Françoise Benhamou
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Françoise Benhamou, née le 12 novembre 1952 à Oujda (Maroc), est une économiste française, spécialiste reconnue de l'économie de la culture, des médias et du numérique.
Agrégée de sciences économiques et sociales (1979), elle est docteure de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne (thèse soutenue en 1985, sous la direction de Xavier Greffe) et agrégée de l'enseignement supérieur en sciences économiques (2001, reçue 2e). Elle a été maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre, professeure à l'université de Rouen, puis professeure (aujourd'hui professeure émérite) à l'université Sorbonne Paris Nord (Paris 13). Elle a également enseigné à Sciences Po (Lille, puis Paris), à l'École normale supérieure et à l'INA.
Côté fonctions institutionnelles, elle a été conseillère technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang (1991-1993), membre du collège de l'Arcep (régulateur des télécoms, 2012-2018), présidente de l'Association for Cultural Economics International (2010-2012) et membre du conseil d'administration du musée du Louvre (2011-2017). Elle est membre du Cercle des économistes (élue en 2009). Elle préside le comité d'éthique de Radio France — formellement le comité relatif à l'honnêteté, à l'indépendance et au pluralisme de l'information et des programmes, dit « Chipip » —, fonction pour laquelle elle a été élue par les membres du comité le 23 octobre 2018. Ce comité, créé en application de la loi du 14 novembre 2016 renforçant la liberté et le pluralisme des médias, est une instance de cinq membres. Elle a par ailleurs présidé le conseil d'études du Centre national du livre (CNL) et le comité consultatif des programmes d'Arte.
Auteure de nombreux ouvrages et rapports, notamment L'Économie de la culture (coll. « Repères », La Découverte), elle est chevalière de la Légion d'honneur (2008) et commandeure des Arts et des Lettres (2018).
C'est à ce titre de présidente du comité d'éthique de Radio France qu'elle est auditionnée par la commission — identité confirmée par les sources (économiste de la culture et des médias, fonction déclarée cohérente avec le dossier ; homonymes écartés).
Dans la commission
Auditionnée (Mme Emmanuelle Daviet, 39 interventions comptabilisées), Françoise Benhamou décrit la nature et les limites du comité d'éthique qu'elle préside, et défend une conception exigeante de l'indépendance et du pluralisme.
- Un comité aux pouvoirs volontairement limités. Elle situe d'emblée le rôle du « Chipip » : « Le Chipip n'est pas une instance de sanction. Il n'est pas non plus une instance de décision. Nous ne sommes ni un juge ni un régulateur externe doté de moyens. » (Mme Emmanuelle Daviet). Elle ne réclame d'ailleurs pas de renforcement : « Il ne faut pas nécessairement augmenter les moyens du comité. » (Mme Emmanuelle Daviet).
- Le pluralisme, une question de perception autant que de mesure. Sur le temps de parole, elle rapporte des saisines contradictoires : « nous recevons des saisines motivées par le fait que le RN serait, au contraire, surreprésenté sur les antennes. C'est probablement faux, mais c'est ce que ressentent certains auditeurs. » (Mme Emmanuelle Daviet). Elle signale l'outillage mis en place : « Radio France a lancé un travail considérable, avec l'intelligence artificielle notamment, pour repérer toutes les invitations et essayer de les catégoriser. » (Mme Emmanuelle Daviet).
- L'indépendance des comités d'éthique. Elle propose de faire évoluer le mode de nomination : « pour l'ensemble des comités d'éthique, il serait peut-être plus judicieux que les membres soient nommés par l'Arcom. » (Mme Emmanuelle Daviet). Et pose l'exigence déontologique comme condition d'entrée : « Une muraille hermétique entre les opinions que l'on peut avoir, les textes que l'on peut produire et les avis que l'on peut donner, c'est la condition même pour accepter d'entrer dans un comité d'éthique. C'est cela, l'éthique. » (Mme Emmanuelle Daviet).
- Choix des invités et non-censure. Interrogée sur le contrôle des programmes, elle mobilise un précédent européen : « le comité consultatif des programmes d'Arte, qui est franco-allemand, ne s'intéresse aux émissions qu'après qu'elles ont été programmées à l'antenne. C'est un héritage de l'histoire allemande, de la période du nazisme – un comité extérieur ne saurait censurer des programmes. » (Mme Emmanuelle Daviet).
- Vie privée et réseaux sociaux des journalistes. Elle trace deux lignes de démarcation. Sur les captations : « Les conversations privées doivent rester privées. Les déclarations publiques sont publiques. » (Mme Emmanuelle Daviet). Sur l'usage des réseaux sociaux : « Notre recommandation était que la distinction soit la plus claire possible et que, lorsqu'un journaliste ou un humoriste utilise le logo de Radio France, il le fasse selon la déontologie journalistique. » (Mme Emmanuelle Daviet).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Benhamou
- https://www.radiofrance.com/les-membres-du-comite-ethique
- https://lecercledeseconomistes.fr/presentation/membres-et-auteurs/membres/francois-benhamou/
- https://www.editionsladecouverte.fr/l_economie_de_la_culture-9782707197047