Sarah Bouchahoua
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Sarah Bouchahoua est responsable des affaires publiques France de Snapchat (Snap Inc.). C'est sous cet
intitulé qu'elle est présentée par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale lors de son audition du
24 juin 2025, et c'est également celui retenu par la Commission supérieure du numérique et des postes
(CSNP), qui l'a auditionnée en juin 2023 dans le cadre de son groupe de travail *Sécuriser l'espace
numérique pour les jeunes. Son intitulé de poste chez Snap Inc. est Public Policy Manager – France*.
Parcours politique et parlementaire. Avant de rejoindre l'entreprise, elle évolue dans l'entourage de
la députée Laetitia Avia (LREM, 8ᵉ circonscription de Paris, élue en 2017) : elle participe à sa
campagne électorale, dirige la section parisienne du mouvement Les Jeunes avec Macron, puis est
collaboratrice parlementaire de Laetitia Avia à l'Assemblée nationale entre 2018 et 2020. À ce titre,
elle travaille sur la proposition de loi visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, dite
« loi Avia » (adoptée en 2020, largement censurée par le Conseil constitutionnel).
Entrée chez Snap. Elle rejoint l'équipe Public Policy de Snap Inc. en juin 2021 (annonce publiée
sur son profil LinkedIn le 7 juin 2021 ; le Guide du Pouvoir date également sa fonction de juin 2021).
Épisode public de juillet 2023. Le 10 juillet 2023, elle est entendue à l'Assemblée nationale aux côtés
de représentants de TikTok et de Facebook sur le rôle des réseaux sociaux pendant les émeutes urbaines de
juin-juillet 2023. Ses propos sur la modération de la Snap Map — elle y évoque un travail mené
conjointement avec le ministère de l'Intérieur et se dit fière d'avoir pu y participer et collaborer — déclenchent une
polémique largement reprise dans la presse (Libération, BFMTV, HuffPost, Les Numériques, Le Média). Snap a
ensuite démenti toute censure allant au-delà des contenus incitant à la violence ou au pillage. Cet épisode
est rapporté ici comme un fait de contexte médiatique ; les qualifications portées à cette occasion par les
uns et les autres ne sont pas reprises à notre compte.
Limites de la vérification. Aucune notice encyclopédique ni fiche institutionnelle publique la concernant
n'existe (aucun article Wikipédia à ce nom). Sa date de naissance et sa formation académique n'ont pas pu
être établies à partir de sources fiables et ne sont donc pas mentionnées. Sa fiche du Guide du Pouvoir
n'est accessible qu'aux abonnés.
Homonymie. L'identification retenue repose sur la conjonction du nom complet et de la fonction d'affaires
publiques chez Snap Inc. / Snapchat France, explicitement nommée dans les sources primaires (compte rendu de
l'Assemblée nationale, page d'audition de la CSNP) et dans la presse citée. Aucune autre personne publique
portant ce nom n'a été identifiée dans le champ du numérique, de la protection de l'enfance ou de la
régulation.
Dans la commission
Sarah Bouchahoua est auditionnée le 24 juin 2025 (réf. cr30b), seule, lors d'une audition tenue **à
huis clos** — Snapchat n'étant pas au cœur des travaux de la commission, elle n'avait pas participé à la
table ronde des plateformes de la semaine précédente. Le dossier corpus recense 28 interventions sur cette
unique audition.
Thèse d'ensemble : Snapchat est conçu autrement, donc moins nocif. Sa ligne directrice est de
différencier structurellement Snapchat des autres plateformes : sécurité et vie privée par défaut, absence
de métrique de comparaison sociale (pas de « likes »), ouverture sur le mode caméra plutôt que sur un fil
infini, cœur de l'application constitué par la messagerie privée entre amis réels. Elle ouvre son propos
par : « la protection de notre communauté en ligne, en particulier celle des plus jeunes, est notre
priorité absolue. » (cr30b) Elle s'appuie sur une étude externe de l'université d'Amsterdam (Patti
Valkenburg) : « Selon cette étude, Snapchat est la seule plateforme à avoir eu un impact positif sur le
bien-être des jeunes » (cr30b).
Un public plus âgé qu'il n'y paraît. Elle défend l'idée que Snapchat n'est pas une plateforme
d'enfants, en s'appuyant sur l'âge moyen déclaré de ses utilisateurs : « C'est le fameux effet Harry
Potter : Snapchat a été créé en 2011, et les adolescents d'alors sont devenus des adultes. » (cr30b)
Snapstreak (« les flammes ») : une concession partielle. Elle reconnaît la nature potentiellement
addictive de certaines fonctionnalités, tout en les présentant comme facultatives et sans notification :
« Nous proposons également d'autres fonctionnalités, qui peuvent être considérées comme addictives, comme
les Snapstreak – les fameuses flammes. » (cr30b)
Modération : des chiffres et des délais. Elle avance des effectifs — « Nous avons 1 108 modérateurs
dédiés aux pays membres de l'Union européenne, dont 163 francophones. La plupart sont basés à Londres. »
(cr30b) — et des délais de traitement : « le délai médian entre la détection et l'action finale est très
court : 2 minutes pour les contenus à caractère sexuel, 23 minutes pour ceux relevant de l'exploitation
sexuelle des mineurs, 7 minutes pour le harcèlement et l'intimidation, 8 minutes pour les menaces et les
violences, 10 minutes pour l'automutilation et le suicide » (cr30b). Sur les sanctions, elle défend une
réponse graduée assortie d'une certification/formation des créateurs (« Snap schools »), le bannissement dès
la première infraction n'étant pas la règle sauf gravité (cr30b).
