François Riahi
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
François Riahi (né en 1973) est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise français, actuellement directeur général du groupe audiovisuel Banijay Group NV (l'un des premiers producteurs de contenus au monde) ainsi que du LOV Group de Stéphane Courbit.
Diplômé de Sciences Po et de l'École Centrale Paris, il commence sa carrière comme auditeur à l'Inspection générale des finances (2001-2005), puis rejoint la direction du budget (à Bercy), d'abord comme chargé de mission auprès du directeur du budget puis comme chef du bureau de la politique budgétaire (2005-2007). En 2007, il est nommé conseiller pour la réforme des institutions de l'État et des finances publiques auprès de la présidence de la République. C'est ce parcours qu'il évoque dans son audition (« Mon passé à la direction du budget… »).
Il rejoint ensuite le groupe bancaire BPCE / Natixis, où il occupe diverses fonctions sur une dizaine d'années, notamment co-responsable de la banque de financement et d'investissement (basé un temps à Hong Kong). Il est nommé directeur général de Natixis en juin 2018 et préside par ailleurs le conseil d'administration de Coface. Il quitte la direction de Natixis en août 2020, à la suite de désaccords stratégiques avec le groupe BPCE ; il est remplacé par Nicolas Namias.
En décembre 2020, il rejoint Financière Lov (holding de Stéphane Courbit) comme directeur général, puis prend la direction générale de Banijay Group après la cotation en bourse du groupe (2022). Son profil est donc atypique dans le secteur : un financier et ancien haut fonctionnaire du budget devenu dirigeant d'un géant de la production audiovisuelle.
Homonymes écartés : le François Riahi audité est bien le DG de Banijay / ex-Natixis / ex-direction du budget, ce que confirme mot pour mot le corpus (« Mon passé à la direction du budget »).
Dans la commission
François Riahi est auditionné (M. Stéphane Courbit) en sa qualité de directeur général de Banijay Group, l'un des principaux fournisseurs de programmes de France Télévisions. Sa ligne de défense tient en un point : relativiser la dépendance réciproque entre Banijay et le service public et défendre le modèle de production externe.
- Poids de France Télévisions minimisé. Il soutient que « le chiffre d'affaires que nous réalisons avec France Télévisions représente environ 1 % de notre chiffre d'affaires global. Ce n'est pas notre premier client en France. » (M. Stéphane Courbit). Sur les 11 % des achats de programmes de France Télévisions réalisés avec Banijay évoqués par la commission, il rétorque : « Pour nous, c'est en réalité presque décevant. » (M. Stéphane Courbit).
- Neutralité et missions. Il écarte tout enjeu éditorial en affirmant qu'« aucune des émissions que nous produisons pour France Télévisions n'est à caractère journalistique ou d'opinion. » (M. Stéphane Courbit).
- Transparence des coûts et des marges. Face aux interrogations sur les marges des producteurs, il met en avant des audits systématiques : « nos productions sont soumises à des audits de coûts systématiques qui […] n'ont jamais fait l'objet de la moindre contestation. La transparence est totale. » (M. Stéphane Courbit).
- Défense de la production externalisée. Il justifie le recours au privé par un argument de marché : « Il se trouve qu'aucune chaîne de télévision dans le monde n'a internalisé sa production. L'explication, c'est que la concurrence fonctionne. » (M. Stéphane Courbit).
- Mise en garde sur les conflits d'intérêts. Sur d'éventuelles nouvelles règles encadrant les allers-retours de dirigeants, il alerte : « si vous adoptez de nouvelles règles qui font que les gens qui ont déjà travaillé dans ce secteur ne peuvent plus travailler à France Télévisions ou ailleurs […] il n'y aura plus à France Télévisions que des gens qui n'ont pas de compétence dans ce secteur. » (M. Stéphane Courbit).
- Financement : réserves sur la fin de la publicité. Mobilisant son passé de budgétaire, il juge que « la suppression totale de la publicité conduirait à l'augmentation du coût de l'audiovisuel pour les finances publiques » (M. Stéphane Courbit) et rappelle qu'il y était « plutôt opposé […] car, par définition, cela devenait plus cher pour l'État » (M. Stéphane Courbit).
En synthèse, Riahi tient un discours de dirigeant d'un groupe puissant qui cherche à désamorcer le soupçon de dépendance et de captation de la ressource publique, en s'appuyant sur des arguments chiffrés, de marché et de finances publiques.
Sources
- https://group.banijay.com/who-we-are/
- https://www.bloomberg.com/profile/person/16657206
- https://www.marketscreener.com/business-leaders/Francois-Riahi-6670/biography
- https://newsroom.groupebpce.fr/actualites/evolution-de-la-gouvernance-de-natixis-ca54-7b707.html
- https://fr.investing.com/news/stock-market-news/natixis-dans-le-rouge-au-t2-le-dg-riahi-quitte-ses-fonctions-1967909
- https://www.pappers.fr/dirigeant/francois_riahi_1973-04
- https://www.linkedin.com/in/fran%C3%A7ois-riahi-88888937/