Shanley Clemot McLaren
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Shanley Clemot McLaren est une militante feministe francaise, cofondatrice et co-presidente de
l'association #StopFisha, qui lutte contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelles.
L'origine de son engagement est documentee de facon concordante par plusieurs sources : en mars-avril 2020,
pendant le premier confinement lie au Covid-19, elle est alertee par sa jeune soeur, alors agee de 16 ans,
de la proliferation de comptes dits « fisha » (de l'argot « afficher ») diffusant sans consentement des
contenus intimes de jeunes filles, souvent mineures, sur Snapchat, Telegram et d'autres reseaux. Apres avoir
multiplie les signalements sans effet, elle lance l'alerte sur les reseaux sociaux via le mot-diese
« #StopFisha ». Le mouvement numerique ainsi cree se structure en association loi 1901 le 11 novembre 2020,
cofondee par douze femmes — parmi lesquelles l'avocate Rachel-Flore Pardo et Laura Pereira Diogo. Elle en
est co-presidente aux cotes de Laura Pereira Diogo.
Sur sa formation, les elements verifies sont limites : en novembre 2021, alors agee de 22 ans (ce qui situe
sa naissance vers 1999), elle est presentee comme etudiante en science politique, en troisieme annee de
licence a l'universite Paris-VIII, et se trouve alors en echange Erasmus a Berlin. Aucune source fiable
consultee ne documente son parcours professionnel posterieur ; cette fiche ne l'affirme donc pas.
Elle a coordonne, avec Rachel-Flore Pardo et Laura Pereira Diogo, l'ouvrage collectif de l'association
Combattre le cybersexisme (Leduc, 2021, 206 p., ISBN 979-10-285-2247-6). L'association #StopFisha a recu
le prix « Accelerateur d'egalite » d'ONU Femmes France en 2021 et le prix Simone de Beauvoir pour la liberte
des femmes en 2025 ; elle dispose du statut de « signaleur de confiance » (trusted flagger) aupres de
plateformes, statut que l'interessee invoque explicitement devant la commission.
*Note d'identification : le nom est rare et toutes les sources consultees convergent sur un profil unique
(militante feministe, #StopFisha, cyberviolences) coherent avec la fonction declaree dans le compte rendu
(« cofondatrice et co-presidente de l'association Stop Fisha »). Aucun homonyme plausible n'a ete rencontre.
Il n'existe pas d'article Wikipedia dedie a sa personne : la bio ci-dessus est reconstituee a partir de
sources secondaires (Wikipedia #StopFisha, site de l'association, presse, catalogue BnF).*
Dans la commission
Auditionnee une seule fois, le 16 mai 2025 (cr12a), dans une table ronde presidee par Arthur Delaporte
consacree au masculinisme et aux cyberviolences en ligne, aux cotes de Tristan Duverne, Pauline Ferrari et
Pierre Gault. Le dossier corpus recense 7 interventions.
**Sa these : TikTok est un maillon d'un continuum de violences sexistes, et sa moderation est structurellement
a deux vitesses.** Elle installe d'abord le cadre statistique : « Je rappelle en effet que 60 % des femmes
déclarent avoir été victimes de violences en ligne et qu’elles sont 27 fois plus susceptibles d’être harcelées
en ligne que les hommes » (cr12a), et cite le Haut Conseil a l'egalite : « Selon le Haut Conseil à l’égalité
entre les femmes et les hommes (HCEFH), 44 % des contenus représentant des femmes en ligne sont dégradants »
(cr12a).
Le volume de signalements et le profil des victimes. Elle apporte les chiffres de son association :
« Pour l’année 2024, notre association a déjà reçu plus de 400 signalements sur TikTok. L’âge moyen des
victimes, qui sont majoritairement des femmes et des filles, est de quinze à seize ans » (cr12a). Elle relie
le numerique au reel : « Dans 90 % des cas que nous accompagnons, en effet, les cyberviolences sur TikTok ou
d’autres plateformes s’accompagnent de violences physiques dans la vie réelle » (cr12a).
