Thomas Rohmer
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Thomas Rohmer est le fondateur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (OPEN), association française créée en 2016 et présentée comme la première association française mobilisée à 100 % autour de l'accompagnement des parents et des professionnels sur les sujets de parentalité et d'éducation numérique. Il en est aujourd'hui directeur-fondateur, la présidence étant assurée par Marion Haza, psychologue clinicienne (source : site de l'association).
Avant la création de l'OPEN, il travaille sur les questions de protection de l'enfance et de numérique depuis une quinzaine d'années et a monté, selon l'association, la première opération de sensibilisation au sein des collèges et lycées français, qui aurait touché plus de 4 millions d'élèves et 700 000 adultes en douze ans.
Mandats et fonctions déclarés par l'association :
- membre du comité d'experts du jeune public de l'Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) ;
- désigné expert « enfance et numérique » auprès du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA) par le Premier ministre (depuis 2016) ;
- secrétaire général du COFRADE (Conseil français des associations pour les droits de l'enfant).
Publications citées par l'association : Challenges sur les réseaux sociaux, coécrit avec Marion Haza (2020) ; Éducation au numérique, restons connectés (2021).
L'OPEN revendique un rôle de plaidoyer à l'origine ou en appui de plusieurs textes : la saisine de l'Arcom sur le blocage des sites pornographiques (loi du 30 juillet 2020), la loi du 19 octobre 2020 encadrant l'exploitation commerciale de l'image d'enfants de moins de seize ans sur les plateformes en ligne (dite « loi Studer »), puis une évolution du code civil sur le droit à l'image des enfants (2024).
Réserves de sourçage : il n'existe pas de notice Wikipédia consacrée à Thomas Rohmer (l'entrée « Thomas Römer » renvoie au bibliste du Collège de France, homonyme sans rapport, écarté). Les éléments biographiques ci-dessus proviennent essentiellement du site de l'OPEN, donc d'une source auto-déclarative de l'organisation qu'il dirige ; ils recoupent toutefois ce qu'il déclare sous serment devant la commission (cr24a). Les dates précises de formation et de parcours antérieur n'ont pas pu être vérifiées par une source indépendante.
Dans la commission
Auditionné le 10 juin 2025 (réunion n° 24, audition 1/5), en audition commune avec Mme Angélique Gozlan, experte à l'OPEN, docteure en psychopathologie. Convoqué comme « président de l'Observatoire de la Parentalité et de l'Éducation Numérique », il rectifie d'emblée : « je n'occupe plus la présidence mais la direction, la présidente actuelle étant Mme Marion Haza-Pery » (cr24a). Il déclare spontanément ses intérêts : financements privés ponctuels de Google et de Netflix, partenariat avec un groupe de crèches privées — « Factuellement, nous recevons donc parfois des financements d'entités privées mais ces collaborations demeurent ponctuelles et ne constituent en aucun cas des subventions de fonctionnement » (cr24a) — et précise siéger à titre personnel au comité de protection des jeunes publics de l'Arcom.
Sa thèse. Il porte devant la commission une position de nuance et de prudence, qui déplace une part de la responsabilité des plateformes vers l'incohérence des adultes et des institutions.
Points saillants tirés du dossier corpus :
- Contre la « panique morale ». Il décrit un débat public polarisé et paralysant pour les parents : « Dans l'espace médiatique, ce sujet fait l'objet de discussions souvent polarisées qui s'apparentent parfois à une forme de panique morale, avec d'un côté les gentils en soutien aux outils numériques et de l'autre les méchants complètement anti-écrans » (cr24a). Il dénonce un « effet d'aubaine » : « Ces nouveaux intervenants se positionnent sur ces sujets parfois sans réellement en maîtriser les enjeux et les subtilités, contribuant ainsi à entretenir cette forme de paralysie parentale en jouant davantage sur les peurs que sur la remobilisation des compétences éducatives » (cr24a).
- De la protection à l'autonomisation. Il juge la prévention centrée sur l'évitement du risque partiellement inopérante : « les jeunes rencontrent aujourd'hui davantage d'adultes leur expliquant ce qu'ils ne doivent pas faire avec ces outils numériques que d'adultes leur montrant comment bien les utiliser » (cr24a), et avance qu'« une surprotection peut paradoxalement devenir incitative à la prise de risques, particulièrement chez les populations les plus vulnérables » (cr24a). Il écarte de ce fait l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, jugée génératrice de transgression.
- Injonctions contradictoires des institutions. Il reproche aux pouvoirs publics un discours incohérent sur les écrans : « Dans certains hôpitaux pédiatriques parisiens, vous pouvez voir des affiches de prévention « pas d'écran avant trois ans » dans la salle d'attente des urgences alors que les brancards sont équipés d'écrans » (cr24a) ; « Parallèlement, l'évaluation nationale du niveau en mathématiques et en français de tous les élèves de sixième s'est déroulée exclusivement sur ordinateur » (cr24a).
- Responsabilité des plateformes. Il attend d'elles une modération interne et des mécanismes de rappel (par exemple un message après une heure de défilement) plutôt qu'un report de la charge sur l'interdiction (cr24a).
- Enfants influenceurs. Il fait de la « monétisation de l'enfance » — exposition publique sans consentement, mise en péril de la construction identitaire — un sujet prioritaire, en rappelant la contribution de l'OPEN au cadre législatif de 2020 (cr24a).
- Parents et prévention. Il décrit un désarroi parental homogène quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, constate que la prévention touche surtout les parents déjà informés, et plaide pour l'« aller vers » (y compris via la RSE en entreprise) plutôt que pour un registre de la peur (cr24a).
Note d'attribution : le dossier corpus consolide les positions exprimées lors de cette audition commune. Plusieurs d'entre elles — la lecture du numérique comme pharmakon, l'absence de causalité directe et univoque établie entre réseaux sociaux et santé psychique des adolescents, le caractère jugé « intrinsèquement addictif » du format court par les adolescents interrogés — ont été portées dans l'échange par Mme Angélique Gozlan, experte de l'OPEN présente à ses côtés (cr24a). Le dossier ne recense que 2 interventions pour Thomas Rohmer et aucune question posée : fiche établie sur une seule audition.
Sources
- https://www.open-asso.org/a-propos/
- https://open-asso.org/ (page d'accueil de l'association)
- https://www.open-asso.org/nos-combats-et-reussites/
- https://www.open-asso.org/presse-media/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Rohmer (aucune notice : redirige vers Thomas Römer, bibliste — homonyme écarté)