La part du citoyenTikTok et les mineurs
SC

Simon Corsin

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Simon Corsin est un ingénieur logiciel français, cofondateur et directeur technique (CTO) de l'application

Mindie. Il est aujourd'hui salarié de Snap Inc. (Snapchat).

Mindie (2013-2015). Mindie est une application iOS française de vidéos courtes en musique, lancée sur

l'App Store le 17 octobre 2013. Elle naît du pivot d'une première application de storytelling, Ever, portée

par la même équipe parisienne passée par l'accélérateur TheFamily ; TechCrunch décrivait dès octobre 2013

une expérience de vidéos plein écran s'enchaînant au glissement du doigt. FrenchWeb, dans un portrait publié

au lancement, cite comme fondateurs Stanislas Coppin, Grégoire Henrion et Clément Raffenoux, et mentionne

« Simon, notre CTO » comme membre de l'équipe technique (équipe de quatre personnes selon TechCrunch).

En janvier 2014, la société lève 1,2 million de dollars auprès notamment de SV Angel, Lowercase Capital,

Betaworks, Slow Ventures/Dave Morin, CrunchFund, Troy Carter et Pete Cashmore, puis s'installe aux

États-Unis. L'application est arrêtée par ses créateurs en décembre 2015 ; sa marque, son code et sa

communauté sont rachetés en avril 2016 par Shots.

Après Mindie. Un brevet américain US11531460B2, *Automatic positioning of content items in a scrolling

display for optimal viewing of the items* (date de priorité : 25 octobre 2016), désigne Simon Corsin comme

inventeur et Twitter, Inc. comme titulaire — ce qui situe une activité chez Twitter/Vine dans cette période.

TechCrunch écrivait en avril 2016 que l'un des fondateurs de Mindie travaillait désormais chez Vine, sans

nommer la personne concernée : le rapprochement est cohérent mais n'est pas explicitement établi par les

sources consultées.

Aujourd'hui. Son profil public GitHub (« Simon Corsin », compte rFlex) indique comme employeur

@snapchat et une localisation à Austin (Texas). Il y a publié, à l'époque de Mindie (2013-2014), plusieurs

bibliothèques open source iOS de captation et de traitement vidéo (SCRecorder, SCWaveformView,

SCFilterGenerator), aujourd'hui largement reprises dans l'écosystème iOS. Devant la commission, il déclare

travailler pour Snapchat « depuis un peu plus de huit ans » et travailler sur les applications mobiles en

réseau « depuis douze ans » (cr28b).

Sa formation n'est pas documentée par les sources publiques consultées. L'identification repose sur la

concordance de trois éléments (Mindie / fonction de CTO / emploi chez Snapchat) ; les homonymies rencontrées

en recherche (entreprises françaises Corsin) ont été écartées.

Dans la commission

Auditionné seul le 17 juin 2025 (réunion n° 28, 2ᵉ audition, présidence d'Arthur Delaporte), en tant que

« fondateur d'une application qui présentait à l'époque des similitudes profondes avec celle de Musical.ly,

qui est devenu ensuite TikTok », et au titre de son expertise sur les algorithmes. 27 interventions,

toutes dans cette seule audition (cr28b).

Une position de technicien : c'est possible techniquement, la question est ailleurs. Le fil de ses

réponses consiste à confirmer la faisabilité technique de ce que la rapporteure lui soumet, tout en

renvoyant la définition des seuils et des contenus au législateur ou aux entreprises.

invention de Mindie reprise ensuite par toute l'industrie : « Ce modèle a été inventé par Mindie, mais nous

n'imaginions pas qu'il deviendrait un standard. » (cr28b)

contenus lors de l'utilisation de l'application en elle-même. […] L'une des caractéristiques de TikTok

repose précisément sur sa capacité rapide d'apprentissage. » (cr28b) Il précise ne pas pouvoir donner de

détails techniques sur le fonctionnement interne de cet algorithme.

d'optimiser le temps passé sur l'application, en s'appuyant sur « l'engagement » des utilisateurs. » (cr28b)

Il décrit le pilotage par métriques (temps passé, nombre de vidéos vues) et la pratique généralisée du test

A/B : « Toutes les entreprises utilisent un système de test A/B (ou A/B testing ), qui consiste à tester des

petites modifications de l'application sur une partie de la population. » (cr28b)

