La part du citoyenTikTok et les mineurs

Carte politique

La France insoumise — Nouveau Front populaire

Fiche courte — échantillon limité. Le dossier ne contient que 5 interventions, portées par

3 députés et concentrées sur 3 auditions (cr03b, cr13a, cr24e). C'est trop peu pour établir une

doctrine de groupe. Ce qui suit décrit ce que ces cinq prises de parole montrent, et signale

explicitement les axes de la commission sur lesquels le groupe n'apparaît pas dans le dossier.

1. Ligne du groupe

Contrainte vs prudence — le seul axe réellement documenté. Les interventions disponibles penchent

nettement du côté de la prudence et contre une lecture alarmiste. Arnaud Saint-Martin remercie une

audition pour son « travail d'objectivation à froid » et met en garde contre les pratiques culturelles

« qui suscitent parfois une panique morale, avec une forme de surenchère rhétorique ou manipulatoire

qui construit des problèmes publics » (cr03b). Même logique en cr13a, où il sonde l'état du consensus

psychiatrique sur l'addiction aux réseaux : classification, diagnostic, « controverses » étiologiques,

place du sujet dans les congrès internationaux — une question à visée épistémique, qui teste la

solidité du socle clinique sur lequel une politique publique s'appuierait.

Usages juvéniles. Toujours en cr03b, il demande si « certains usages inventifs de TikTok sont

capables de subvertir cet algorithme », si l'utilisateur « peut faire un pas de côté ». La question

cherche à réintroduire une capacité d'agir des jeunes face au tableau d'un utilisateur passif.

Qui est mis en cause. Dans les deux interventions de cr24e (audition de l'influenceur Nasser Sari),

la responsabilité est cherchée ailleurs que dans la plateforme. Aly Diouara la place sur le

créateur : « Avez-vous conscience que vos choix de mise en scène participent à façonner parfois

durablement les rapports aux autres, à la violence, aux femmes, à la réussite sociale ? » — avec, en

appui, une saisine de l'Arcom qu'il indique avoir faite. Sébastien Delogu la place sur les

pouvoirs publics locaux, en demandant si « le maire Rassemblement national de votre ville a mis des

salles ou des équipes à disposition » pour les adolescents afflués dans le quartier, ou s'il n'y a eu

« aucune main tendue de la part des services publics ».

Axes absents du dossier. Aucune intervention ne porte sur l'interdiction des moins de 15 ans, la

vérification de l'âge ou la majorité numérique ; aucune sur le DSA, l'échelon européen ou national ;

aucune sur la dimension géopolitique (ByteDance, Chine, données) ; aucune sur le modèle économique de

la plateforme (lives, TikTok Shop) — hors une orientation, en cr24e, de la réponse de l'audité sur ses

propres revenus. Sur ces axes, la position du groupe n'est pas déductible de ce matériau.

2. Stratégie de questionnement

Deux régimes distincts, selon le type d'audité.

Face aux chercheurs et cliniciens : s'informer et recadrer la méthode. Les trois interventions de

Saint-Martin sont ouvertes et non accusatoires — elles demandent un état de l'art (cr13a) ou explorent

une hypothèse contraire à la tonalité dominante (cr03b). Le seul sous-texte récurrent est un recadrage

méthodologique : la mise en garde contre la « panique morale » vise, sans les nommer, les positions

plus alarmistes exprimées dans la commission.

Face à un influenceur : instruire dans deux directions opposées. En cr24e, les deux députés du

groupe encadrent le même audité avec des questions orientées mais divergentes. Diouara instruit une

responsabilité morale du créateur, tout en déminant l'idée d'un piège et en refusant le jugement

individuel (« la question n'est pas Nasdas »). Delogu questionne à décharge (« cela pourrait être

valorisant pour vous ») et transforme la réponse en charge politique contre la municipalité RN de

Perpignan.

3. Députés clés

épistémologique : niveau de preuve, sociologie des usages, vigilance anti-panique morale.

milieux populaires et de l'ASE, adossé au régulateur (Arcom).

directe avec le RN.