François de Rugy
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
François de Rugy (de son nom complet François Henri Goullet de Rugy) est un homme politique français né le 6 décembre 1973 à Nantes. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) au milieu des années 1990, il commence son engagement dans l'écologie politique avec Génération écologie, puis rejoint Les Verts en 1997.
Élu conseiller municipal et adjoint au maire de Nantes (2001-2008), il devient député de la 1re circonscription de Loire-Atlantique en 2007 (mandats de 2007 à 2018, puis de 2019 à 2022). Il co-préside le groupe écologiste à l'Assemblée nationale au début des années 2010. En 2015, il quitte Europe Écologie Les Verts et fonde le Parti écologiste ; il se rapproche ensuite de la majorité présidentielle et rejoint La République en marche.
Vice-président de l'Assemblée nationale à partir de 2016, il est élu président de l'Assemblée nationale le 27 juin 2017. Le 4 septembre 2018, il quitte le perchoir pour devenir ministre de la Transition écologique et solidaire, succédant à Nicolas Hulot. Il démissionne du gouvernement le 16 juillet 2019, à la suite de révélations de presse (Mediapart) sur l'usage de fonds publics (travaux dans son appartement de fonction, dîners). Il retrouve alors son siège de député jusqu'en 2022, et siège comme conseiller régional des Pays de la Loire.
Depuis son retrait de la vie politique nationale, il s'est reconverti dans le conseil : fondateur de la société de conseil NaoKern (2022), il a rejoint la banque d'affaires espagnole Alantra, où il intervient sur les questions de transition énergétique. Positionné historiquement à l'écologie de gouvernement puis au centre pro-Macron, il défend une écologie « rationnelle » et pro-nucléaire, en rupture avec l'écologie militante.
Dans la commission
François de Rugy est auditionné (7 interventions, ref M. François de Rugy e.a.) en tant qu'ancien président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de la Transition écologique. Son audition porte sur le traitement de l'écologie et la place de la science dans l'information environnementale sur les antennes publiques (France Télévisions, Radio France).
Sa thèse est double. D'une part, il affirme la légitimité de principe de l'audiovisuel public, à condition qu'il respecte sa mission de neutralité : « C'est pourquoi l'audiovisuel public est utile, nécessaire, et d'autant plus légitime qu'il respecte strictement les principes de neutralité, d'impartialité et de qualité de l'information. » (M. François de Rugy e.a.). D'autre part, il dénonce ce qu'il perçoit comme un biais du service public sur les sujets écologiques et industriels : « j'observe une tendance lourde, parfois obsessionnelle, à dénigrer ce qui est français, et notamment les fleurons nationaux […] dans les domaines de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de l'énergie, de l'industrie ou de l'automobile. » (M. François de Rugy e.a.).
Points saillants de ses positions :
- Militantisme vs journalisme : il reproche à l'audiovisuel public de présenter des militants comme des experts. « Présenter sur des antennes publiques des représentants de Greenpeace comme des experts de l'énergie, par exemple, relève d'une confusion grave. Ce sont des militants, et il faut le dire comme tel. » (M. François de Rugy e.a.).
- Coproduction et ONG : il conteste que les ONG « structurent seules le récit médiatique » — « S'il est normal qu'elles soient interrogées, elles ne doivent ni fournir l'expertise ni structurer seules le récit médiatique. » (M. François de Rugy e.a.).
- Confusion des casquettes : à propos de Hugo Clément et de son média Vakita, il interroge la porosité entre engagement personnel et antenne publique : « je ne sais pas s'il s'exprimait au nom de Vakita ou de France Télévisions. » (M. François de Rugy e.a.).
- Gouvernance et absence de droit de réponse : il fait état d'un droit de réponse resté sans suite (« J'ai demandé un droit de réponse, par téléphone puis par écrit […]. Je n'ai jamais obtenu la moindre réponse. ») et rapporte une justification qui lui aurait été opposée : « Élise Lucet est intouchable car elle est devenue une icône et elle réalise de l'audience. » (M. François de Rugy e.a.).
- Défense personnelle : il écarte tout conflit d'intérêts sur ses prises de position — « Je ne suis pas payé par Microsoft, ni par aucun autre groupe industriel. » (M. François de Rugy e.a.).
Sa ligne se résume à une critique du service public au nom d'une écologie « scientifique » et pro-industrie française, opposée à ce qu'il qualifie de dérive militante et anti-nationale de certaines antennes.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/François_de_Rugy
- https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/la-ve-republique/les-presidents-de-l-assemblee-nationale-depuis-1958/francois-de-rugy
- https://en.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Rugy