La part du citoyenAudiovisuel public
Maxime Saada

Maxime Saada

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Maxime Saada, ne le 9 juin 1970 a Paris, est un dirigeant francais de l'industrie des medias, president du directoire du groupe Canal+.

Diplome de l'Institut d'etudes politiques de Paris (Sciences Po, 1992), il obtient un MBA de HEC Paris (1994). Il commence sa carriere a la Delegation a l'amenagement du territoire et a l'action regionale (DATAR) aux Etats-Unis, ou il travaille a attirer des investissements d'entreprises americaines en France (1994-1998), puis rejoint le cabinet de conseil McKinsey & Company (a partir de 1999), notamment sur les secteurs des telecoms et de la distribution.

Il entre au groupe Canal+ en 2004 comme vice-president executif charge de la strategie, et participe a la fusion entre Canal+ et TPS. Il y occupe ensuite plusieurs fonctions (marketing, distribution de la television payante, direction de CanalSat). En janvier 2011, il est nomme directeur executif du groupe pour la distribution de la television payante en France, puis directeur executif de Canal+ Pay TV France en avril 2013. En juillet 2015, dans le contexte de la reprise en main du groupe par Vincent Bollore, il est nomme directeur general du groupe Canal+, succedant a Rodolphe Belmer. Il devient president du directoire de Canal+ en avril 2018.

Il preside egalement Studiocanal, Dailymotion (dont il est nomme president-directeur general en janvier 2016) et la salle de spectacle L'Olympia (depuis mai 2023), et il est vice-president du groupe Lagardere. En octobre 2023, il recoit le Variety Vanguard Award. Le groupe Canal+, qui edite notamment la chaine d'information en continu CNews, est controle par le groupe Vivendi / Bollore ; Maxime Saada est l'un des principaux dirigeants operationnels de cette galaxie mediatique.

Dans la commission

Audite le 1er avril 2026 dans le cadre d'une table ronde reunissant les dirigeants des chaines de television privees (M. Rodolphe Belmer, 13 interventions).

Sa these : l'audiovisuel public a sa legitimite, mais doit etre soumis aux memes exigences de rigueur que le prive. Il defend l'idee que « l'existence d'un audiovisuel public solide, dote d'une visibilite sur son budget, est essentielle au maintien d'un tissu creatif francais divers et vivant » (M. Rodolphe Belmer), tout en affirmant qu'« un tel secteur public n'a rien d'incompatible avec les exigences legitimes que tous les Francais sont en droit de porter [...] : maitrise des couts, rigueur budgetaire et neutralite » (M. Rodolphe Belmer). Il oppose la gestion du prive a celle du public par une formule ramassee : « Canal+ n'emploie pas un seul chauffeur » (M. Rodolphe Belmer).

Sur la concurrence et la concentration, il presente France Televisions comme un poids lourd du marche : « Un seul acteur semble aujourd'hui susceptible de concurrencer un tel groupe : France Televisions » (M. Rodolphe Belmer). Il denonce la disparition de valeur publicitaire liee au retrait de chaines de la TNT : « C8 et NRJ 12 ont disparu alors qu'elles generaient 130 millions d'euros de chiffre d'affaires [...]. Ces 130 millions d'euros ont tout simplement disparu de la circulation » (M. Rodolphe Belmer).

Il assume la ligne editoriale du groupe et defend CNews sur le terrain du pluralisme : « CNews s'est positionnee sur le debat d'opinions, laissant s'exprimer a son antenne une parole plus libre qu'ailleurs » (M. Rodolphe Belmer). Il conteste les critiques adressees a la chaine et le retrait de C8 de la TNT, mettant en cause la methode des acteurs concernes : « La methodologie utilisee par RSF a ete desavouee par l'ARCOM. La repartition du temps de parole a ete parfaitement respectee au long des elections municipales des 15 et 22 mars 2026 » (M. Rodolphe Belmer) ; « J'ai eu le sentiment que la decision de l'ARCOM de retirer a C8 son autorisation d'emettre sur la TNT avait ete prise avant les auditions » (M. Rodolphe Belmer). Sur le cadre legislatif du pluralisme, il se montre conservateur : « Je ne vois pas d'interet a faire evoluer cette loi. Je partage le diagnostic de M. Belmer, mais pas sa conclusion » (M. Rodolphe Belmer). Il revendique enfin sa proximite avec son actionnaire : « Je ne vous surprendrai pas en vous disant que je partage largement les vues de notre actionnaire de reference » (M. Rodolphe Belmer).

Sources