Laurent Delahousse
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Laurent Delahousse est un journaliste, présentateur et réalisateur de documentaires français, né le 30 août 1969 à Croix (Nord). Titulaire d'une maîtrise de droit des affaires et de droit du travail (université Panthéon-Assas) et d'un DEA de droit privé, il débute en 1994 au service politique de RTL, puis rejoint LCI (1996-1998) au sein des services politique et international.
En janvier 1999, il intègre M6 comme rédacteur en chef et présentateur, poste qu'il occupe jusqu'en 2006, avec un passage par Europe 1 en 2006. Il rejoint France 2 en octobre 2006. Il y est devenu une figure de la chaîne, présentateur des journaux de 20 heures du week-end et de magazines d'information (13 h 15 le samedi/dimanche, formats d'entretien et de reportage), ainsi que de la série documentaire à succès Un jour, un destin (à partir de 2007). Au moment de l'audition (2026), il totalise dix-neuf années d'ancienneté à France Télévisions, où il se présente comme salarié et non dirigeant.
Sur le plan de la production, il a fondé en 2008 la société Magneto Presse, mise en liquidation au printemps 2024. Il est ensuite associé au lancement de Native Production (documentaires, reportages, fiction, podcasts), dont l'un des premiers projets est la série Ainsi va le monde (France 5, 2025). Devant la commission, il précise qu'il n'est ni actionnaire ni gérant de Native Production, mais y intervient comme producteur exécutif. Sa rémunération à France Télévisions a fait l'objet d'échanges lors de l'audition : il en a confirmé la transmission à la commission et le contrôle par le contrôleur d'État, mais a refusé de la rendre publique (des estimations de presse ont circulé, non confirmées officiellement).
Dans la commission
Auditionné (M. Laurent Delahousse, 31 interventions), Delahousse dépose comme salarié « un peu plus visible que la moyenne » et non comme dirigeant : « Je tenterai de répondre à vos questions, non pas en tant que dirigeant, ce qui n'est pas ma fonction, mais en tant que salarié » (M. Laurent Delahousse). Sa ligne de défense s'articule autour de trois axes.
L'impartialité comme socle du service public. Il fait de la neutralité la vocation même du JT de France 2 : « La vocation du service public, le socle de la rédaction de France Télévisions, donc du journal de 20 heures, c'est l'impartialité » (M. Laurent Delahousse), et met en avant la confiance du public — « Notre taux de confiance auprès des Français est de 73 %, soit 17 points de plus que nos concurrents » (M. Laurent Delahousse). Il assume une identité éditoriale distincte du privé : « Nous n'avons pas les mêmes obligations et l'audience n'est peut-être pas la priorité essentielle » (M. Laurent Delahousse). Il défend le journalisme comme cible légitime de la critique mais alerte contre sa transformation en « bouc émissaire » (M. Laurent Delahousse), et se méfie de tout encadrement : « Le mot "encadrement" me fait parfois un petit peu peur quand il concerne la liberté de la presse » (M. Laurent Delahousse).
Réfutation des conflits d'intérêts. Interrogé sur ses activités de production, il nie tout mélange des genres : « Native Production [...] n'est pas ma société : je n'en suis pas actionnaire, je n'en suis pas gérant et je ne participe à la moindre décision d'investissement », se présentant comme « producteur exécutif » (M. Laurent Delahousse). Sur la rémunération, il affirme « Il n'y a donc aucun cumul de rémunérations pour un même programme » et rappelle le contrôle régulier du contrôleur d'État (M. Laurent Delahousse), tout en refusant de communiquer le montant.
Défense de la rédaction contre les accusations de pression et de toxicité. Il oppose son expérience personnelle aux mises en cause : « durant ces dix-neuf années, je n'ai jamais reçu la moindre pression de ma direction ou de mes supérieurs hiérarchiques. Jamais, jamais ! » (M. Laurent Delahousse), et « Je n'ai jamais été témoin de ce type de [...] toxicité » dans les conférences de rédaction (M. Laurent Delahousse). Sur son style d'interview jugé complaisant, il revendique l'écoute plutôt que la complaisance : « je ne suis jamais complaisant, je ne fais aucune concession » (M. Laurent Delahousse). Il esquive enfin l'expression de ses opinions personnelles, les renvoyant à une future « autobiographie » (M. Laurent Delahousse), et évoque un traitement plus digital de la politique (podcasts) pour la prochaine présidentielle.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Delahousse
- https://en.wikipedia.org/wiki/Laurent_Delahousse
- https://lettreaudiovisuel.com/laurent-delahousse-a-la-tete-dune-nouvelle-societe-de-production/
- https://www.pappers.fr/dirigeant/laurent_delahousse_1969-08