Yann Lescop
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Avertissement de sourcage. Aucune source biographique publique fiable (page institutionnelle, notice
Wikipedia, presse de reference) n'a pu etre verifiee sur Yann Lescop. Les elements ci-dessous se limitent
donc a ce qui est etabli par des sources institutionnelles : le compte rendu officiel de la commission
d'enquete de l'Assemblee nationale et le site de l'association qu'il represente. Parcours, formation et
dates de prise de fonction ne sont pas documentes publiquement et ne sont donc pas renseignes ici, plutot
que d'etre reconstitues par deduction. Attention par ailleurs au risque d'homonymie : le nom « Yann Lescop »
n'est pas rare et aucun profil public trouve ne peut lui etre rattache avec certitude.
Yann Lescop est responsable projets et etudes de l'association Point de Contact, fonction sous laquelle
il est auditionne par la commission d'enquete le 22 mai 2025, aux cotes d'Alejandra Mariscal Lopez,
directrice de l'association.
L'organisation qu'il represente. Point de Contact est une association loi 1901 qui met a disposition des
internautes des outils de signalement de contenus potentiellement illicites en ligne, et qui se presente
comme intervenant sur cinq domaines : protection de l'enfance, lutte contre les discours illicites, lutte
contre les violences sexuelles, protection de la dignite et protection de l'identite. Elle est **reconnue
signaleur de confiance par l'Arcom** (au sens du Digital Services Act) et est membre du reseau international
INHOPE ainsi que de l'Appel de Christchurch. Ces elements proviennent du site de l'association.
Les elements de contexte suivants sont issus de l'audition elle-meme (declaration liminaire d'Alejandra
Mariscal Lopez, cr14c) et sont donc des declarations sous serment, non des faits verifies par une source
tierce : association fondee en 1998 par les principaux acteurs d'internet ; signaleur professionnel de
Pharos depuis 2010 ; financement principal issu de la Commission europeenne via le programme Safer Internet
France, complete par des cotisations de plateformes plafonnees a 12 500 euros par an ; plus de 42 000
signalements recus en 2024 ; l'une des sept organisations francaises reconnues signaleurs de confiance au
titre du DSA, sur trente-deux au niveau de l'Union europeenne.
Dans la commission
Yann Lescop est auditionne le 22 mai 2025 (cr14c), en binome avec la directrice de Point de Contact. Il
intervient comme praticien du signalement : ce qu'il apporte a la commission, ce sont des donnees de
terrain sur le traitement des signalements adresses aux plateformes, et un plaidoyer pour elargir les
pouvoirs des signaleurs de confiance.
Sa these : sur les contenus manifestement illicites, TikTok repond vite — le probleme est ailleurs.
Il decrit une amelioration des delais depuis l'entree en vigueur du DSA et chiffre : « Pour les cinq derniers
signalements traités, le délai de réponse varie entre une et cinq heures. » (cr14c). Interroge sur la haine
en ligne, il ecarte explicitement TikTok comme cible principale : « En matière de haine en ligne, ce n'est
pas TikTok que nous identifierions comme étant plus problématique. D'autres plateformes ont connu une
dégradation notable de leurs politiques de modération ces derniers mois. X et Meta, par exemple, nous ont
posé de sérieuses difficultés en termes de retrait de contenus, ce qui n'est pas le cas avec TikTok. »
(cr14c). Il assortit lui-meme ce constat d'une reserve methodologique, en rappelant que les signalements
recus proviennent d'internautes qui connaissent deja l'association.
Ce qu'il reproche neanmoins au dispositif : l'absence de voie de recours. C'est le point qu'il choisit
de soulever de lui-meme : « Une fois qu'un dossier est clôturé, nous ne disposons d'aucun bouton pour
demander son réexamen ou pour relancer la plateforme, même après plusieurs semaines d'attente. » (cr14c).
