La part du citoyenAudiovisuel public
Thomas Legrand

Thomas Legrand

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Thomas Legrand, ne le 25 mai 1963 a Paris, est un journaliste politique et editorialiste francais. Titulaire d'une maitrise d'administration economique et sociale de l'universite Paris 1 Pantheon-Sorbonne, il commence sa carriere a RMC en 1988, ou il est journaliste politique (notamment sur le Front national) jusqu'en 1993.

Il rejoint ensuite RTL (1993-2008), ou il devient grand reporter au service etranger, correspondant a New York de 2001 a 2005 (il couvre en direct les attentats du 11 septembre 2001), puis chef du service politique. En 2008, il rejoint France Inter, ou il tient l'editorial politique matinal et, a partir de 2022, l'emission hebdomadaire « En quete de politique ». Il y reste jusqu'en 2025.

En parallele, il a ete chroniqueur televise (Le Grand Journal sur Canal+, 28 minutes sur Arte) et a collabore a la presse ecrite : Slate.fr, Les Inrockuptibles (2010-2012), puis, de maniere reguliere, au quotidien Liberation a partir de 2022, comme editorialiste politique. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages politiques depuis 1991, dont une enquete sur les relations de Francois Mitterrand avec l'extreme droite et « La Republique bobo » (coecrit). Il se declare lui-meme de sensibilite plutot ecologiste et de gauche ; ses detracteurs, notamment a droite, le presentent comme une figure emblematique d'un journalisme de service public marque a gauche.

En septembre 2025, le magazine L'Incorrect diffuse des videos, tournees a son insu, le montrant avec le journaliste Patrick Cohen et des responsables du Parti socialiste evoquant Rachida Dati. La polemique conduit France Inter a suspendre ses interventions ; il poursuit sa collaboration a Liberation. Une enquete judiciaire est ouverte en janvier 2026 sur les enregistrements. C'est dans ce contexte qu'il est auditionne le 18 decembre 2025 par la commission d'enquete de l'Assemblee nationale sur l'audiovisuel public.

Dans la commission

Audite (M. Thomas Legrand), Legrand adopte une posture de defense combative face a une commission dont il conteste la legitimite a l'examiner. Sa these tient en trois axes.

1. L'independance du journaliste malgre des convictions assumees. Il ouvre en affirmant « exercer sa profession en toute independance, ce qui ne veut pas dire que je n'ai aucune conviction [...] mais tout simplement que je ne suis attache a aucun parti » (M. Thomas Legrand). Il assume ses sensibilites — « J'ai des sensibilites, elles sont avouees : je suis un peu ecologiste, je suis plutot a gauche » — tout en distinguant, sur le service public, un « point de vue » assume suivi d'un contrepoint, et, a Liberation, une « opinion » de presse ecrite non soumise aux obligations de pluralisme de l'audiovisuel. Il invoque la formule d'Hubert Beuve-Mery — « le journalisme, c'est le contact et la distance » — comme garde-fou contre la connivence (M. Thomas Legrand).

2. La denonciation de la video et de ses auteurs. Il soutient que l'extrait est monte et tronque (« onze points de montage ») et que « s'occuper » ou « traiter » de Rachida Dati releve du jargon journalistique (deux editos de fact-checking), non d'un projet de faire tomber une candidate. Il ne cede sur rien : « Non, je ne regrette pas d'avoir prononce ces propos. La seule chose que je regrette, c'est qu'ils aient ete filmes et qu'ils aient ete montes », et refuse toute « autocritique a la sovietique » (M. Thomas Legrand). Il denie que les auteurs soient des journalistes : « un vrai journaliste aurait pratique [...] le contradictoire » (M. Thomas Legrand).

3. La mise en cause du groupe Bollore et de la commission elle-meme. Il qualifie les medias Bollore d'« organisation politique dotee de studios dans un but de propagande », usant de « methodes qui s'apparentent a des barbouzeries », et estime que « nous sommes entres en France [...] dans l'ere du trumpisme » (M. Thomas Legrand). Il attaque frontalement la legitimite de l'exercice, rappelant que la commission se reunit « avec l'argent du contribuable [...] pour parler du cafe que j'ai pris avec Patrick Cohen, soit [...] 5,50 euros », et vise directement le rapporteur : « Vous faites partie [...] d'un mouvement politique qui est allie au Rassemblement national » (M. Thomas Legrand). Il rejette enfin l'accusation de financement illegal comme un fantasme (« je n'etais pas paye par Radio France a ce moment-la ! ») et se declare defavorable a un code de deontologie tres ferme, « le journalisme [etant] un metier de liberte » (M. Thomas Legrand).

Sources