Stéphane Le Bars
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Stéphane Le Bars est délégué général de l'USPA (Union syndicale de la production audiovisuelle) depuis avril 2010. L'USPA est l'organisation patronale qui rassemble et défend les intérêts collectifs de plus de 200 sociétés de production audiovisuelle françaises spécialisées dans la fiction, le documentaire de création et la captation ou recréation de spectacle vivant. Le syndicat se présente comme l'« interlocuteur historique des pouvoirs publics » pour la défense de la création audiovisuelle et comme un partenaire permanent du dialogue social de la branche.
À ce poste, Stéphane Le Bars est l'un des porte-parole récurrents du secteur de la production indépendante dans les débats publics sur le financement de la création, les obligations d'investissement des diffuseurs et la régulation des plateformes. Il cumule par ailleurs les fonctions de délégué général d'AnimFrance (syndicat des producteurs français d'animation), les deux organisations partageant une équipe permanente et menant des prises de position communes.
Au moment de l'audition, l'USPA est présidée par Isabelle Degeorges (présidente depuis juin 2026) ; l'équipe permanente comprend notamment une déléguée générale adjointe, Amanda Borghino, arrivée en 2024. Le syndicat est administré par un conseil syndical d'une vingtaine de membres renouvelé tous les deux ans.
Les éléments publics disponibles documentent surtout ses fonctions depuis 2010 ; son parcours antérieur à cette date n'est pas précisément établi par les sources consultées. L'identité est en revanche sans ambiguïté (fonction de délégué général de l'USPA identique à celle déclarée dans le dossier), aucun homonyme n'entre en concurrence.
Dans la commission
Audité (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 21 interventions), Stéphane Le Bars défend la position de la production audiovisuelle indépendante. Sa thèse centrale : l'audiovisuel public a une valeur de création propre, distincte et non substituable, obtenue à faible coût public.
Points saillants du dossier :
- Une mission éditoriale spécifique du service public. Il oppose la nature des œuvres du service public à celle des acteurs privés et des plateformes : « On ne raconte pas les mêmes histoires, on ne fait pas la même chose sur France Télévisions ou sur Arte que ce que l'on peut faire sur TF1 ou sur Netflix » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
- L'argument du coût public. Il insiste sur l'efficience du modèle : « Tout cela pour 3 euros par mois et par habitant ! France Télévisions est par ailleurs nettement moins chère que la BBC et trois fois moins que la ZDF et l'ARD » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production), et souligne l'efficacité productive : « Avec 1 euro de France Télévisions, vous produirez trois fois plus d'œuvres qu'avec 1 euro d'une plateforme américaine – leurs coûts de production sont trois fois plus élevés » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
- Défense de la réglementation européenne face aux plateformes américaines. Il dénonce « une offensive sans précédent de l'administration américaine, qui tente par tous les moyens de faire tomber la réglementation européenne pour mieux asseoir la domination de ses plateformes mondiales et d'un narratif américain » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
- Financement et gouvernance. Il critique l'absence de cadre pluriannuel : « Cela fait trop longtemps que nous travaillons sans COM (contrats d'objectifs et de moyens), avec la réduction budgétaire pour seul étalon de gestion » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
- Réponses aux soupçons de la commission (déontologie). Interrogé sur les zones grises de l'audiovisuel public, il se montre ouvert à un durcissement encadrant les allers-retours entre le diffuseur public et les producteurs — « De notre point de vue, il n'y a aucun inconvénient à rendre plus contraignante la déontologie concernant les "transferts" de salariés de France Télévisions vers des sociétés de production » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) — tout en écartant l'existence de pratiques d'échange marchandises : « Sur le barter, non, pas du tout. À notre connaissance, il n'y a pas du tout ce type de pratiques » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
- Sur la nationalité des capitaux. Répondant à un argument sur les aides publiques, il relativise le critère de l'actionnariat étranger : « Canal+ est coté à Londres, son capital est détenu à 31,4 % par la famille Bolloré [...]. Viendrait-il à l'idée de quiconque de dire que Canal+ n'est pas une société française ? » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).
Ces interventions dessinent une ligne cohérente de défenseur de la production indépendante et du financement public de la création, adossée à des comparaisons chiffrées européennes et à une critique de la pression concurrentielle des plateformes américaines.
Sources
- USPA — À propos : https://www.uspa.fr/a-propos
- USPA — Équipe : https://www.uspa.fr/equipe
- USPA — Conseil syndical et instances : https://www.uspa.fr/les-instances-et-les-elus-de-luspa
- USPA — Communiqué de nomination (AnimFrance / USPA), 17 janvier 2024 : https://www.uspa.fr/storage/wsm_linksdownloads/o_1hkheanim1d1414da1grlfrp1bg49.pdf
- La lettre de l'audiovisuel — Nomination à l'USPA : https://lettreaudiovisuel.com/nomination-luspa/
- Unifrance — Fiche Stéphane Le Bars : https://en.unifrance.org/directories/person/339097/stephane-le-bars