Valéry Lerouge
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Valéry Lerouge est un journaliste français, né à Coutances (Manche) en 1974. Après une licence de sciences économiques à l'Université de Caen (1994) et une formation à l'École supérieure de journalisme de Paris, il débute par des collaborations à la presse locale (La Manche Libre, Ouest-France).
Il travaille ensuite une huitaine d'années à Radio France / France Info comme journaliste spécialisé en économie, avant de rejoindre France 2 en 2008. Il y est promu grand reporter en 2010, au sein du service social et économie. De 2015 à 2020, il est correspondant permanent de France Télévisions à Bruxelles, où il couvre l'actualité européenne (affaires de l'UE, attentats, Brexit) et contribue notamment à Télématin ; son départ de Bruxelles est annoncé à l'antenne le 21 juillet 2020.
De retour à Paris, il exerce comme grand reporter à la rédaction nationale de France Télévisions et préside la Société des journalistes (SDJ) de cette rédaction. La SDJ est une association professionnelle de journalistes, distincte des syndicats, dédiée à la défense de l'indépendance éditoriale et de la déontologie ; c'est à ce titre qu'il est auditionné par la commission d'enquête. Aucune affiliation politique n'est établie ; il revendique lui-même le caractère apolitique de sa SDJ.
Dans la commission
Auditionné (M. Valéry Lerouge) en tant que président de la SDJ de la rédaction nationale de France Télévisions, aux côtés d'autres représentants des sociétés de journalistes. Il défend une ligne constante : la SDJ est une vigie éditoriale et déontologique, apolitique, sans mandat RH ni salarial.
- Rôle de la SDJ et indépendance : « notre seul but est d'être des vigies et de veiller à l'indépendance éditoriale de nos rédactions » ; « nous veillons [...] à ce qu'il n'y ait ni collusion, ni pression politique, ni levier d'influence dans la fabrication de nos journaux télévisés [...]. C'est notre raison d'être » (M. Valéry Lerouge). Il insiste sur le fait qu'aucune consigne ou injonction n'est reçue et que la fabrication d'un JT est « un processus assez collégial », garde-fou contre l'ingérence.
- Neutralité et distance avec le militantisme : il démarque sa SDJ de celles jugées plus engagées — « une SDJ sûrement plus politisée que la nôtre, qui est totalement apolitique ; il n'y a aucun syndicaliste dans notre SDJ » — et refuse tout appel partisan : « Nous n'avons pas à appeler à faire front contre un parti ni à appeler à voter pour un autre » (M. Valéry Lerouge). Sur le cordon sanitaire à l'extrême droite : « tout le monde peut et doit s'exprimer sur le service public. Ce n'est pas du tout un débat chez nous ».
- Défense des missions de service public face à la comparaison avec le privé : « notre JT est 30 % plus long que celui de TF1 : 51 minutes tous les soirs, contre 39 minutes pour nos concurrents » ; « TF1 ne produit pas un seul magazine d'information en interne ! » ; « TF1 a fait le choix de fermer tous ses bureaux, y compris celui de Washington » (M. Valéry Lerouge). La valeur du service public se mesure aux missions et à la confiance, pas à l'audience.
- Affaire du reportage coupé (Complément d'enquête / CNews) : il conteste toute consigne — « Ça n'a pas du tout été une consigne, de qui que ce soit : ça a été un dialogue dans l'urgence » — tout en concédant l'erreur : « Manifestement, non : il n'aurait sans doute pas fallu toucher au reportage » (M. Valéry Lerouge).
- Gouvernance / réforme de la holding : dubitatif mais non frontal sur le directeur de l'information unique ; il rapporte que la présidence leur a affirmé que « seul un journaliste pouvait diriger une rédaction, ce qui nous satisfait », et ironise sur la nouvelle directrice : « si elle avait voulu un pantin sous les ordres de M. Sitbon-Gomez, elle aurait sans doute choisi un autre profil ! » (M. Valéry Lerouge).
- Avantages, salaires, niche fiscale : il relativise les chiffres du rapporteur — salaire d'embauche à « 2 300 euros net par mois pour cinq ans d'études », qu'il ne juge « pas indécent », et défend l'abattement fiscal « créé dans l'après-guerre pour favoriser le pluralisme de l'information » ; il se dit prêt à y renoncer contre une hausse de salaire, « mais je ne crois pas que le contexte budgétaire nous le permette » (M. Valéry Lerouge).
- Souffrance au travail et IA : il nuance l'enquête sociale (« un effet de loupe ») en renvoyant les risques psychosociaux aux syndicats, et adopte sur l'IA une posture de vigilance ouverte : « Nous avons bien conscience du danger [...], de la boîte de Pandore [...], mais nous ne pouvons pas [...] être réfractaires à toutes les révolutions technologiques » (M. Valéry Lerouge).
Ligne d'ensemble : un défenseur mesuré mais ferme de l'indépendance et des missions de la rédaction de France Télévisions, qui reconnaît ponctuellement les erreurs (reportage coupé) tout en récusant toute pression politique systémique et en cantonnant la SDJ au strict champ déontologique.
Sources
- https://www.wikimanche.fr/Val%C3%A9ry_Lerouge
- https://www.leguidedupouvoir.fr/biographie/46504/valery_lerouge/index.htm
- https://www.lalibre.be/culture/medias-tele/2017/12/01/valery-lerouge-france-2-la-priori-francais-sur-bruxelles-et-le-terrorisme-est-totalement-injustifie-MYVELXRWBJD43CMIKKN4NWV724/
- https://amomama.fr/219855-valery-lerouge-quitte-telematin-jai-ador.html
- https://fr.linkedin.com/in/val%C3%A9ry-lerouge-1342548a