Roselyne Bachelot
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Roselyne Bachelot-Narquin, nee le 24 decembre 1946 a Nevers, est une femme politique francaise, docteure en pharmacie (diplomee de l'universite d'Angers en 1988). Figure de la droite parlementaire pendant plus de vingt ans, elle est successivement conseillere generale de Maine-et-Loire (1982-1988), conseillere regionale des Pays de la Loire (1986-2007), deputee de la 1re circonscription de Maine-et-Loire (1988-2002, puis 2007) et deputee europeenne pour la circonscription Ouest (2004-2007). Membre du RPR (1982-2002) puis de l'UMP (2002-2012), elle est reputee pour son franc-parler et ses positions centristes sur les questions de societe.
Elle occupe quatre portefeuilles ministeriels sous trois presidents : ministre de l'Ecologie et du Developpement durable (2002-2004, gouvernement Raffarin), ministre de la Sante, de la Jeunesse et des Sports (2007-2010, gouvernement Fillon, ou elle gere notamment la pandemie de grippe H1N1), ministre des Solidarites et de la Cohesion sociale (2010-2012), puis ministre de la Culture (juillet 2020 - mai 2022, gouvernement Castex sous la presidence d'Emmanuel Macron). C'est a ce dernier titre qu'elle a exerce la tutelle de l'audiovisuel public, dans une periode marquee par les debats sur la suppression de la contribution a l'audiovisuel public (redevance).
Retiree de la vie politique elective, elle mene depuis 2012 une carriere mediatique nourrie comme chroniqueuse et animatrice (notamment « Le Grand 8 » sur D8, « 100 % Bachelot » sur RMC, interventions sur LCI et BFM TV, « Les Grosses Tetes » sur RTL), ce qui lui confere une connaissance directe du paysage audiovisuel prive comme public.
Dans la commission
Auditionnee (Mme Rima Abdul-Malak, 14 interventions), Roselyne Bachelot se pose en defenseure resolue du service public audiovisuel et adversaire de sa privatisation. Le ton est vif et engage.
- Contre la privatisation. Elle denonce ce qu'elle appelle le « capitalisme predateur de l'audiovisuel prive » qui « jure la main sur le coeur vouloir le maintien du service public : ils sont soit des idiots utiles, soit des complices clandestins » (Mme Rima Abdul-Malak). Elle rappelle la formule de Patrick Le Lay, ex-dirigeant de TF1 : « Ce que nous vendons a Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible » (Mme Rima Abdul-Malak), pour opposer la logique marchande du prive aux missions du service public.
- Sur le cout et le financement. Elle defend l'offre publique au regard de son prix : « une telle offre audiovisuelle et numerique pour seulement 10 euros par mois, ce n'est pas si cher, convenez-en » (Mme Rima Abdul-Malak). Sur les remunerations, elle relativise celles des dirigeants du public : « Le salaire du patron de TF1 est trois fois superieur a celui de madame Ernotte, et celui d'un journaliste star d'une chaine privee lui est quatre fois superieur » (Mme Rima Abdul-Malak).
- Contre la holding France Medias. Elle voit dans le projet de holding un prelude a une fusion non assumee : « je pense qu'elle est le faux-nez d'une fusion a venir. Nous devrions epargner a la France des discussions inutiles : ce pays n'a pas besoin d'etre reforme, il a besoin d'etre repare » (Mme Rima Abdul-Malak).
- Externalisation vs privatisation. Elle prend soin de distinguer les deux notions : « Il ne faut pas confondre la privatisation et le recours a des services prives ; cela n'a evidemment rien a voir. L'acheteur, en l'occurrence le service public, a tous les moyens de determiner aupres de son fournisseur les caracteristiques du produit ou du service qu'il souhaite acheter » (Mme Rima Abdul-Malak).
- Sur la tutelle et l'independance. Interrogee sur ses rapports avec la direction de France Televisions, elle repond avec ironie pour signifier son absence de connivence : « Puisque le rapporteur s'en inquiete, je ne dejeune pas avec elle et nous ne partons pas en vacances ensemble ! » (Mme Rima Abdul-Malak).