Hugo Clément
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Hugo Clément est un journaliste, présentateur et producteur français né le 7 octobre 1989 à Strasbourg. Il grandit dans la banlieue toulousaine, de parents enseignants à l'université. Après une classe préparatoire, il étudie à Sciences Po Toulouse (à partir de 2008) puis à l'École supérieure de journalisme de Lille, dont il sort diplômé en 2012, ayant obtenu la bourse Jean-d'Arcy.
Son parcours professionnel se déroule ensuite entre télévision d'information et médias digitaux :
- France 2 (2012-2015) : reporter pour les journaux télévisés, il couvre notamment les attentats de Charlie Hebdo et le séisme au Népal.
- Le Petit Journal, sur Canal+ (2015-2016), puis Quotidien, sur TMC (2016-2017) : il rejoint les équipes de Yann Barthès pour l'actualité politique et internationale.
- Konbini (2017-2019) : il y développe le reportage politique et surtout environnemental.
- France Télévisions (depuis 2019) : il crée et présente le magazine documentaire écologique Sur le front, diffusé sur France 2 puis France 5, décliné en formats numériques.
En parallèle de son activité de journaliste, il fonde en 2019, avec Régis Lamanna-Rodat, la société de production Winter Productions, qui produit notamment Sur le front et le talk-show Quelle époque ! (France 2). Il lance ensuite (fin 2022) Vakita, un média numérique indépendant d'investigation et d'action consacré aux enjeux environnementaux et sociaux, dont le tour de table associe selon la presse le groupe Artémis (famille Pinault) et Mediawan.
Journaliste ouvertement engagé sur les questions écologiques et de cause animale, Hugo Clément est l'auteur de plusieurs ouvrages à succès : Comment j'ai arrêté de manger les animaux (2019), Journal de guerre écologique (2020) et Les lapins ne mangent pas de carottes (2022). Il est l'un des journalistes français les plus suivis sur les réseaux sociaux.
Dans la commission
Hugo Clément est auditionné le même jour que Samuel Étienne (M. Hugo Clément) : le dossier corpus mêle donc leurs prises de parole, et seuls les propos qui lui sont explicitement attribués sont retenus ici. Le fil de son audition tourne autour d'un même axe : la compatibilité entre son engagement personnel affiché et son travail pour le service public, ainsi que sur les moyens et le statut de sa société de production.
Sa thèse. Il revendique un journalisme d'enquête engagé mais rigoureux, et refuse la « neutralité » entendue comme équilibre arithmétique. Sur les sujets à consensus scientifique, il assume : « À mon sens, l'impartialité ne consiste pas à accorder cinq minutes aux climatosceptiques et cinq minutes aux scientifiques. » Il défend la solidité de sa méthode — enquêtes longues, sourcées, visionnées par des experts avant diffusion (« à l'instar des scientifiques, nous soumettons ensuite nos émissions à des experts avant leur diffusion »), le contradictoire étant selon lui « toujours respecté ». Il rappelle n'avoir jamais perdu un procès : « nous avons eu quelques procès en diffamation, mais nous n'en avons jamais perdu un seul sur le fond, car toutes nos enquêtes sont rigoureusement sourcées ! »
Militantisme et service public. Il assume prendre position en citoyen, y compris sur ses réseaux, et rejette la distinction entre compte privé et compte public : « je ne crois plus que quiconque adhère encore à l'idée d'une dissociation entre un compte privé et un compte public : les gens ne sont pas dupes, nous sommes une seule et même personne. » Il refuse la « course à la pureté » (« Cette forme de course à la pureté ne correspond pas à ma démarche ») et revendique sa liberté : « Je suis libre, je dis ce que je veux, que cela plaise ou non ». Il note être attaqué de tous bords (« je suis tour à tour qualifié de "facho" ou de "bobo" ») et plaide pour le débat contre « la violence, au lynchage et au déchaînement de violences politiques ».
Statut et argent public. Sur son statut de producteur-entrepreneur non salarié, il soutient que l'indépendance financière renforce l'impartialité plutôt qu'elle ne l'altère (ne pas dépendre d'un client unique). Il justifie les frais de production de Sur le front par la logistique d'enquête, avec une pointe d'ironie sur les déplacements : « il n'est pas possible de se rendre au Ghana à vélo, ni en Amazonie [...] à la voile, ni au Bangladesh [...] à la rame », se disant audité « en toute transparence ». Interrogé sur la concentration et l'actionnariat des sociétés de production, il se montre prudent et refuse de commenter ses concurrents : « Je ne ferai aucun commentaire, monsieur le rapporteur, sur la stratégie ou les choix opérés par mes concurrents », rappelant rester majoritaire dans Vakita et que Winter Productions est « 100 % française ».
Face au président, il résume l'esprit de sa défense : « Bienvenue dans le monde merveilleux de l'investigation, monsieur le président ! Quand vous faites de l'investigation, vous faites des mécontents. »
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugo_Clément
- https://en.wikipedia.org/wiki/Hugo_Clément
- https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/nos-visages/hugo-clement-1450
- https://www.vakita.fr/fr/director/hugo-clement
- https://www.europe1.fr/medias-tele/dapres-linforme-la-societe-dhugo-clement-a-touche-le-jackpot-grace-a-laudiovisuel-public-930248