La part du citoyenAudiovisuel public
FP

Florence Philbert

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Florence Philbert est une haute fonctionnaire francaise, directrice generale des medias et des industries culturelles (DGMIC) au ministere de la Culture depuis sa nomination par decret du president de la Republique le 5 octobre 2022 (sur proposition de la ministre Rima Abdul Malak). Elle y a succede a Jean-Baptiste Gourdin. La DGMIC definit, met en oeuvre et evalue la politique de l'Etat en faveur du developpement et du pluralisme des medias, de la musique, du livre et de la lecture, et de l'economie culturelle ; c'est a ce titre l'administration qui exerce la tutelle de l'Etat sur l'audiovisuel public (France Televisions, Radio France, France Medias Monde, etc.).

Diplomee de l'ENSAE (Ecole nationale de la statistique et de l'administration economique) et ancienne eleve de l'ENA (promotion 2002-2004 « Leopold Sedar Senghor »), elle est conseillere-maitre a la Cour des comptes. Son parcours est majoritairement budgetaire et financier avant de devenir culturel :

Son profil est donc celui d'une administratrice de l'Etat au coeur du financement et de la regulation publics des medias, et non d'une professionnelle des redactions ou d'une elue. Aucune orientation partisane connue ; elle s'exprime devant la commission en position institutionnelle, au nom de la tutelle.

Dans la commission

Auditee (audition de Mme Florence Philbert, 27 interventions). Florence Philbert y represente la DGMIC, c'est-a-dire l'administration exercant la tutelle de l'Etat sur l'audiovisuel public. Sa ligne generale : defendre le perimetre et la maniere d'exercer cette tutelle, et refuser le recit d'une gestion defaillante de France Televisions.

Une tutelle « macro » et non-interventionniste. Elle borne strictement le role de la DGMIC : « Il s'agit donc d'un role essentiellement macro, budgetaire et financier. » L'administration valide budgets et grands marches mais reste a l'ecart de la gestion : « Nous n'avons pas a connaitre la moindre decision de gestion des entreprises. Nous ne pratiquons pas de micro-management : l'entreprise est libre de son administration. » Sur le plan editorial, elle pose une non-ingerence de principe : la tutelle « n'a en revanche aucun droit editorial sur les contenus et les journalistes doivent pouvoir travailler en toute independance du pouvoir politique » ; la DGMIC « s'attache surtout au pluralisme externe », l'impartialite relevant de l'Arcom (mission confiee a Bruno Lasserre) (Mme Florence Philbert).

Defense de la sante financiere de France Televisions. Elle recuse frontalement le terme de faillite : « je ne pense pas que l'on puisse qualifier la situation de France Televisions de "faillite" ou de "quasi-faillite" ». L'absence de contrat d'objectifs et de moyens depuis fin 2023 est imputee au contexte (instabilite gouvernementale, finances publiques) : « Ces ajustements budgetaires successifs et ce contexte complexe expliquent l'impossibilite de stabiliser un contrat d'objectifs et de moyens jusqu'a aujourd'hui. » Salto est presente comme « un echec industriel » et non « une aventure hasardeuse » (Mme Florence Philbert).

Recadrage des comparaisons et des missions. Elle deplace la comparaison du prive vers l'Etat : « Sur dix ans, la masse salariale de France Televisions a augmente de 2,5 %, malgre une reduction des effectifs [...]. Pour comparaison, la masse salariale de l'Etat a enregistre une hausse de 35 % sur la meme periode. » Le budget finance des missions « qui, par definition, ne sont pas rentables, mais qui relevent de missions de service public » — jusqu'au « Tour de France [ou] France Televisions perd de l'argent ». Elle chiffre le cout de l'audiovisuel public a « environ 4 milliards d'euros, soit pres de 4,20 euros mensuels et par habitant », en dessous du Royaume-Uni (6 €) et de l'Allemagne (8,70 €) (Mme Florence Philbert).

Points sensibles assumes. Elle justifie la part variable versee a la presidente de France Televisions au titre de 2024 (« la part variable a donc ete versee a hauteur de 98,5 % [...] le conseil a suivi sa recommandation »), rappelle que le rapport de la Cour des comptes de septembre 2025 est « posterieur a la decision de reconduction de la presidente par l'Arcom, intervenue en mai », et se declare sans information sur l'avenir du projet de holding France Medias. Sur le financement, elle valide la fin de la redevance tout en plaidant pour un cadre pluriannuel respecte : « Une loi de programmation pluriannuelle n'a de portee que si elle est effectivement respectee. » Enfin, elle pointe la captation publicitaire par « les grandes plateformes numeriques, en particulier Google et Meta » (Mme Florence Philbert).

Sources