L'inegalite de traitement des signalements — son point le plus insistant. Elle distingue le sort reserve
aux associations partenaires et celui reserve aux particuliers : « bien que TikTok soit la plateforme la plus
réactive avec notre association grâce à notre statut de partenaire de confiance, nous constatons un contraste
flagrant avec l’efficacité des signalements effectués par des utilisateurs normaux » (cr12a). Et d'en tirer
la conclusion : « Ce contraste est révélateur du fait que les contenus signalés par des utilisateurs
individuels ne suscitent souvent aucune réaction, tandis que ceux signalés par une association reçoivent une
réponse. Il est important de souligner cette inégalité dans le traitement des signalements » (cr12a). Elle
avance un ordre de grandeur sur les moyens de moderation : « Pour la langue française, ce chiffre s’élève à
226 modérateurs actifs au sein de l’Union européenne » (cr12a). Cote public, elle pointe le meme deficit de
moyens : « La plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements
(Pharos) ne compte ainsi qu'une quarantaine d'agents pour l'ensemble du territoire » (cr12a).
Les lives, angle mort de la moderation. « Enfin, les lives constituent une technique privilégiée par ces
influenceurs, car ils sont mal régulés par TikTok. Le processus de signalement d’un live est particulièrement
problématique, ne permettant pas un traitement efficace des contenus problématiques diffusés sur plusieurs
heures » (cr12a).
L'algorithme comme rampe de radicalisation. Elle decrit un mecanisme de gradation : « L’exposition à des
contenus apparemment anodins, ou à des propos légèrement misogynes, suffit à déclencher un mécanisme
algorithmique proposant des contenus qui deviennent de plus en plus radicaux et extrémistes » (cr12a). Elle
relie ce mecanisme a un enjeu de securite — position qu'elle porte et qui reste la sienne : « En Europe,
quinze des vingt-sept dernières tentatives d’attentat recensées depuis octobre 2023 impliquent des jeunes
radicalisés en ligne, souvent par l’intermédiaire de plateformes telles que TikTok ou Telegram » (cr12a).
Elle illustre la porosite entre plateformes par un exemple personnel : « J’en ai fait l’expérience personnelle
avec mon frère de onze ans qui, bien que n’ayant pas de compte sur TikTok, a été exposé sur YouTube à des
contenus d’Alex Hitchens, initialement publiés sur TikTok puis repris en format YouTube shorts » (cr12a).
L'economie de l'attention comme cause, et le scepticisme sur la reforme du design. Elle formule un lien
entre misogynie et rentabilite : « Ce phénomène illustre la façon dont la misogynie génère de l’attention, du
profit et de la viralité, tant pour les utilisateurs qui augmentent leur base de fans que pour les plateformes
qui en tirent des bénéfices économiques » (cr12a). D'ou une reserve explicite sur l'idee de corriger
l'architecture de la plateforme : « je considère qu’il est extrêmement complexe de modifier l’architecture de
TikTok, car elle constitue l’essence même de la plateforme et de son modèle économique. TikTok reste une
entreprise multinationale dont nous sommes, en quelque sorte, le produit, puisque nous ne payons pas pour
l’utiliser » (cr12a). Elle signale enfin un point de vigilance a venir : « Concernant la monétisation, le
lancement prochain du TikTok shop soulève des questions. Cette nouvelle fonctionnalité permettra aux marques
et aux créateurs de contenu de faire davantage de publicité » (cr12a).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/StopFisha
- https://stopfisha.org/stopfisha-notre-histoire/
- https://www.stopfisha.org/
- https://www.euronews.com/culture/2021/10/11/meet-the-women-hunting-cyber-criminals-and-fighting-for-justice
- https://mrmondialisation.org/stopfisha-les-femmes-en-action-contre-le-cybersexisme/
- https://catalogue.bnf.fr/ (notice « Combattre le cybersexisme », Leduc, 2021, ISBN 9791028522476)
- https://www.prixsimonedebeauvoir.com/IMG/pdf/2025_prix_beauvoir_communique__de_presse.pdf
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N012.html (compte rendu n° 12, 16 mai 2025)