Rima Abdul Malak
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Rima Abdul Malak est une haute fonctionnaire et femme politique franco-libanaise, ancienne ministre de la Culture. Nee le 11 fevrier 1979 a Beyrouth (Liban), elle passe ses dix premieres annees au Liban avant que sa famille, fuyant la guerre civile, s'installe a Lyon ; elle possede la double nationalite francaise et libanaise.
Formee au Lycee international de Lyon, elle est diplomee de Sciences Po Lyon (1999) puis obtient un DESS de cooperation et developpement international a l'universite Paris 1 Pantheon-Sorbonne (2000). Elle debute dans l'humanitaire, notamment au Comite catholique contre la faim et pour le developpement, puis dirige les programmes de l'ONG Clowns sans frontieres (2001-2006), qui apporte un soutien psychosocial aux enfants et populations victimes de crises humanitaires.
Sa carriere prend ensuite un tour culturel et institutionnel : responsable du departement des musiques actuelles a Culturesfrance (a partir de 2007), puis conseillere puis directrice de cabinet de Christophe Girard, adjoint a la culture de la Mairie de Paris (2008-2010), et conseillere aux affaires culturelles du maire de Paris Bertrand Delanoe (2012-2014). De 2014 a 2018, elle est attachee culturelle au consulat general de France a New York. De decembre 2019 a 2022, elle est conseillere culture et communication du president de la Republique Emmanuel Macron a l'Elysee.
Le 20 mai 2022, elle est nommee ministre de la Culture dans le gouvernement d'Elisabeth Borne, fonction qu'elle occupe jusqu'au 11 janvier 2024. C'est a ce titre qu'elle a porte la reforme du financement de l'audiovisuel public (suppression de la contribution a l'audiovisuel public / redevance et son remplacement par une fraction de TVA affectee), sujet central de son audition. Apres son depart du gouvernement, elle rejoint en septembre 2025 la direction du quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour (directrice generale). Issue de la majorite presidentielle (macroniste), elle n'a pas d'appartenance a un parti politique clairement etablie ; elle se revendique attachee a la liberte de creation et a une culture ouverte a la diversite.
Dans la commission
Auditionnee (Mme Rima Abdul-Malak) au sein d'une table ronde reunissant d'anciens ministres de la Culture (aux cotes de Franck Riester, Aurelie Filippetti et Roselyne Bachelot), Rima Abdul Malak defend fermement le service public de l'audiovisuel et met en cause l'intention meme de la commission.
- Suspicion sur la finalite de la commission. Elle attaque frontalement l'objectif qu'elle prete a la majorite du rapporteur : « au fur et a mesure des auditions de cette commission, j'ai eu le sentiment d'une vaste entreprise de denigrement ayant pour objectif de plaider en faveur de la privatisation de l'audiovisuel public, ce dont votre groupe, monsieur le rapporteur, l'Union des droites pour la Republique (UDR), alliee au Rassemblement national, ne s'est jamais cache. » (Mme Rima Abdul-Malak)
- Defense des missions de service public. Elle oppose des donnees a la these de la mediocrite : « 96 % des fictions diffusees en soiree sur France 2 et 78 % sur France 3 sont francaises - contre 67 % pour TF1 et 27 % pour M6. » et interroge : « Si les chaines de Radio France et de France Televisions etaient aussi mediocres que vous semblez l'affirmer, pensez-vous que les audiences seraient aussi hautes ? » (Mme Rima Abdul-Malak). Elle insiste sur le cout d'une information de qualite face a la desinformation amplifiee par l'IA : « verifier les sources [...], faire du fact checking, tout cela prend du temps [...]. L'information a un cout. » (Mme Rima Abdul-Malak)
- Budget et efforts de gestion. Elle conteste l'idee d'un secteur dispendieux : « Entre 2017 et 2022, l'audiovisuel public a realise environ 190 millions d'euros d'economies et enregistre une baisse des effectifs d'environ 6 % » (Mme Rima Abdul-Malak), tout en reconnaissant qu'« a euro constant et en prenant en compte l'inflation, les dotations publiques ont effectivement baisse » (Mme Rima Abdul-Malak).
- Financement : elle assume sa reforme. Contrairement a Filippetti et Bachelot, elle ne regrette pas la fin de la redevance : « Je ne regrette pas la suppression de la redevance : elle etait assise sur la possession d'un poste de television alors que les usages [...] ont profondement evolue » (Mme Rima Abdul-Malak), en defendant son remplacement par une TVA affectee. Sur la gouvernance, elle se demarque de la holding France Medias defendue par Riester, plaidant pour des synergies « par le bas » sans structure chapeau (Mme Rima Abdul-Malak).
- Proximite et territoires. Elle revendique un chantier de rapprochement France 3 / France Bleu qu'elle avait negocie dans les contrats d'objectifs et de moyens, jugeant qu'il n'est pas alle assez vite : « ce projet n'est pas du tout a un stade "embryonnaire" : je dirais meme que le bebe a ete accouche. » (Mme Rima Abdul-Malak)
- Arcom et C8. Sur la non-reconduction de la frequence de C8, elle renvoie a l'independance du regulateur : « la decision de l'attribution de la frequence de C8 a une autre chaine est une decision independante prise par l'Arcom. Quand la loi n'est pas respectee, il est normal que des sanctions s'appliquent » (Mme Rima Abdul-Malak), et qualifie penalement un geste diffuse a l'antenne : « Prendre la main d'une chroniqueuse et la mettre sur son sexe sans lui avoir demande son consentement, ce n'est pas de la liberte d'expression, c'est une agression sexuelle caracterisee dans le code penal. » (Mme Rima Abdul-Malak)
Sa ligne : refus de la privatisation, defense assumee de sa reforme du financement, et contestation de la neutralite meme de la demarche de la commission.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Rima_Abdul_Malak
- https://www.info.gouv.fr/personnalite/rima-abdul-malak
- https://www.culture.gouv.fr/en/Know-us/Discover-the-Department/history-of-the-department/the-history-of-the-ministry/Ministers/rima-abdul-malak-2022-2024
- https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/rima-abdul-malak-une-passionnee-des-arts-vivants-qui-debute-dans-lhumanitaire-160766
- https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/je-suis-restee-libre-de-mes-prises-de-positions-rima-abdul-malak-soffre-un-depart-riche-en-sous-entendus-politiques