La part du citoyenAudiovisuel public
LT

Lionel Thompson

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Lionel Thompson est journaliste à Radio France, où il exerce à France Inter (grand reporter radio, contributeur notamment de l'émission « L'esprit d'initiative »). Il est surtout connu, dans le champ de l'audiovisuel public, pour son engagement syndical : il est représentant et délégué du SNJ-CGT (Syndicat national des journalistes CGT) à Radio France, à ce titre l'une des voix syndicales régulièrement sollicitées lors des mouvements sociaux de l'entreprise.

Il s'est notamment exprimé publiquement lors de la grève de juin 2019 à Radio France, en réaction au plan stratégique « Radio France 2022 » de Sibyle Veil et à ses 60 millions d'euros d'économies (entretien à Acrimed, 22 juillet 2019). Il porte, au nom de la CGT, une position constante sur le financement de l'audiovisuel public : après la suppression de la redevance, il critique le remplacement par une fraction de TVA — jugée « injuste » et pesant sur les ménages les plus modestes — et défend un financement affecté, universel, « à l'allemande », progressif et pérenne, au service du pluralisme et de l'indépendance des rédactions (débat avec Roger Karoutchi, La Vie ouvrière / NVO).

Note : plusieurs sources syndicales le présentent aussi comme représentant CGT au conseil d'administration de Radio France ; cette fonction précise n'a pas pu être confirmée par une source primaire de référence et est donc mentionnée sous réserve.

Dans la commission

Auditionné (audition M. Lionel Thompson) en qualité de représentant de la CGT pour Radio France, Lionel Thompson défend une ligne syndicale offensive et argumentée. Ses interventions (15 au total dans cette audition) articulent quatre axes.

Sur la neutralité et le pluralisme. Il conteste le cadre même de « neutralité » posé par la commission : « à la notion de neutralité, nous préférons celle de pluralisme » (M. Lionel Thompson). Il soutient que Radio France respecte scrupuleusement les temps de parole et est « dans les clous » de la régulation : « nous sommes dans les clous, à peu de chose près ; l'Arcom ne nous a jamais fait plus que des remarques » (M. Lionel Thompson).

Sur le financement. Il fait du mode de financement le vrai problème : « le financement actuel, par une fraction de TVA, nous expose à des coupes incessantes […] il faut un financement spécifique, dédié, progressif et dynamique » (M. Lionel Thompson). Il retourne l'argument du coût : « Ce qui coûterait véritablement cher aux citoyens, ce serait de casser définitivement l'audiovisuel public » et, formule choc, « si vous trouvez que l'information et la culture coûtent cher, essayez l'ignorance ! » (M. Lionel Thompson).

Sur la gouvernance et la déontologie. Il rejette l'idée d'une cogestion syndicale des nominations — « c'est nous prêter bien du pouvoir que de penser que nous pouvons cogérer et avoir une influence sur la nomination des directeurs ! » (M. Lionel Thompson) — tout en pointant le cumul de fonctions public/privé : « on ne peut pas être un pied dans le service public et un pied dans le privé avec des incarnations aussi fortes » (M. Lionel Thompson). Sur l'affaire des collaborations, il distingue le cas Achilli (règle enfreinte) du cas Legrand, qu'il refuse de traiter « sur la base d'un document volé, alors que le contradictoire n'a pas été assuré » (M. Lionel Thompson).

Sur la holding, le social et les attaques. Il s'oppose fermement à une holding radio-télé, la radio y étant, dit-il, systématiquement perdante (M. Lionel Thompson). Sur le volet social, il défend le cadre de travail et l'ancrage populaire de l'entreprise — « Je suis fils de cuisinier, je vis en Seine-Saint-Denis […] » (M. Lionel Thompson) — et dénonce des « attaques de l'extrême droite et des médias Bolloré » (M. Lionel Thompson) ayant conduit, sous pression, à des décisions éditoriales comme le licenciement de Guillaume Meurice. Il fixe enfin la limite du « cordon sanitaire » aux seuls contenus prohibés : « ne pas diffuser à l'antenne des discours racistes, sexistes, homophobes ou niant des vérités scientifiques » (M. Lionel Thompson).

Sources