Roch-Olivier Maistre
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Roch-Olivier Maistre est un haut fonctionnaire francais ne le 11 novembre 1955 a Meknes (Maroc). Diplome de l'Institut d'etudes politiques de Paris (1978) et ancien eleve de l'Ecole nationale d'administration (promotion Henri-Francois d'Aguesseau, 1980-1982), il commence sa carriere comme administrateur de la Ville de Paris (1982-1986).
Il est ensuite conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Francois Leotard (1986-1988), periode durant laquelle il participe a l'elaboration de la loi du 30 septembre 1986 relative a la liberte de communication — le texte qui fonde la regulation de l'audiovisuel et qu'il citera plus tard devant la commission. Il occupe divers postes a la Ville de Paris, puis dirige la Comedie-Francaise comme directeur general (1993-1995) et devient secretaire general du Conseil de Paris (1995-2000). De 2000 a 2005, il est conseiller pour l'education, la culture et la communication a la presidence de la Republique.
En 2005, il rejoint la Cour des comptes, ou il exerce successivement comme conseiller maitre, premier avocat general au parquet general, president de chambre et rapporteur general. Il est par ailleurs mediateur du cinema (2006-2011).
En fevrier 2019, il est propose par le president Emmanuel Macron a la presidence du Conseil superieur de l'audiovisuel (CSA), pour succeder a Olivier Schrameck ; nomme par decret du 2 fevrier 2019, il prend ses fonctions le 4 fevrier. Le 1er janvier 2022, le CSA fusionne avec la Hadopi pour former l'Arcom (Autorite de regulation de la communication audiovisuelle et numerique), dont il devient le premier president du college. Il quitte ses fonctions le 2 fevrier 2025, remplace par Martin Ajdari. Depuis juillet 2025, il preside la commission du Fonds de soutien a l'expression radiophonique locale (FSER). Il est officier de la Legion d'honneur, officier de l'ordre national du Merite et commandeur des Arts et des Lettres.
Dans la commission
Roch-Olivier Maistre a ete auditionne (M. Roch-Olivier Maistre) en qualite d'ancien president du CSA puis de l'Arcom, soit l'ancien regulateur de l'audiovisuel. Dossier riche : 22 interventions. Sa these d'ensemble est que l'audiovisuel public releve d'un enjeu strategique — « Le defi majeur que notre pays doit relever dans le domaine de l'audiovisuel est celui de notre souverainete democratique et culturelle » (M. Roch-Olivier Maistre) — et qu'il faut donc « soutenir nos medias publics et prives et non [...] les affaiblir » face aux plateformes.
Positions cles defendues :
- Reformer sans demanteler. Il juge legitime de reformer le service public mais met en garde : « on aurait tort de jeter le bebe avec l'eau du bain » (M. Roch-Olivier Maistre). Il rappelle que « le bloc service public represente a lui seul 30 % des audiences de television et de radio ».
- Convergence et presidence unique. Il se declare « favorable a la convergence des entreprises et a une presidence unique du service public [...] comme c'est le cas dans tous les grands services publics europeens sans exception » (M. Roch-Olivier Maistre).
- Financement. Principe « A service public, ressources publiques » (M. Roch-Olivier Maistre) ; il souligne que la BBC ou le service public allemand percoivent « un financement deux fois superieur » au notre.
- Neutralite et impartialite (objet meme de la commission) : la ligne editoriale « ne peut etre ni partisane, ni militante » et « la neutralite et l'impartialite [...] doivent etre absolues » (M. Roch-Olivier Maistre), tout en rappelant que la loi de 1986 « est fondamentalement [...] une loi de liberte ».
- Independance de l'Arcom. C'est son point le plus tranchant. Il defend sous serment l'independance de l'institution : « l'independance d'une institution ne se mesure pas aux mots mais aux actes ! Je vous mets au defi de trouver, sous ma presidence, une decision de l'Arcom prise sous influence exterieure ! » et « je n'ai ete soumis a aucune intervention [...] du president de la Republique ou de son entourage durant l'exercice de mon mandat, y compris pour les designations » (M. Roch-Olivier Maistre).
- Sanctions C8/CNews. Interroge sur un « deux poids deux mesures », il justifie l'ecart par la recidive : « toute la difference entre un editeur qui manque de facon repetee a ses obligations malgre des mises en garde et des mises en demeure successives [...] et un editeur qui globalement respecte ses obligations » (M. Roch-Olivier Maistre). Rester solidaire du college : « Je ne vais pas revenir en arriere sous pretexte d'avoir quitte mes fonctions. »
- Nominations et gouvernance. Il plaide pour une designation des presidents « suivant le droit commun des societes [...] avec une validation par le regulateur pour garantir l'independance » (M. Roch-Olivier Maistre).
- Pouvoir d'enquete. Il estime que la loi actuelle ne permet pas d'etablir l'ingerence d'un actionnaire dans une redaction et plaide implicitement pour doter l'Arcom d'un pouvoir d'enquete.
Sur des sujets sensibles, il maintient une reserve d'ancien regulateur : il refuse de commenter le renouvellement de Delphine Ernotte de 2025 (rappelant que la reconduction de 2020 reposait sur un bilan « globalement positif »), renvoie les propos de la directrice de France Inter a sa propre responsabilite et precise, sur l'affaire Meurice : « Je ne me suis pas felicite du licenciement de Guillaume Meurice ; j'ai simplement rappele que l'Arcom avait estime que la sequence en question posait une difficulte » (M. Roch-Olivier Maistre).
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Roch-Olivier_Maistre
- https://www.csa.fr/Biographies/Roch-Olivier-Maistre