Rachida Dati
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Rachida Dati est une femme politique, magistrate et avocate francaise, nee le 27 novembre 1965 a Saint-Remy (Saone-et-Loire). Apres un baccalaureat D (1983), elle suit un DEUG de sciences economiques a l'universite de Dijon puis une licence et une maitrise de sciences economiques a l'universite Paris-Pantheon-Assas ; elle entre a l'Ecole nationale de la magistrature en 1997 et en sort magistrate en 1999. Avant la politique, elle occupe des postes dans le secteur prive (Elf Aquitaine, Matra, Lyonnaise des Eaux) puis a la Banque europeenne pour la reconstruction et le developpement a Londres (1993-1994).
Elle entre dans l'entourage de Nicolas Sarkozy comme conseillere au ministere de l'Interieur (2002), puis porte-parole de sa campagne presidentielle (2007). Elle est garde des Sceaux, ministre de la Justice, du 18 mai 2007 au 23 juin 2009 (gouvernements Fillon I et II), deputee europeenne de la circonscription Ile-de-France de 2009 a 2019, et maire du 7e arrondissement de Paris depuis 2008 (reelue en 2014, 2020 et 2026). Elle est ministre de la Culture du 11 janvier 2024 au 25 fevrier 2026 (gouvernements Attal, Barnier, Bayrou, puis Lecornu I et II) — c'est a ce titre qu'elle est auditionnee par la commission d'enquete.
Affiliation : issue de l'UMP puis des Republicains (LR), courant de droite ; elle a quitte le parti lors de son entree au gouvernement en janvier 2024. Candidate a la mairie de Paris en 2026, elle est reelue maire du 7e mais perd l'election municipale au second tour. Sur le plan judiciaire, elle a ete renvoyee devant le tribunal correctionnel en 2025 dans l'affaire Renault-Nissan / Carlos Ghosn, notamment pour « corruption et trafic d'influence passifs », renvoi qu'elle conteste.
Dans la commission
Auditionnee en sa qualite de ministre de la Culture (Mme Rachida Dati, 95 interventions), Rachida Dati defend une ligne de reforme structurelle assumee, tout en refusant de porter la responsabilite de la gestion ou de la ligne editoriale des entreprises publiques.
- Ni privatisation, ni statu quo. Elle se place a equidistance : « je ne m'inscris ni dans les pas des contempteurs de l'audiovisuel public, qui veulent sa privatisation, ni dans les pas de ceux qui veulent que rien ne change et qui, de ce fait, contribuent a l'affaiblir » (Mme Rachida Dati). Elle reprend a son compte la mission Laurence Bloch : « le statu quo n'est plus une option » (Mme Rachida Dati) — c'est sa position la plus tranchee. La creation de la holding France Medias est presentee comme une reorganisation « a cout zero, a cout constant » (Mme Rachida Dati).
- Independance revendiquee de la tutelle. Elle martele qu'elle ne dirige pas l'audiovisuel public : « le principe d'independance de l'audiovisuel public l'interdit. Le ferais-je qu'on me le reprocherait ! » (Mme Rachida Dati). Elle renvoie le controle de l'impartialite a l'Arcom : « c'est a elle que la loi a confie la mission de veiller sur l'impartialite de l'audiovisuel public, pas au ministere de la culture, encore moins a la ministre » (Mme Rachida Dati), et attribue nominations et recrutements aux seuls dirigeants.
- Defense de la gestion et du financement. Elle recuse tout artifice comptable — « Si vous faites des artifices comptables, vous faites des faux. En l'occurrence, ce n'est pas le cas » (Mme Rachida Dati) — distingue rentabilite et soutenabilite (« C'est une question non de rentabilite mais de soutenabilite »), ecarte tout risque de dissolution, et souligne que le cout est « 56 euros par an et par Francais », soit « exactement dans la moyenne de l'Union europeenne », avec un financement « sanctuarise » par la TVA affectee.
- Mission de cohesion. Elle assigne au service public un role rassembleur : « Le role du service public n'est pas d'antagoniser ; bien au contraire, il est de rassembler » (Mme Rachida Dati), et invoque la responsabilite publique face aux reseaux sociaux (« Plus de 68 % des Francais s'informent sur les reseaux sociaux »).
- Souverainete de la creation et pantouflage. Elle defend l'externalisation vers des societes de production francaises (« L'enjeu de souverainete, c'est que la creation soit francaise (...), pas de controler la creation »), et denonce une « forme de consanguinite dans certains milieux (...) [qui] ne souffre aucun controle » (Mme Rachida Dati), appelant a encadrer les conflits d'interets.
- Accusation contre « Complement d'enquete ». Point saillant et polemique de l'audition, elle affirme que des journalistes ont, via un tiers, propose de payer un proche pour obtenir des informations a charge contre elle : « Ils ont proposé, via un tiers, à un membre de ma famille de le payer s'il fournissait des informations » (Mme Rachida Dati) — tout en refusant de communiquer les preuves a la commission (« Ce sont des echanges prives (...), je n'ai pas d'obligation de les remettre »), se reservant la voie judiciaire.
L'audition est manifestement tendue : elle repond vertement aux depute(e)s (« en termes de hurlements, je pense que vous battez les records »).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Rachida_Dati
- https://en.wikipedia.org/wiki/Rachida_Dati
- https://www.info.gouv.fr/personnalite/rachida-dati
- https://www.culture.gouv.fr/nous-connaitre/decouvrir-le-ministere/histoire-du-ministere/l-histoire-du-ministere/les-ministres-de-la-culture