Interroge sur les organes de reglement extrajudiciaire des litiges prevus par le DSA, il indique que Point
de Contact ne travaille pas avec eux et croit savoir qu'une dizaine ont ete designes au niveau europeen.
Les contenus terroristes, angle saillant de son propos sur TikTok. Il presente une progression chiffree :
« de 14 signalements de contenus terroristes en 2023, nous sommes passés à 32 en 2024. TikTok se positionne
ainsi comme la deuxième plateforme sur laquelle nous identifions le plus ce type de contenus. » (cr14c). Il
precise que ces contenus relevent principalement de la glamourisation, de la glorification ou de l'apologie
d'actes terroristes ou de leurs auteurs.
Une position revendiquee de prudence sur la liberte d'expression. Il explique le faible taux de
qualification illicite sur la haine en ligne par une lecture stricte de la loi sur la liberte de la presse,
en assumant ce choix : « Soucieux de ne pas être perçus comme des censeurs, nous sommes particulièrement
vigilants quant à la préservation de la liberté d'expression. » (cr14c). Il applique la meme grille au cas
SkinnyTok, qu'il situe hors du champ penal : « dans le cas de la tendance SkinnyTok, il n'est a priori pas
illégal de faire l'apologie de la maigreur. » (cr14c).
Sa demande principale : passer de la moderation ex post a une action plus proactive. Il decrit le role
de l'association comme « un pont entre la société civile et les plateformes » et plaide pour que le statut
de signaleur de confiance produise un effet immediat pour les mineurs, en s'appuyant sur les lignes
directrices de la Commission europeenne : il souhaite que « les contenus signalés par des signaleurs de
confiance puissent être automatiquement retirés de la vue des mineurs, sans attendre la décision finale de
modération. » (cr14c).
La verification de l'age presentee comme le prealable. C'est le point qu'il place au sommet de ses
priorites reglementaires : « Aujourd'hui, la question cruciale, tant au niveau international qu'en France,
concerne la vérification de l'âge et la régulation de l'accès aux réseaux sociaux en fonction de l'âge des
utilisateurs. Pour nous, le préalable essentiel est la mise en place de mécanismes de vérification d'âge
bien implantés. » (cr14c). Il ajoute que la France peut aller au-dela des reglements europeens, en citant la
loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 sur les deepfakes a caractere sexuel.
Messageries privees et Telegram. Interroge par le depute Stephane Vojetta, il indique que l'association
n'a pas acces aux messageries privees des reseaux classiques et met en avant l'outil Disrupt (base de
signatures numeriques destinee a bloquer la retransmission de contenus intimes). Sur les canaux ouverts, il
cite une action concrete : « Récemment, en collaboration avec l'association StopFisha, nous avons réussi à
faire fermer un canal de 200 000 personnes qui exposait des personnes haïtiennes. » (cr14c).
Travaux de veille. Il indique que Point de Contact est beta-testeur d'un outil de veille depuis decembre
2024, utilise sur le cyberharcelement et les violences sexistes en ligne (election de Miss France, la
journaliste Salome Saque, la streameuse Ultia), puis sur les reseaux masculinistes. Son constat : les profils
feminins les plus presents en ligne subissent le plus de cyberharcelement.
Sources
- Compte rendu officiel n° 14 de la commission d'enquete sur les effets psychologiques de TikTok sur les
mineurs, Assemblee nationale, 17e legislature, seance du 22 mai 2025 (audition 3/3) — confirme l'identite
et la fonction : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N014.html
- Site officiel de l'association Point de Contact (mission, statut de signaleur de confiance reconnu par
l'Arcom, appartenance au reseau INHOPE et a l'Appel de Christchurch) : https://www.pointdecontact.net/
*Aucune notice biographique publique (Wikipedia, page institutionnelle nominative, presse de reference)
n'a pu etre trouvee et verifiee sur Yann Lescop ; la section biographique est volontairement limitee aux
elements etablis.*