Fabrice Lacroix
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Fabrice Lacroix est un haut fonctionnaire francais, administrateur de l'Etat, nomme president-directeur general de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) par le President de la Republique, en conseil des ministres, le 11 fevrier 2026, sur proposition de Rachida Dati, ministre de la Culture.
Ancien eleve de l'ESCP, de Sciences Po Paris et de l'Ecole nationale d'administration (ENA), il a construit l'essentiel de sa carriere dans le secteur audiovisuel et culturel public :
- 2006-2009 : directeur financier de Radio France ;
- 2009-2010 : secretaire general de l'etablissement public du Grand Palais ;
- 2012-2016 : directeur general adjoint puis directeur general delegue de France Televisions ;
- 2016-2018 : directeur general de l'Agence France-Presse (AFP) ;
- 2018-2024/2025 : directeur executif ressources du Comite d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, dont il a ensuite pilote la dissolution en 2025.
Son profil est donc celui d'un gestionnaire des grandes institutions de l'audiovisuel et de la culture publics (finances, direction generale), et non d'un journaliste ou d'un producteur.
Remarque sur l'homonymie : ce Fabrice Lacroix, administrateur de l'Etat, est distinct de l'entrepreneur du numerique du meme nom (fondateur d'Antidot / Fluid Topics). Le recoupement avec le contexte du dossier — presidence de l'INA, audiovisuel public — ne laisse aucune ambiguite.
Dans la commission
Fabrice Lacroix a ete auditionne le M. Fabrice Lacroix en sa qualite de president-directeur general de l'INA (25 interventions relevees). Sa these d'ensemble : l'INA est un service public a la fois peu couteux, efficient et neutre, et il defend son bilan face aux critiques de la Cour des comptes et aux soupçons de biais editorial.
Coup faible / efficience. Il martele le rapport cout/utilite : « l'INA coute 1,50 euro par an a chaque Français, soit 12 centimes d'euro par mois ! » (M. Fabrice Lacroix) et resume son bilan par une formule : « l'INA a produit plus, gagne plus et coute moins » (M. Fabrice Lacroix). Il conteste directement la Cour des comptes sur la masse salariale, jugee « dynamique » par celle-ci : « Comment peut-on qualifier de dynamique une hausse moyenne de la masse salariale de 1,1 % par an [...] quand l'inflation a augmente de 1,8 % par an ? » (M. Fabrice Lacroix). Il rappelle que certaines missions sont obligatoires et non remunerees, tel le depot legal dont « le volume a double entre 2015 et 2022 mais qui ne produit aucun revenu » (M. Fabrice Lacroix).
Neutralite et biais editorial. Interroge par le rapporteur sur d'eventuels biais dans les contenus INA sur les reseaux sociaux, il rejette l'idee d'un biais systematique — les exemples cites seraient des cas isoles au regard de dizaines de milliers de publications — et renvoie la responsabilite a l'actualite plutot qu'a un choix editorial : « Ce n'est pas nous qui etablissons ces liens, mais l'actualite » (M. Fabrice Lacroix). Il met en avant la confiance du public (« 91 % des internautes [...] ont declare avoir confiance ou tres grande confiance dans les contenus media proposes par l'INA sur les reseaux sociaux », M. Fabrice Lacroix) et se dit malgre tout ouvert a un renforcement des garde-fous : « cela justifie sans doute d'ameliorer l'obligation de neutralite, y compris par un encadrement reglementaire » (M. Fabrice Lacroix), assumant le regime derogatoire de l'INA (hors controle Arcom, hors loi Leotard) tout en n'excluant pas de le faire evoluer.
Gouvernance et perimetre. Il revele sans detour son mode d'acces a la presidence : « Cela pourra vous surprendre mais j'ai fait une candidature spontanee » (M. Fabrice Lacroix). Sur l'avenir structurel de l'audiovisuel public, il reclame de la visibilite (« il devient desormais urgent de disposer d'une veritable visibilite sur les perspectives strategiques de l'audiovisuel public », M. Fabrice Lacroix) et se prononce favorablement a l'integration de l'INA dans la holding de l'audiovisuel public — « je suis plutot favorable a ce rapprochement » (M. Fabrice Lacroix) —, a condition qu'un projet editorial commun prime sur une simple fusion de structures. Il est en revanche hostile a une fusion INA-BNF, qui creerait selon lui « une instance gigantesque et ingouvernable » (M. Fabrice Lacroix), tout en restant ouvert aux mutualisations.
Ressources propres. Il defend la tarification de l'acces enrichi aux archives (offre Madelen) par une analogie ferroviaire : « Meme si les contribuables ont paye tres cher pour le reseau ferroviaire, on considere comme legitime que les usagers du train payent leur billet. C'est un peu la meme logique » (M. Fabrice Lacroix). Il plaide enfin pour preserver l'avance prise par l'INA sur l'IA, et resume la mission de l'institut au-dela de la nostalgie : l'INA « n'est pas seulement la "petite madeleine des boomers" [...], mais il est avant tout le media patrimonial de tous les Français » (M. Fabrice Lacroix).
Sources
- Ministere de la Culture — communique de nomination : https://www.culture.gouv.fr/presse/communiques-de-presse/nomination-de-m.-fabrice-lacroix-en-tant-que-president-de-l-institut-national-de-l-audiovisuel-ina
- INA — page officielle « Fabrice Lacroix, President-directeur general » : https://www.ina.fr/actualites-ina/fabrice-lacroix
- INA — Gouvernance : https://www.ina.fr/institut-national-audiovisuel/organisation/gouvernance
- Acteurs Publics : https://acteurspublics.fr/nomination/fabrice-lacroix-nouveau-president-de-linstitut-national-de-laudiovisuel/
- Stratégies : https://www.strategies.fr/actualites/medias/LQ5789032C/fabrice-lacroix-devient-president-de-l-ina.html
- CB News : https://www.cbnews.fr/mouvements/fabrice-lacroix-est-nouveau-president-ina