La part du citoyenAudiovisuel public
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Céline Pigalle

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Céline Pigalle, née le 31 janvier 1972 à Gonesse (Val-d'Oise), est une journaliste française de radio et de télévision, dirigeante de rédactions.

Formée à Sciences Po Paris (admise en 1994) et diplômée de l'École supérieure de journalisme de Lille en 1996 (lauréate de la bourse Lauga-Delmas), elle passe l'essentiel de sa première carrière à Europe 1 (1996-2011) : reporter au service économie, correspondante à Berlin (2000-2004) puis à Bruxelles (2006-2008), rédactrice en chef des éditions du matin (2008) et directrice adjointe de la rédaction (2009).

Elle rejoint ensuite la télévision : rédactrice en chef de La Matinale à Canal+ (2011-2012), puis directrice de la rédaction de la chaîne d'information i-Télé (2012-2015, où elle met fin à la collaboration d'Éric Zemmour fin 2014). Après un bref passage à la tête de la rédaction de LCI (mars-juin 2016), elle devient directrice de la rédaction de BFMTV de décembre 2016 à février 2023.

Le 6 février 2023, la présidente de Radio France Sibyle Veil la nomme à la tête de France Bleu (devenu le réseau Ici), prise de fonction le 3 avril 2023 ; elle entre au comité exécutif du groupe. Fin août 2024, elle est nommée directrice éditoriale déléguée chargée de l'information et de la proximité à Radio France, tout en conservant la direction du réseau Ici. Le 5 février 2026, elle est annoncée pour succéder à Adèle Van Reeth à la tête de France Inter, poste qu'elle prend le 2 mars 2026.

Aucune orientation ou affiliation politique personnelle n'est documentée par les sources publiques : elle se présente comme journaliste et dirigeante de rédactions.

Dans la commission

Céline Pigalle est auditionnée une fois (M. Vincent Meslet), au titre de ses fonctions à Radio France (directrice éditoriale déléguée à l'information et à la proximité, directrice du réseau Ici). Elle intervient à 44 reprises. Sa ligne est celle d'une défense ferme de l'indépendance des rédactions du service public et d'une contestation frontale des attaques en partialité.

Défense de l'indépendance rédactionnelle et du pluralisme. Elle récuse toute idée de consignes ou de tutelle sur les journalistes : « La journaliste que je suis n'aime pas beaucoup l'idée que l'on donne des consignes à quiconque. [...] Si la question est de savoir si certains de nos journalistes sont sous tutelle, la réponse est non. » Elle retourne l'accusation de partialité sur ceux qui voudraient trier les invités : « est-ce que vous voudriez nous faire la liste de tous ceux que nous ne devons pas recevoir ? Est-ce que c'est ça, le pluralisme ? [...] On part de la liberté d'expression et on en arrive en fait à ne plus vouloir écouter personne. »

Contestation des études sur le biais. Elle disqualifie l'étude de l'Institut Thomas More citée par la commission : « De notre point de vue, l'étude de l'Institut Thomas More n'est pas sérieuse : la météo est de gauche, les reportages consacrés aux violences infligées aux enfants sont de gauche [...] Cela va trop loin dans le ridicule. » Elle défend le traitement de l'information de Radio France contre le reproche de matraquage : « le fait de taper, comme sur un clou, sur deux ou trois sujets toute une journée et toujours dans le même sens. Vous ne pouvez pas dire que les informations sont traitées de cette manière sur les antennes de Radio France. »

Attachement à la spécificité de la radio, réserves sur la holding France Médias. Elle rappelle l'histoire protectrice de la radio publique : « en 1974, [la France] l'a sortie du giron de la télévision. C'est ainsi que la radio de service public est restée forte et puissante. » Elle plaide pour des rapprochements ciblés plutôt qu'une fusion : « les rapprochements doivent être liés au numérique. C'est dans cet espace que nous devons nous consolider mutuellement ». Elle corrige d'ailleurs l'idée d'une fusion déjà faite entre France Bleu et France 3 : « Une fusion entre France Bleu et France 3 ? Vous m'apprenez quelque chose ! Rien de tel n'a eu lieu : les salariés de France Bleu, devenue Ici, ont toujours leur statut de Radio France ».

Mise en cause du procès fait à l'audiovisuel public. Elle attribue le climat de défiance à une partie du monde politique : « le discrédit qui est jeté sur l'audiovisuel public depuis maintenant des mois, c'est bien une partie de la classe politique qui l'organise. Ce n'est pas nous qui [...] jetons le discrédit sur ceux qui participent à cette commission d'enquête. »

Sources