Vanessa Lalo
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Vanessa Lalo est psychologue clinicienne et psychothérapeute, spécialisée dans les jeux vidéo, les pratiques numériques et leurs impacts cognitifs, éducatifs et culturels. L'identification est établie sans ambiguïté : la personne auditionnée est présentée par la commission comme psychologue clinicienne et intervient sur les usages numériques des adolescents, ce qui correspond au profil public documenté (site professionnel, interventions média et institutionnelles sur les écrans et la jeunesse). Elle exerce en libéral et déclare un numéro ADELI de psychologue (949310635).
Formation (source : son site professionnel, rubrique Parcours) : master 1 de psychologie clinique à l'université Paris VII (2006, mémoire L'addiction télévisuelle) ; master 2 professionnel de psychopathologie de l'adulte, Paris VII (2007) ; master 2 recherche sur les sexualités et les traumatismes, Paris VII (2008) ; diplôme universitaire sur les addictions et les cliniques du risque, Paris VII (2009). Elle a mené entre 2008 et 2010 une recherche doctorale à l'université Paris X sur les pratiques du jeu vidéo, à l'adolescence et à l'âge adulte, sous la direction de Serge Tisseron.
Activités : consultations (adolescents, adultes, parents, familles), analyse de pratiques et supervision d'équipes pour des institutions du médico-social et de la prévention spécialisée, conception et animation de formations (présence éducative sur internet, écrans dans la petite enfance, éducation au numérique), conférences et cafés des parents. Elle est régulièrement sollicitée par la presse française sur les usages numériques des jeunes et la parentalité à l'ère numérique.
Elle accompagne depuis 2012, selon ses propres publications, le dispositif Promeneurs du net — démarche d'origine suédoise expérimentée par la CAF de la Manche puis déployée nationalement avec le soutien de la CNAF, qui consiste à faire intervenir des professionnels de la jeunesse sur les réseaux sociaux à des fins de veille éducative et de prévention. Elle cite ce dispositif dans son audition. Elle indique aussi collaborer avec des structures du champ numérique et éducatif (La Souris Grise, Serious Game Lab, NeuroHack, Réseau français de réduction des risques).
Réserve de sourçage : l'essentiel des éléments de parcours provient de son site professionnel, alimenté par l'intéressée ; aucune source indépendante consultée ne documente précisément les dates de chaque fonction. Aucune notice Wikipédia ni page institutionnelle biographique n'a été trouvée.
Dans la commission
Auditionnée le 6 mai 2025 (cr08b), sous serment, en table ronde de psychologues et chercheurs (avec M. Elie Andraos, Mme Sabine Duflo, Mme Séverine Erhel), présidée par M. Arthur Delaporte. Le dossier corpus recense 5 prises de parole.
Déclaration de liens d'intérêt. Elle ouvre son propos en signalant spontanément des contacts passés avec la plateforme : « J'ai participé à deux tables rondes avec des équipes de TikTok. » (cr08b). Relancée par le président sur une éventuelle rémunération, elle confirme : « Oui, j'ai été rémunérée, par leur agence de presse. » (cr08b)
Ce qu'elle rapporte de ses échanges avec TikTok. Sur la présence d'enfants de moins de 13 ans, elle rapporte la réponse de ses interlocuteurs : « Ils m'ont répondu que ce n'était pas un problème car ils utilisaient des intelligences artificielles très bien faites. » (cr08b). Sur l'hypothèse d'une interdiction des réseaux avant 15 ans : « ils m'ont répondu qu'ils ne mettraient rien en œuvre tant que la France n'aurait pas établi de cahier des charges et que, de toute façon, l'Europe retoquerait cette décision, qu'ils n'auraient donc rien à faire. » (cr08b). Ces propos sont son témoignage rapporté, non un fait établi par la commission.
Sa thèse. Elle défend une lecture clinique où l'écran met au jour un mal-être préexistant plutôt qu'il ne le crée : « l'écran n'étant en effet qu'un révélateur. » (cr08b). Elle applique ce raisonnement au sommeil, contre une explication physiologique répandue : « la lumière bleue n'est pas en cause, c'est l'anxiété qui crée l'insomnie. » (cr08b). Elle conteste aussi l'usage courant du vocabulaire de la récompense : « ce n'est pas parce qu'on regarde une vidéo que l'on va forcément sécréter de la dopamine à ce moment-là : tout dépend de l'expérience passée. » (cr08b)
Positions clés défendues :
- Prévention positive et contenus de qualité — sa proposition la plus identifiable : « il faut proposer le Stendhal du numérique pour que les jeunes qui passent du temps en ligne puissent bénéficier de contenus de qualité et en discuter. » (cr08b)
- Éducation au numérique des parents — elle met en cause une injonction paradoxale des adultes, chiffres à l'appui : « les enfants avaient une autonomie de 10 kilomètres, laquelle n'était plus que de 300 mètres en 2007 – soit avant même BFM et les réseaux sociaux. » (cr08b) et « Au moins 60 % des parents géolocalisent leurs enfants. Ils leur achètent un portable pour les surveiller. » (cr08b)
- Déplacement du cadrage vers la géopolitique des données — elle interroge le périmètre même de la commission : « La fuite des données personnelles vers la Chine – je rappelle que l'Union européenne a récemment infligé à TikTok une amende d'un montant historique –, les stratégies géopolitiques et les guerres informationnelles ne constitueraient-elles pas les enjeux les plus importants, au-delà de ceux d'éducation et d'accompagnement ? » (cr08b)
- Élargissement au-delà de TikTok, vers l'IA conversationnelle — « J'appelle votre attention sur le fait que ChatGPT est l'application qui collecte le plus de données personnelles auprès de la jeunesse. » (cr08b), avec une conséquence clinique qu'elle dit observer : « Les jeunes ne viennent plus nous consulter car ils ont un psy gratuit, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. » (cr08b). Ces affirmations sont les siennes ; elle ne cite pas d'étude à l'appui dans le dossier corpus.
Point saillant de l'échange. Sa position se distingue nettement, dans cette table ronde, de celle d'autres intervenants centrés sur l'addiction et le temps d'écran : elle plaide pour identifier le trouble initial plutôt que d'imputer les difficultés à l'outil, et elle réoriente une partie de la discussion vers la captation des données et l'accompagnement éducatif.
Sources
- https://vanessalalo.com/
- https://vanessalalo.com/qui-suis-je/
- https://vanessalalo.com/parcours/
- https://www.ludomag.com/2022/05/24/podcast-notre-rapport-aux-ecrans-dans-un-monde-numerique-avec-vanessa-lalo-psychologue/
- https://www.assurance-prevention.fr/video-cyberprev-decode-vanessa-lalo
- https://news.xbox.com/fr-fr/2019/12/06/3-questions-a-vanessa-lalo-psychologue-clinicienne-specialisee-dans-les-jeux-video/
- https://www.infoparent29.fr/spip.php?article1038=
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N008.html