« addictif » et algorithme « performant » : « si je réalise un très bon travail, que je vous donne les

vidéos que vous voulez voir absolument et que vous n'arrivez pas à décrocher parce que vous êtes trop

engagé dans cette application, cela signifie que l'algorithme de recommandation fonctionne extrêmement

bien. » (cr28b) Il situe Mindie en deçà de ce seuil : « Nous n'y sommes pas parvenus avec Mindie ; si tel

avait été le cas, nous serions devenus ce que TikTok est devenu aujourd'hui. » (cr28b) Il nuance la

comparaison courante : « Je ne pense pas que le niveau d'addiction soit semblable à celui de la drogue,

c'est-à-dire une addiction de type physique. La question est peut-être plus problématique pour les plus

jeunes, qui ont moins de contrôles d'eux-mêmes. » (cr28b)

« négatifs », il retourne la question : « Comment définir un contenu « négatif » ? Comment le définissez ‑

vous ? » (cr28b) Même logique sur la modération des contenus « radicaux », où il oppose la détection

d'images (pornographie) à celle des messages portés par une vidéo.

et son coût. Plus vous investissez d'argent dans la modération, plus sa qualité va s'améliorer. » (cr28b)

Il décrit le curseur faux positifs / faux négatifs comme une décision d'entreprise, dépendant aussi de sa

tolérance au backlash public, et cite l'option la moins coûteuse : « Il est également possible de

déterminer une règle de suppression du contenu quand le nombre de reports atteint un certain seuil. Cette

solution présente l'avantage d'être simple, à moindre coût. » (cr28b)

aujourd'hui, la modération pourra être effectuée par l'IA, de manière plus automatisée. J'estime que nous

pourrions très bientôt obtenir une modération bien plus efficace qu'aujourd'hui, à un coût raisonnable. »

(cr28b)

elles veulent rendre la plateforme « safe ». D'autres plateformes comme X (ex Twitter) mettent plus l'accent

sur la liberté absolue d'expression. Je n'ai pas de solution définitive à fournir, il s'agit d'un problème

délicat. » (cr28b)

« Je pense que cet aspect devrait être centralisé, par exemple au niveau des opérateurs systèmes sur

mobile, qui ne sont pas très nombreux puisqu'il s'agit surtout d'iPhone et d'Android. » (cr28b) Interrogé

sur la capacité technique des plateformes à le faire elles-mêmes, il répond : « C'est exact. Rien ne

l'empêche, d'un point de vue technique. » (cr28b) Mais il juge la vérification application par application

contournable (un enfant peut faire valider l'âge par un adulte) et conclut : « Pour être véritablement

sérieux, il faudrait établir un verrou en amont, plutôt que sur chaque application. » (cr28b)

ait vraiment pour objet de protéger les enfants. On peut plutôt les concevoir comme des atouts marketing à

destination de l'adulte responsable de l'enfant, pour qu'il puisse décider des applications qui pourront

être utilisées. » (cr28b)

cet âge, ce qui ne relève pas de ma compétence. » (cr28b) Interrogé par la rapporteure sur ses propres

enfants et TikTok, il répond : « Pas jusqu'à un certain âge. » (cr28b)

saturation » algorithmique, il valide la faisabilité et note une convergence d'intérêt avec la plateforme :

« Si l'utilisateur est trop « matraqué » de vidéos similaires, à un moment donné, il en aura assez et

partira. » (cr28b) Puis : « Dans ce cas, il faudrait définir clairement les contenus dont le visionnage

prolongé peut affecter la santé mentale. Mais sur le strict plan technique, il est complètement possible de

limiter l'exposition. » (cr28b) Sa préconisation : « Pour moi, la limitation devrait s'appliquer à des

sujets prédéfinis. » (cr28b) — il cite la scarification, le suicide, la drogue.

on ne leur a pas encore bien expliqué. Ils peuvent se contenter de consulter un contenu parce qu'il est

populaire, sans chercher à questionner sa véracité. » (cr28b)

Limites qu'il pose lui-même. Il déclare ne pas être utilisateur de TikTok, ne pas pouvoir détailler le

fonctionnement de son algorithme, et — interrogé en fin d'audition sur l'algorithme de Snapchat — répond

qu'il ne travaille pas dessus. Il n'a pas de recommandation complémentaire à formuler à la fin de son

audition.

Sources

https://techcrunch.com/2013/10/17/mindie-is-an-immersive-music-and-video-jukebox-app-done-right/

16 janvier 2014 :

https://techcrunch.com/2014/01/16/from-a-failing-product-to-a-successful-video-sharing-app-mindie-raises-1-2-million/

https://techcrunch.com/2016/04/20/if-you-build-it-they-will-squeal/

https://www.frenchweb.fr/bon-app-mindie-le-videosharing-100-musique/129472

https://www.frenchweb.fr/mindie-leve-12-millions-de-dollars-il-nous-a-fallu-un-mois-nous-avons-ete-surpris-par-la-vitesse/138232

https://github.com/rFlex

https://patents.google.com/patent/US11531460B2/en

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N028.html