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François-Marie Bréon

François-Marie Bréon

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

François-Marie Bréon, né en 1965, est un physicien-climatologue français, spécialiste de l'observation satellitaire du climat (bilan radiatif, cycle du carbone). Ancien élève de l'École normale supérieure (Paris), il soutient en 1989 une thèse à l'université Pierre-et-Marie-Curie sur la télédétection appliquée à la mesure de la température et de l'humidité de l'atmosphère, puis effectue des post-doctorats à l'Institut d'océanographie Scripps (UC San Diego, États-Unis) et au Meteorological Research Institute (Japon).

En 1993, il entre au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), où il effectue toute sa carrière. Il est directeur adjoint du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE, CEA / CNRS / UVSQ, Paris-Saclay) depuis 2014. De 2005 à 2012, il a présidé le Programme national de télédétection spatiale du CNES. Il a contribué (ou participé) à plusieurs missions spatiales d'observation de la Terre (POLDER, PARASOL, CALIPSO, MicroCarb) et signé plus de 160 articles à comité de lecture.

Il a contribué au cinquième rapport du GIEC (chapitre sur les forçages radiatifs naturels et anthropiques, et rédaction du Résumé pour les décideurs). Il a présidé l'Association française pour l'information scientifique (AFIS) d'environ 2020 à 2024, avant d'en devenir porte-parole ; il contribue régulièrement à sa revue Science et pseudo-sciences. En 2024-2025, il a occupé une chaire annuelle invitée au Collège de France, où il a enseigné sur le changement climatique. Il est l'auteur du livre Le réchauffement climatique (HumenSciences, 2020) et lauréat du prix François-Arago (novembre 2024).

Orientation connue et publique : défenseur du consensus scientifique sur l'origine humaine du réchauffement (il a notamment critiqué des thèses climatosceptiques comme celles de François Gervais) et favorable au recours à l'énergie nucléaire dans la lutte contre les émissions. Il distingue systématiquement le constat scientifique (du ressort de la science) des mesures à prendre (du ressort des choix de société).

Dans la commission

Auditionné (M. François de Rugy e.a., 9 interventions). Bréon vient en tant que scientifique et défenseur de l'information scientifique (AFIS) pour parler du traitement du climat, de l'énergie et de la parole d'expert dans l'audiovisuel public.

Sa thèse centrale sépare deux plans. Sur le constat, il affirme un accord scientifique total : « Sur ces points, il existe un consensus total au sein de la communauté des climatologues. Le remettre en cause revient à remettre en cause la science elle-même. » (M. François de Rugy e.a.). Mais il refuse d'en tirer directement des prescriptions : « Le changement climatique d'origine humaine est un fait mais les réponses à y apporter relèvent de choix de société. » (M. François de Rugy e.a.), et « Surtout, le choix des mesures ne relève pas de la science. La science n'est pas prescriptive des choix politiques. » (M. François de Rugy e.a.).

Sur le fond du mandat de la commission (neutralité de l'audiovisuel public), il pointe un traitement qu'il juge déséquilibré du nucléaire : « Le traitement du nucléaire par les médias publics en est un exemple, avec une insistance quasi systématique sur les risques et les déchets, sans quasiment mise en perspective de ses apports pour la France. » (M. François de Rugy e.a.).

Sa préconisation saillante porte sur la distinction des statuts à l'antenne : « À tout le moins, il serait indispensable de distinguer clairement à l'antenne un militant d'un expert scientifique. » (M. François de Rugy e.a.) — ligne cohérente avec son engagement AFIS en faveur de la parole scientifique face au militantisme.

Sources