Laurence Bloch
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Laurence Bloch, nee le 30 aout 1952 a Boulogne-Billancourt, est une journaliste et dirigeante de la radio publique francaise. Apres des etudes secondaires a l'Institution Sainte-Claire de Lille, elle etudie l'anglais a l'universite Lille-III et le droit a Paris II-Pantheon-Assas, avant d'etre diplomee de Sciences Po Paris (promotion 1975).
Elle fait ses debuts a Radio France en 1978 (stage a France Inter), puis devient journaliste a France Culture et correspondante en Afrique australe pour Radio France internationale (RFI) et le quotidien La Croix. A partir de 1987, elle produit l'emission Le Pays d'ici, et est nommee directrice adjointe de France Culture en 1989. Elle rejoint France Inter en 2010.
En mai 2014, le PDG de Radio France Mathieu Gallet la nomme directrice de France Inter, en remplacement de Philippe Val ; elle occupe ce poste jusqu'en aout 2022, periode durant laquelle France Inter devient la premiere radio de France en audience. Elle devient ensuite directrice des antennes et de la strategie editoriale de Radio France, fonction qu'elle quitte le 1er juillet 2024, apres une cinquantaine d'annees passees dans le groupe.
En mars 2025, la ministre de la Culture Rachida Dati la charge d'une mission sur la reforme de l'audiovisuel public. Son rapport, rendu public en juin 2025, sert de base au projet de holding France Medias (regroupant notamment Radio France et France Televisions comme filiales) defendu au Parlement. Ce rapport lui a valu de vives critiques des syndicats de l'audiovisuel public, dont le SNJ de Radio France qui y a vu une trahison de l'ancienne patronne de France Inter. Elle est officier de l'ordre des Arts et des Lettres (commandeur, 2016) et chevalier de l'ordre national du Merite (2012), et a publie Radioactive (Stock, 2025).
Dans la commission
Auditionnee le 5 fevrier 2026 (Mme Laurence Bloch), Laurence Bloch livre une defense passionnee du service public, tout en assumant sa conversion en faveur de la reforme.
Missions du service public. Sa these centrale : l'audiovisuel public remplit des missions d'information et de cohesion que le prive ne peut assumer. Interrogee sur son utilite, elle repond « oui, mille fois oui, a condition qu'on lui fasse confiance et qu'on l'accompagne de facon sincere et determinee dans les transformations que le monde lui impose ». Elle souligne que « aucune chaine privee ne pourra aligner les moyens que la puissance publique peut offrir pour une couverture nationale et internationale solide [...] ni pour une mobilisation massive dans la lutte contre les fausses informations », et deplore « le combat mene de facon obsessionnelle et injuste par quelques-uns, qui n'esperent que sa disparition ».
Neutralite et pluralisme. Elle recuse le terme meme de neutralite : « Si le terme de "neutralite" n'est pas celui figurant dans les textes, la question du pluralisme est etroitement surveillee par l'Arcom [...]. Elle n'a effectue aucune mise en demeure a l'egard de l'audiovisuel public, en particulier de France Inter, depuis des annees. » Sur l'accusation de « progressisme » de France Inter, elle retorque : « Je n'ai pas sorti le mot "progressisme" de mon chapeau, mais du cahier des charges », et rappelle que « les chaines de l'audiovisuel public ne sont pas responsables du vote de leurs auditeurs ou de leurs telespectateurs ».
Humour et deontologie. Elle defend l'humour politique et son cadre : « La limite, c'est l'Arcom qui la donne, et c'est la loi – personne d'autre. Si vous voulez changer la loi, c'est a vous, parlementaires, d'en decider. » Elle assume aussi une conception exigeante de la deontologie : le directeur de l'information doit garder « le final cut [...] pour proteger l'information, les journalistes et l'antenne », et le « scrupule » est pour elle un « principe majeur ». Elle justifie le licenciement de Guillaume Meurice par un « defaut de loyaute a l'egard des auditeurs ». Sur l'interview de l'ambassadeur d'Iran, elle refuse l'accusation de propagande : « Le boulot d'un journaliste, c'est d'interroger, c'est de poser des questions. Celui de la justice est de juger. »
Reforme et numerique. Auteure du rapport sur la holding, elle assume avoir change d'avis : « Si l'audiovisuel public n'arrive pas a exporter puissamment ses formats sur les reseaux sociaux et sur les plateformes, il n'existera plus dans cinq a huit ans. C'est la raison pour laquelle j'ai change d'avis, comme je l'ai dit dans mon rapport. » Elle renvoie toutefois la responsabilite politique aux parlementaires : « Toutes les conditions sont-elles reunies pour que cette reforme [...] soit realisee pour le mieux [...] et pas pour abattre l'audiovisuel public ? C'est a vous, parlementaires, de le savoir. »
Salaires et pressions. Elle relativise les remunerations « exorbitantes », rappelant que « les jeunes femmes qui passent douze heures par jour a booker les invites [...] sont payees 3 000 euros brut, et elles vivent en region parisienne ». Enfin, elle evoque avoir « porte plainte pour espionnage audiovisuel et pour atteinte a la vie privee », une enquete preliminaire etant ouverte, et reserve sa parole a la justice.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurence_Bloch
- https://www.radiofrance.com/laurence-bloch
- https://www.culture.gouv.fr/Divers/8mars-Elles-font-la-culture/Laurence-Bloch-directrice-de-France-Inter-La-parite-a-l-antenne-a-ete-l-un-des-marqueurs-les-plus-signifiants-de-France-Inter
- https://www.ozap.com/actu/laurence-bloch-nous-trahit-le-snj-de-radio-france-fustige-le-rapport-de-lex-patronne-de-france-inter-sur-lequel-sappuie-le-projet-de-holding-de-rachida-dati/650417
- https://www.franceinfo.fr/economie/medias/france-televisions/audiovisuel-public-l-ancienne-directrice-des-antennes-de-radio-france-laurence-bloch-denonce-la-lachete-des-politiques-intellectuels-et-du-monde-culturel-face-aux-attaques-visant-le-service-public_7566133.html