret est né le 13 janvier 1952 à Chagny (Saône-et-Loire).
Sa carrière professionnelle se déroule dans l'industrie pharmaceutique : il entre en 1976 aux laboratoires Lederle, puis rejoint en 1984 les laboratoires Urgo, où il occupe la fonction de directeur des opérations de la distribution pharmaceutique. Il prend sa retraite en 2018. Sa fiche à l'Assemblée nationale mentionne la profession d'« ancien cadre ».
Installé en Côte-d'Or, à Vignoles, près de Beaune, il adhère au Front national (devenu Rassemblement national) en 1986. Il se présente sans succès à plusieurs scrutins locaux et nationaux dans les années 1990 puis 2010-2020 (notamment aux législatives de 2017, avec 17,14 %, et de 2022, où il est éliminé au second tour avec 45,76 %). En 2021, il est élu conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté.
Lors des élections législatives anticipées de juillet 2024, il est élu député de la 5e circonscription de la Côte-d'Or avec 50,04 % des voix, devançant le député sortant Didier Paris de 42 voix. Il est le premier député RN élu en Côte-d'Or. Son mandat débute le 8 juillet 2024. En mars 2026, il est élu conseiller municipal d'opposition de Beaune à l'issue du premier tour des élections municipales, mandat dont il démissionne deux jours plus tard ; n'ayant pas démissionné au préalable de son mandat de conseiller régional, comme l'exige le code électoral au titre du non-cumul, il en est déchu par la préfecture avec effet au 15 avril 2026.
À l'Assemblée nationale (17e législature), sa fiche officielle le rattache à la commission des Affaires sociales. Il est membre de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (présidée par Arthur Delaporte, rapporteure Laure Miller).
Dans la commission
Fiche courte : le dossier corpus est mince. René Lioret n'intervient que sur deux auditions (cr24e — Nasser Sari, dit « Nasdas », 2025-06-10 ; cr28b — table ronde avec Simon Corsin, fondateur de Mindie, 2025-06-17), pour 7 interventions au total, exclusivement sous forme de questions. Le dossier ne lui attribue aucune position formulée en propre.
Il se présente lui-même comme profane du sujet : « Pour tout dire, je suis un Candide des réseaux sociaux » (cr24e), « Mon intervention est celle d'un néophyte » (cr28b). Ses questions dessinent deux angles.
- Ce que l'influenceur apporte, et ce que les institutions n'apportent plus. Face à Nasser Sari, il cherche à comprendre le ressort de l'attraction exercée sur les jeunes qui se déplacent pour le voir : « Que représentez-vous pour ces gens, dont certains sont majeurs ? Qu'attendent-ils de vous ? Comment passe-t-on de Nasser Sari à Nasdas ? », puis : « que leur apportez-vous qu'ils ne trouvent pas dans leur milieu scolaire, dans un club de sport, dans leur famille, toutes ces structures censées les encadrer ? » (cr24e). La question, posée sur un ton de curiosité, met l'accent sur la personnalité de l'influenceur et sur la carence des cadres traditionnels d'encadrement, sans mise en cause frontale de la plateforme ni de l'audité.
- Brider techniquement l'amplification algorithmique des contenus sensibles. Dans la table ronde avec Simon Corsin, il propose et fait tester l'idée d'un « seuil de saturation » qui inverserait la logique de recommandation : « À partir d'un moment où l'on a vu deux ou trois vidéos, n'est-il pas possible d'inverser le système, en particulier pour des sujets que l'on sait sensibles et qui sont visionnés de préférence par les jeunes ? » (cr28b). Il illustre le mécanisme par une anecdote personnelle (des vidéos de nettoyage de sabots de chevaux enchaînées par l'algorithme) avant de le transposer aux contenus violents, pornographiques ou faisant l'apologie du suicide et de la scarification, et précise sa demande : « Je parle d'une régulation des algorithmes, qui estimeraient avoir envoyé suffisamment d'images et de vidéos sur un appareil et décideraient donc d'inverser la fréquence » (cr28b).
Sur ce même échange, il pose la responsabilité des plateformes et une limite à la logique de profit : « Les hébergeurs sont quand même, d'une certaine manière, responsables des conséquences de cet hébergement. Il leur reviendrait donc de calmer le jeu et de limiter les risques. Je comprends que derrière cette problématique de la capture de l'attention, l'objectif consiste à générer des profits. Mais on ne peut pas tout faire non plus au nom du profit. » (cr28b). Il justifie son objectif par la vulnérabilité des mineurs — « Plus un jeune qui a des idées suicidaires recevra des propositions pour passer à l'acte plus facilement, plus il sera fragilisé » (cr28b) — et accepte le renvoi de la définition des contenus concernés au Parlement : « il revient au législateur de définir ces contenus sensibles, de mettre des barrières » (cr28b).
Sur cet échantillon réduit, sa ligne combine donc deux registres : d'une part le constat d'un vide social et familial que l'influenceur viendrait combler, d'autre part une demande de régulation technique de l'amplification algorithmique, assortie d'une responsabilité des hébergeurs et d'un rôle assumé du législateur pour borner les contenus à risque.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Lioret
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA840967
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/tiktok/composition