Sylvie Dieu-Osika
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Sylvie Dieu-Osika (également écrite Sylvie Dieu Osika) est pédiatre. L'identification est établie sans ambiguïté : la personne auditionnée se présente elle-même devant la commission comme pédiatre exerçant « à la fois en libéral et en milieu hospitalier », membre fondatrice du Collectif Surexposition écrans (CoSE) et autrice de L'enfant-écran — ce qui recoupe exactement le profil public documenté ci-dessous.
Elle exerce en cabinet libéral à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et comme praticienne attachée au service de pédiatrie de l'hôpital Jean-Verdier de Bondy (AP-HP). Elle revendique une trentaine d'années de pratique pédiatrique.
En 2017, elle co-fonde le Collectif Surexposition Écrans (CoSE), association de professionnels de santé et de l'éducation consacrée à la surexposition des enfants aux écrans, aux côtés notamment de la médecin Anne-Lise Ducanda, de la psychologue Sabine Duflo (elle aussi auditionnée par la commission, cr08b) et du pédiatre Éric Osika, son époux.
En 2019, elle ouvre à l'hôpital Jean-Verdier une consultation hospitalière dédiée aux troubles liés à la surexposition aux écrans — présentée par la presse et par le collectif comme la première du genre en France —, aujourd'hui centrée sur les très jeunes enfants.
Publications : elle est co-autrice, avec Éric Osika, d'ouvrages de vulgarisation destinés aux familles (éditions Hatier) et de L'enfant-écran. Comment échapper à la pandémie numérique, Grasset, paru le 29 janvier 2025. Elle a également signé des articles de revue sur la surexposition précoce aux écrans (Global Pediatric Health, Archives de Pédiatrie) et des tribunes dans la presse. Elle est référencée dans l'annuaire Expertes France.
Réserve de sourçage : les dates précises de formation et de début d'exercice ne sont pas documentées par une source indépendante ; le parcours ci-dessus repose sur des fiches d'intervenante, la presse et le site du collectif qu'elle a cofondé.
Dans la commission
Auditionnée le 29 avril 2025 (cr06c), sous serment, en table ronde avec Grégoire Borst (psychologue du développement, LaPsyDÉ) et Serge Tisseron (psychiatre) — une table ronde qui tourne à la confrontation d'expertises. Elle se présente en clinicienne : elle insiste sur son « statut de clinicienne de terrain » et déclare n'avoir aucun conflit d'intérêts. Elle intervient sept fois (dossier corpus).
Sa thèse. Les réseaux sociaux, TikTok en tête, sont un facteur majeur de la dégradation de la santé mentale des mineurs, et le niveau de preuve disponible suffit déjà à agir. Sur la crise en cours : « Les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant dans cette crise. » (cr06c). Sur la balance bénéfice-risque, sa formule la plus tranchée : « aucune étude n'a démontré d'effets positifs des réseaux sociaux sur le bien-être des enfants, dans aucun pays du monde. » (cr06c)
Positions clés défendues :
- Design addictif des plateformes — « nous sommes confrontés à des plateformes conçues pour être intrinsèquement addictives, point qui a dû être soulevé à plusieurs reprises au sein de cette commission. » (cr06c). Elle chiffre la pression attentionnelle : « Plus de 20 % des enfants reçoivent plus de 500 notifications par jour, tous réseaux confondus, alors que 100 notifications seraient déjà excessives. » (cr06c)
- Terminologie — elle refuse de faire du mot « addiction » le cœur du débat : « Je pense qu'il est pertinent de parler d'usage problématique ou excessif. » (cr06c)
- Contenus d'automutilation et de suicide — elle verse au débat un rapport d'ONG : « Le rapport d'Amnesty International met en lumière les risques liés à l'utilisation prolongée de TikTok, notamment l'exposition à des contenus relatifs à l'automutilation et aux tentatives de suicide. » (cr06c). C'est un rapport qu'elle relaie, pas un constat établi par la commission.
- Exposition précoce à la pornographie — « Aujourd'hui, l'âge moyen de la première exposition à ce contenu est de dix ans, contre quatorze ans auparavant. » (cr06c)
- Vérification de l'âge — sa proposition la plus opérationnelle, calquée sur les jeux d'argent en ligne : « Je suggère d'envisager une vérification de l'âge via une empreinte de carte bancaire pour l'accès à ces plateformes. » (cr06c)
- Prévention et alternatives concrètes — « J'ai également expérimenté l'utilisation de téléphones basiques dans des écoles de mon quartier, qui distribuent des Nokia aux élèves de sixième, avec des résultats encourageants. » (cr06c)
Le point de friction de l'audition. Le désaccord porte sur l'état de la preuve. Face à Grégoire Borst, qui souligne la faiblesse des effets mesurés en population générale et la prudence à observer sur la causalité, elle oppose l'antériorité des données : « Les études mentionnées précédemment par mon voisin sont désormais obsolètes. » (cr06c) — argument fondé sur la date d'arrivée de TikTok en France. C'est sa position dans une controverse scientifique que la commission acte comme non tranchée, pas un arbitrage de la commission.
Sources
- https://surexpositionecrans.fr/qui-sommes-nous/
- https://surexpositionecrans.fr/comment-se-deroule-ma-consultation-surexposition-ecrans-a-lhopital-jean-verdier/
- https://www.forumeuropeendebioethique.eu/intervenants/sylvie-dieu-osika
- https://www.lesprosdelapetiteenfance.fr/article/sylvie-dieu-osika-pediatre-une-application-ne-remplacera-jamais-un-parent/
- https://www.grasset.fr/livre/lenfant-ecran-9782246840770/
- https://www.grasset.fr/auteur/docteur-sylvie-dieu-osika/
- https://www.editions-hatier.fr/auteur/docteur-sylvie-dieu-osika
- https://expertes.fr/expertes/70654-sylvie-dieuosika/
- https://www.franceinfo.fr/sante/enfant-ado/reportage-on-est-en-train-de-creer-du-handicap-a-bondy-cette-pediatre-tente-de-changer-les-mauvaises-habitudes-des-enfants-accros-aux-ecrans_6407287.html
- https://seinesaintdenis.fr/actualite/solidarites-sante/Une-pediatre-de-lhopital-de-Bondy-tire-la-sonnette-dalarme-sur-les-ecrans/
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N006.html