Pierre Jolivet
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Pierre Jolivet, ne le 9 octobre 1952 a Saint-Mande, est un realisateur, scenariste, producteur et acteur francais. Il est le fils de l'auteur Jacques Jolivet et de la comedienne Arlette Thomas (voix francaise de Calimero et de Titi), et le frere du comedien Marc Jolivet, avec qui il forma au milieu des annees 1970 un duo comique (« Recho et Frigo ») a la radio, a la television et sur scene, jusqu'a l'Olympia en 1978.
Au debut des annees 1980, il collabore avec le jeune Luc Besson : il co-ecrit, co-produit et joue dans Le Dernier Combat (1983). Il passe a la realisation avec Strictement personnel (1985), nomme au Cesar de la meilleure premiere oeuvre, puis signe une longue filmographie a travers plusieurs genres — comedie satirique (Le Complexe du kangourou, 1986), drame (Force majeure, 1988), science-fiction (Simple mortel, 1991), thriller social. Il est notamment connu pour ses collaborations avec Vincent Lindon (Fred, Ma petite entreprise en 1999, Le Frere du guerrier, Je crois que je l'aime), ainsi que pour des films plus recents comme Les Hommes du feu (2017), Victor et Celia (2019) et Les Algues vertes (2023), adaptation de la bande dessinee d'Ines Leraud. Zim and Co. fut presente a Un Certain Regard au Festival de Cannes 2005.
Membre de la Societe civile des Auteurs-Realisateurs-Producteurs (L'ARP) depuis 1990, il en a ete president a plusieurs reprises et en est, au moment de son audition, le vice-president — fonction au titre de laquelle il s'exprime devant la commission, comme representant de cette organisation professionnelle du cinema francais.
Dans la commission
Audite (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) au titre de vice-president de L'ARP, Pierre Jolivet defend le modele francais de financement du cinema et de l'audiovisuel public, presente comme un ensemble vertueux et menace. Sa these : le service public est un pilier de la souverainete culturelle nationale, et l'affaiblir reviendrait a demanteler une exception que « le monde entier nous envie ».
Points saillants (source Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) :
- Le service public comme rempart de souverainete. « Pour nos organisations, l'action du service public est le garant de notre souverainete culturelle face a la concurrence d'acteurs extra-europeens puissants que sont les plateformes de video a la demande par abonnement. »
- Un modele de financement mal compris. Il corrige une « idee recue » : « le cinema francais n'est pas finance par l'impot ; il l'est pour partie par un ensemble de taxes parafiscales affectees, qui sont recueillies par le Centre national du cinema et de l'image animee (CNC). Ce mecanisme [...] ne coute pas 1 euro au budget general de l'Etat ! »
- La suppression de la redevance mise en cause. « Depuis que le financement du service public depend du budget general de l'Etat et n'est plus garanti par la redevance, les gouvernements successifs ont failli a donner a France Televisions les moyens de respecter son contrat d'objectifs et de moyens (COM). »
- Un heritage a preserver. Il rattache ce systeme « unique au monde » a une filiation gaullienne et malrucienne (« initie, intellectuellement, par le general de Gaulle et par Andre Malraux ; nous en sommes les heritiers »), et met en garde : continuer a affaiblir le service public « enverrait un message de demission a ceux qui souhaitent la disparition de notre systeme vertueux ».
- Le role de defricheur du service public dans la diversite cinematographique : « Ce travail [...] d'ecoute d'un cinema qui n'est pas forcement dans le marche au depart, personne d'autre mieux que le service public ne peut le faire ! »
- Vigilance sur l'echelon europeen. Il critique le programme AgoraEU, qui « pose un probleme de fond, en ce qu'il confond la technologie et le cinema », et rappelle la conditionnalite europeenne des aides : « une societe de production ne peut pretendre a des aides publiques qu'a la seule condition que la majorite de son capital soit europeenne. » Sur un recours en cours lie a cette question des capitaux, il se retranche derriere « le principe de separation des pouvoirs » pour ne pas s'exprimer.
Sa ligne est celle d'un porte-parole de la filiere : defense de l'ecosysteme CNC / service public, alerte sur son sous-financement depuis la fin de la redevance, et protection contre la concurrence des plateformes et contre les capitaux extra-europeens.
Sources
- https://larp.fr/membres/pierre-jolivet/
- https://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Jolivet
- https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=627.html
- https://en.unifrance.org/directories/person/16414/pierre-jolivet