La part du citoyenAudiovisuel public
LF

Laurence Franceschini

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Laurence Franceschini est une haute fonctionnaire francaise specialiste du droit

de la communication et de la regulation de l'audiovisuel. Parisienne, diplomee de

l'Institut d'etudes politiques de Paris, elle est ancienne eleve de l'Ecole

nationale d'administration (promotion « Henri-Francois d'Aguesseau », 1980-1982).

Elle debute au ministere des Finances, puis effectue une mobilite comme

administratrice civile au Conseil d'Etat. Elle rejoint ensuite le Conseil superieur

de l'audiovisuel (CSA, aujourd'hui Arcom), ou elle exerce comme directrice des

affaires juridiques. Elle poursuit aux services du Premier ministre (Direction du

developpement des medias) et au cabinet du ministre de la Culture et de la

Communication (directrice adjointe, 2004-2007), avant de devenir directrice du

developpement des medias en 2007, puis directrice generale des medias et des

industries culturelles (DGMIC) au ministere de la Culture a partir de 2010 — une

direction couvrant le livre, l'audiovisuel, la presse ecrite et la musique.

Elle est nommee conseillere d'Etat en 2015. Elle cumule depuis plusieurs mandats de

regulation et de mediation : mediatrice du cinema, presidente de la Commission

paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), presidente du conseil

d'administration de l'Institut national d'histoire de l'art (depuis 2016), et membre

du college de la CNIL (depuis fevrier 2024). Elle a egalement siege au conseil

d'administration de France Medias Monde. Fin 2025, l'ARPP l'a designee Reviseure de

la Deontologie Publicitaire (prise de fonction debut 2026). Elle est l'autrice de

plusieurs ouvrages de droit de la communication (dont Droit de la communication).

Son profil est donc celui d'une juriste de haut niveau, longtemps au coeur de la

regulation publique des medias (CSA, DGMIC, Conseil d'Etat) plutot que d'une figure

politiquement engagee ; ses prises de position dans la commission relevent de

l'expertise juridique.

Dans la commission

Auditionnee le 4 decembre 2025 (Mme Laurence Franceschini) au sein d'une table ronde de juristes et

universitaires, Laurence Franceschini y intervient en experte du droit de

l'audiovisuel. Sa these centrale : la loi ne consacre pas la « neutralite » mais

l'« impartialite », et vouloir imposer une neutralite absolue aux medias serait

inadapte.

a rappeler de facon liminaire que le principe premier dans ce domaine est celui de

la liberte d'expression » (Mme Laurence Franceschini).

« L'article 3-1 de la loi dispose que l'Arcom assure l'egalite de traitement et

garantit l'independance et l'impartialite du secteur public. Pour autant, la loi ne

definit pas ce que l'on entend par impartialite » (Mme Laurence Franceschini). Elle rappelle que le

president de l'Arcom « s'est simplement fonde sur les mots utilises dans la loi du

30 septembre 1986 [...] elle ne contenait pas "neutralite", mais bien

"impartialite" » (Mme Laurence Franceschini), et que pousser le raisonnement de la neutralite totale

reviendrait a « n'organiser pas de debat du tout » (Mme Laurence Franceschini).

au respect du pluralisme interne, apprecie « en equite » selon un faisceau de

criteres et non par translation des scores electoraux : « les editeurs, prives

comme publics, veillent a assurer aux partis et groupements politiques un temps

d'intervention equitable au regard de leur representativite » (Mme Laurence Franceschini).

« il n'est pas question de fichage ; ce qui compte, c'est la nature du propos et la

maniere dont le public est eclaire » (Mme Laurence Franceschini).

morale qui est responsable » (Mme Laurence Franceschini).

« je ne suis pas certain qu'un grand soir legislatif ou une modification soit

necessaire » (Mme Laurence Franceschini), en faveur d'une loi « plastique » laissant vivre la

jurisprudence.

volontaire de labellisation — portant sur la demarche et non le contenu — comme

boussole pour le public a l'ere de l'information produite par l'IA, resumant :

« La liberte, ce n'est ni l'anarchie, ni la jungle » (Mme Laurence Franceschini).

Sa ligne rejoint celle des juristes Lecuyer et Trouillard (impartialite plutot que

neutralite, pluralisme interne, prudence reformatrice), face au juriste Dimeglio,

isole, qui defend a l'inverse une obligation de neutralite du service public et une

intervention plus precise du legislateur.

Sources