Grooming et pseudonymat. Elle conteste la notion même d'anonymat en ligne — « D'abord, l'anonymat
n'existe pas sur internet. » (cr30b) — et décrit des garde-fous spécifiques aux mineurs : profils privés,
bandeaux d'alerte en cas d'ami peu connecté, de décalage géographique ou d'écart d'âge important,
partenariats de type StopNCII (cr30b).
Vérification de l'âge : le point le plus tranché. Elle soutient qu'aucun outil ne permet aujourd'hui, dans
le respect des droits fondamentaux, une vérification fiable à l'inscription. Sur la solution technique
souvent citée : « Yoti ne permet pas de faire la distinction entre un utilisateur âgé de 14 ans et 7 mois et
un autre de 15 ans et 2 mois. En outre, il y a quelques temps, la marge d'erreur était de 30 %. » (cr30b)
Sur la pièce d'identité, elle argumente à la première personne : « moi-même, je ne souhaite pas fournir ma
pièce d'identité à certains acteurs discutables de l'espace numérique. » (cr30b) Elle reconnaît par ailleurs
un déficit d'information des utilisateurs sur les réglages : « Je n'ai pas de chiffres précis. La
possibilité de personnaliser les paramètres est encore largement méconnue des collégiens et lycéens. »
(cr30b)
Responsabilité des systèmes d'exploitation. Sa solution privilégiée passe par les OS des téléphones,
porte d'entrée unique où le parent activerait un signal d'âge au paramétrage, sans que la plateforme
prétende s'exonérer : « les plateformes sont les principales responsables de la vérification de l'âge et
nous continuerons d'ailleurs d'investir sur ce sujet. Néanmoins, les OS devraient nous transférer des
signaux. » (cr30b)
Régulation : européenne et harmonisée plutôt que nationale. Elle plaide pour une application cohérente
du DSA et du DMA et met en garde contre les initiatives nationales fragmentées, en prenant appui sur un
exemple français récent : « L'exemple récent de l'interdiction des sites pornographiques en France illustre
bien les dangers d'une régulation précipitée ou non concertée : les téléchargements de VPN – réseaux privés
virtuels – ont explosé, exposant davantage les mineurs aux risques du numérique. » (cr30b)
*Toutes les positions ci-dessus sont celles exprimées par l'intéressée devant la commission ; elles sont
rapportées telles quelles et ne constituent pas des faits établis.*
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N030.html (compte rendu officiel
de la réunion n° 30 du 24 juin 2025 : « Mme Sarah Bouchahoua, responsable des affaires publiques France de
Snapchat »)
- https://csnp.fr/audition-de-mme-sarah-bouchahoua-responsable-des-affaires-publiques-de-snapchat-france/
(Commission supérieure du numérique et des postes, audition de juin 2023, GT *Sécuriser l'espace
numérique pour les jeunes*)
- https://www.bfmtv.com/tech/actualites/reseaux-sociaux/emeutes-snapchat-a-t-il-admis-avoir-censure-des-videos-a-la-demande-du-gouvernement_AV-202307130385.html
(BFMTV, 13 juillet 2023 : campagne de Laetitia Avia, direction de la section parisienne des Jeunes avec
Macron, collaboratrice parlementaire de 2018 à 2020, travaux sur la loi Avia)
- https://www.lesnumeriques.com/societe-numerique/snapchat-admet-avoir-bidonne-la-snap-map-pendant-les-emeutes-n211617.html
(Les Numériques, 12 juillet 2023 : audition du 10 juillet 2023 à l'Assemblée nationale, propos sur la Snap
Map, démenti ultérieur de Snap)
- https://www.lemediatv.fr/articles/2023/revoltes-urbaines-snapchat-et-la-macronie-censurent-en-famille
(Le Média, 30 juillet 2023 : la présente comme collaboratrice parlementaire de la députée LREM Laetitia
Avia, participation à la loi Avia en 2020)
- https://fr.linkedin.com/in/sarah-bouchahoua (profil professionnel indiquant la fonction de Public Policy
Manager – France chez Snap Inc.)
- https://www.linkedin.com/posts/sarah-bouchahoua_publicpolicy-activity-6807592126939967489-8T8Z
(publication du 7 juin 2021 annonçant son arrivée dans l'équipe Public Policy de Snap Inc.)
- https://www.leguidedupouvoir.fr/biographie/188212/sarah_bouchahoua/index.htm (fiche Guide du Pouvoir,
fonction datée de juin 2021 ; biographie détaillée réservée aux abonnés)
- https://www.parents.fr/archive-ops-partenaires/sarah-bouchahoua-snapchat-est-un-espace-ou-chacun-peut-etre-soi-meme-en-toute-securite-1102458
(Parents.fr, 2024 : entretien en tant que porte-parole de Snapchat)