Z
Rôle dans la commission : Personne auditionnée
Biographie
Personne anonymisée — aucune recherche biographique n'a été menée et aucune identification n'est possible ni recherchée.
« Z » n'est pas un nom : c'est la lettre d'anonymat retenue par le compte rendu de la commission pour désigner un témoin mineur entendu à huis clos le 15 mai 2025 (compte rendu n° 11, 1re audition — Audition de MM. X et Y, et Mme Z), aux côtés de deux autres témoins mineurs (Mme X et M. Y) et de Maître Laure Boutron-Marmion, avocate au barreau de Paris, fondatrice du collectif Algos victima. Il n'existe donc pas de biographie publique vérifiable, et il serait fautif d'en construire une.
Deux précisions de méthode :
- Le président Arthur Delaporte a explicitement motivé ce huis clos : « Au vu de l'âge des personnes venues témoigner, il nous a semblé préférable, pour leur offrir le cadre le plus serein possible et protéger leur parole, que cette audition se tienne à huis clos. Un compte rendu sera établi, mais il préservera l'anonymat des personnes entendues. » (cr11a)
- Le titre officiel du compte rendu mentionne « Mme Z », mais toutes les prises de parole du témoin y sont libellées « M. Z. » et il est interpellé au masculin par la présidence, par Me Boutron-Marmion et par les députés (« monsieur Z. »). Cette fiche s'en tient au libellé des interventions.
Les seuls éléments de situation disponibles sont ceux que le témoin a lui-même déclarés devant la commission : il aurait 17 ans le 19 mai 2025, a été « déclaré en dépression en décembre 2023 », a reçu son premier téléphone en sixième, a installé Instagram en cinquième « aux alentours de 12 ou 13 ans » et TikTok « récemment », et indique habiter « dans le Sud ». Ces éléments ne sont pas recoupables par ailleurs.
Dans la commission
Le dossier corpus recense 10 interventions, toutes dans la même audition (cr11a, 15 mai 2025).
Sa thèse centrale : la modération des contenus d'automutilation et de suicide est défaillante, et c'est à la plateforme — non à l'enfant — de faire le tri. Il conclut son témoignage liminaire ainsi : « C'est grâce à cela que je suis ici aujourd'hui, debout, face à vous, pour expliquer que la censure est absente des réseaux et qu'il faut la mettre en place. » (cr11a)
Le récit d'entrée dans les contenus. Il situe le point de bascule dans une période de tristesse familiale : « Je suis tombé sur une vidéo qui prônait l'automutilation. Étant naïf, jeune, un peu triste, j'ai décidé de franchir le pas et d'essayer. » (cr11a) Il décrit ensuite une recherche active, motivée par un besoin d'être compris : « Je tombe alors dans cette spirale qui me tire toujours plus vers le bas : je regarde de plus en plus de vidéos de ce genre – je les cherche, parce que je me sens compris. » (cr11a)
Un enfermement décrit comme cumulatif, malgré la prise en charge médicale. Après une première tentative de suicide et une hospitalisation, il rapporte un suivi psychologique et psychiatrique, mais estime que l'effet des contenus a persisté : « Ce personnel médical m'a aidé, mais ces vidéos nocives m'ont tiré vers le bas et j'ai développé une sorte d'addiction : à mesure que je tombais sur plus de vidéos, c'était de pire en pire. » (cr11a) Il décrit à l'inverse une sortie progressive obtenue en agissant sur son fil : « J'ai essayé de quitter ce genre de vidéos, de dire que je n'étais pas intéressé et que je ne voulais plus les voir. Je me suis aussi désabonné des comptes qui me correspondaient avant. Progressivement, je tombais sur des vidéos plus joyeuses. » (cr11a)
Le contournement des filtres par les hashtags. Interrogé sur ses recherches, il donne des exemples précis de codes utilisés — et un effet de bord : « Je cherchais #ts pour « tentative de suicide » ou #$h pour « self-harm », « automutilation ». Je tombais sur certaines vidéos, mais aussi sur des vidéos de Taylor Swift dont « ts » est le diminutif… » (cr11a)
Un exemple de contenu jamais retiré. Sollicité par Me Boutron-Marmion, il rapporte les stories d'une amie rencontrée en hospitalisation : « je suis tombé sur une de ses stories Instagram où on voyait son cou mutilé, avec des points de suture, presque le sang qui coulait. […] Ces images sont gravées dans ma rétine. C'est à ce moment-là que je me suis dit qu'il y avait un problème et qu'il fallait censurer ces contenus. » (cr11a)
La porosité entre plateformes. Son témoignage porte largement sur Instagram autant que sur TikTok, et il lie les deux : « Toutes les vidéos Instagram que je voyais, on pouvait les retrouver sur TikTok : c'étaient des utilisateurs de TikTok qui les postaient sur Instagram. Tout est lié. » (cr11a)
Ce qu'il demande. Sa position se concentre sur la responsabilité technique de la plateforme plutôt que sur la vigilance de l'enfant ou du parent : « Ce n'est surtout pas à nous de faire ce tri. En tant qu'enfant, on n'a pas le recul. Ce sont des robots qui devraient détecter ces contenus sensibles et les supprimer directement au lieu de les laisser se balader dans les centres de données. » (cr11a)
Interrogé par le président Delaporte sur l'extension d'une éventuelle interdiction aux moins de 15 ans, il désigne trois réseaux : « Il faudrait interdire TikTok, Instagram et Telegram. Ce sont des réseaux sociaux nocifs si l'on est trop jeunes. On peut tomber sur des horreurs sur Telegram, notamment des canaux pour vendre de la drogue, des médicaments, des armes. » (cr11a) Sur ce dernier point, il précise ne pas parler d'expérience directe : « Non, mais des amis de l'hôpital étaient sur ces sites pour trouver de la cocaïne ou du shit. » (cr11a)
Il hiérarchise toutefois les deux leviers, en plaçant le retrait des contenus au-dessus de la barrière d'âge : « Je continue à regarder TikTok, parce que maintenant j'ai du recul. On y trouve des contenus plaisants. Mettre une limite d'âge, c'est une bonne idée, mais l'important, c'est de supprimer les contenus trop violents. » (cr11a)
Sur la parole autour de lui, il décrit un isolement : « Je partageais ces contenus avec mes amis pour leur montrer mon mal-être. Sinon, je n'en ai pas vraiment parlé. » (cr11a)
Note de lecture : les affirmations ci-dessus sont les déclarations d'un témoin devant la commission. Elles engagent leur auteur et sont restituées ici comme positions exprimées, non comme faits établis. Les mises en cause de plateformes (TikTok, Instagram, Telegram) relèvent du témoignage et n'ont pas fait l'objet d'une vérification contradictoire dans le cadre de cette fiche.
Sources
Aucune source web : personne anonymisée, entendue à huis clos. La fiche s'appuie exclusivement sur le corpus de la commission (compte rendu n° 11, audition 1/2, cr11a, 15 mai 2025).