La part du citoyenAudiovisuel public
Patrice Duhamel

Patrice Duhamel

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Patrice Duhamel, ne le 12 decembre 1945 a Boulogne-Billancourt, est un journaliste et dirigeant de l'audiovisuel public francais. Apres des etudes d'economie a l'universite Paris 2 Pantheon-Assas, il debute dans le journalisme a l'ORTF en 1970. Il rejoint TF1, ou il est chef du service politique interieure (1974) puis de la politique et des affaires sociales (1976), anime l'emission politique Le Grand Debat (1980) et occupe brievement le poste de redacteur en chef (1981). En 1986-1987, il est directeur adjoint puis directeur d'antenne de RMC, avant de prendre la responsabilite de l'information de La Cinq.

A partir de 1993, il fait l'essentiel de sa carriere dans l'audiovisuel public : directeur des programmes de France Inter, puis directeur general de Radio France (1996). Passant de la radio a la television, il devient directeur general charge des programmes de France 3 (1996-1998) puis de France 2. Il occupe egalement des fonctions dans la presse ecrite (directeur general adjoint du groupe Le Figaro, editeur du Figaro Magazine et de Madame Figaro). Sous la presidence de Patrick de Carolis (2005-2010), il est directeur general delegue de France Televisions, charge des antennes, des programmes et de la diversification — la fonction au titre de laquelle il est auditionne. Il a par la suite preside l'Ecole de journalisme et de communication d'Aix-Marseille (EJCAM).

Il est le frere du journaliste et editorialiste Alain Duhamel et du pediatre Jean-François Duhamel ; il est le compagnon de Nathalie Saint-Cricq, ancienne cheffe du service politique de France 2, avec qui il a eu cinq fils (dont le journaliste Benjamin Duhamel). Il est co-auteur, avec son frere Alain et Jacques Santamaria, de plusieurs ouvrages sur les coulisses du pouvoir (Cartes sur table, 2010 ; Elysee : coulisses et secrets d'un palais, 2012 ; Le chat et le renard, 2024).

Dans la commission

Patrice Duhamel est auditionne (Mme Michèle Cotta) en tant qu'ancien dirigeant de l'audiovisuel public, avec un regard de praticien nourri de plusieurs decennies au sommet de France 2, France 3 et France Televisions. Ses interventions (28 au total) defendent une ligne constante : la protection de l'independance de l'audiovisuel public face au pouvoir politique, doublee d'un plaidoyer pour un financement stable.

Le vocabulaire de l'independance. Il rejette avec insistance le terme de « tutelle » pour qualifier le lien avec l'Etat, se souvenant de l'ORTF : « L'actionnaire, s'il vous plait, pas la tutelle ! Michele Cotta et moi avons connu la "television d'Etat", l'ORTF. » Il illustre la confusion de ce pilotage en racontant avoir un soir compte « le nombre reel d'actionnaires de l'audiovisuel public : huit ! ». Il cite comme cas d'ingerence la suppression de la publicite, « que nous avons apprise ensemble, en direct a la television, sans en avoir ete informes auparavant ».

Gouvernance et regulation. Il plaide pour couper le lien entre l'executif et le regulateur : « Il faut couper au maximum le lien entre l'executif et l'instance de regulation – mais je suis peut-etre le seul a le penser. » Il propose que les membres du regulateur soient nommes par les commissions des affaires culturelles de l'Assemblee et du Senat « a une majorite qualifiee pour eviter tout caractere partisan – disons une majorite des trois cinquiemes ».

Financement et structure. Il defend un « financement perenne et durable » et se montre critique sur la reforme de l'entreprise unique (holding), presentee selon lui « avec un objectif quasiment strictement financier, donc pas tres mobilisateur pour les equipes » et « tres politise ». Il voit en revanche dans une « grande plateforme numerique de l'audiovisuel public » un enjeu « extraordinaire en matiere de souverainete ».

Deontologie. Sur les conflits d'interets des journalistes, il valide la regle selon laquelle une presentatrice ne pourrait « rester presentatrice du journal de 20 heures » si son compagnon etait candidat, et juge inconcevable qu'un dirigeant aille « meme une fois par semaine en conference de redaction pour dire ce qu'il pense ».

Calendrier electoral. Il estime enfin qu'« il n'est malheureusement pas possible d'envisager de modifier les regles a un an d'une election », un tel changement devant intervenir « au lendemain de l'election ».

Sources