La part du citoyenAudiovisuel public
ED

Emmanuelle Daviet

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Emmanuelle Daviet est journaliste de formation et médiatrice des antennes de Radio France depuis le 3 septembre 2018 — première femme nommée à ce poste, où elle a succédé à Bruno Denaes. La médiation des antennes assure le lien entre le public et les rédactions de Radio France : elle traite les messages des auditeurs, examine les critiques relatives au traitement de l'information et publie une lettre hebdomadaire (« La Lettre de la médiatrice »).

Formation. Diplômée de Lettres modernes de l'Université de Poitiers (1995), elle complète en 2018 un master 2 en Sciences de l'information et de la communication à l'Université Sorbonne Nouvelle (Paris), spécialité éducation aux médias et à l'information.

Parcours. Elle débute dans la presse écrite à Centre Presse / La Nouvelle République en 1996, puis passe à la radio en 1997 comme reporter et présentatrice à Poitiers (correspondante de Radio France dans la Vienne). Elle rejoint France Info en 2000 comme chroniqueuse consommation-société, puis la rédaction en chef des chroniques. En 2007, elle intègre France Inter comme journaliste spécialiste consommation, puis spécialiste éducation (2009), avant de devenir cheffe du service Société de la rédaction de France Inter en 2012. À partir de 2015, elle conçoit et pilote InterClass', dispositif d'éducation aux médias lancé après les attentats de janvier 2015 (1er prix de l'éducation aux médias et à l'information aux Assises du journalisme 2016) ; elle est nommée en 2017 déléguée à l'Éducation aux médias, à la diversité et à l'égalité des chances de France Inter.

Mandats et engagements. Membre du comité diversité-citoyenneté de Radio France depuis 2015 ; membre de l'Observatoire de l'éducation et des médias du CSA (devenu Arcom) à partir de 2018 ; présidente de la commission Médiation des Médias francophones publics depuis 2021. Autrice de plusieurs ouvrages, dont InterClass' — Éducation aux médias et à la citoyenneté (ESF, 2020).

Dans la commission

Auditionnée (Mme Emmanuelle Daviet), aux côtés de Karim Benhamou (comité d'éthique / Chipip), Emmanuelle Daviet défend une ligne de neutralité stricte attachée à sa fonction et met en avant la transparence de la médiation comme réponse aux soupçons de partialité pesant sur l'audiovisuel public.

Sur son propre rôle, elle rappelle les limites structurelles de son statut : elle ne peut ni s'autosaisir ni prendre position personnellement. « Comme l'indique mon statut, je ne peux pas m'autosaisir. En outre, en tant que médiatrice de Radio France, je n'ai pas à m'exprimer sur un plan personnel » (Mme Emmanuelle Daviet) ; « À titre personnel, je n'ai pas à m'exprimer, puisque je suis tenue à une stricte neutralité » (Mme Emmanuelle Daviet). Elle érige la transparence en marqueur de redevabilité : la médiation lit tous les messages et publie les critiques sans filtre, revendiquant un travail unique en son genre — « Quelle autre institution de service public en France fait ce travail de transparence ? À ma connaissance, aucune » (Mme Emmanuelle Daviet).

Sur le pluralisme et le temps de parole — point le plus tranchant de son audition —, elle conteste l'idée que le RN serait sous-représenté et renvoie chaque contradicteur aux données : « Je tiens à votre disposition, madame Parmentier, la liste de toutes les invitations qui ont été faites à votre parti. Croyez-moi, on vous entend » (Mme Emmanuelle Daviet). Elle rappelle aussi l'effet démultiplicateur du droit de suite encadré par l'Arcom : « une minute de son temps de parole ouvre, d'une certaine manière, six minutes de temps d'antenne au Rassemblement national » (Mme Emmanuelle Daviet).

Sur la neutralité de l'information, elle refuse que le service public trie les partis : « un média public n'a pas pour mission de sélectionner les partis légitimes […]. C'est au peuple de faire ce choix, dans le secret de l'isoloir » (Mme Emmanuelle Daviet). Elle défend de la même façon le fait de donner la parole à des voix contestées (interview de l'ambassadeur d'Iran) au nom du rôle des journalistes : « Pourquoi ne pas entendre une parole avec laquelle on n'est pas d'accord ? » (Mme Emmanuelle Daviet). Sur l'humour militant à France Inter, elle situe la médiation dans une évaluation au cas par cas (contexte, intention, réception) et seulement sur saisine, sans avis personnel. Enfin, elle distingue déontologie (règles formelles, charte de Munich) et éthique« la boussole d'un journaliste ou d'un chroniqueur » (Mme Emmanuelle Daviet) — là où le président objecte que la déontologie s'impose à tous les salariés quel que soit leur statut.

Sources