La part du citoyenAudiovisuel public
VM

Vincent Meslet

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Vincent Meslet est un dirigeant de l'audiovisuel public francais. Il est directeur editorial de Radio France depuis le 26 aout 2024, poste de numero 2 du groupe dans lequel il succede a Laurence Bloch et supervise la strategie editoriale des antennes (France Inter, France Culture, France Info, France Bleu/ici, France Musique, Mouv').

Ne dans une famille catholique de la classe moyenne a Versailles (pere comptable dans le logement social, mere assistante maternelle), il fait ses etudes secondaires a Versailles. Boursier, il est diplome de l'Institut d'etudes politiques de Paris (Sciences Po) et titulaire d'un DESS Television et Telecommunications de l'universite Paris-Dauphine.

Il fait toute une premiere partie de carriere dans le service public :

Il quitte ensuite le public pour le prive :

Il revient dans l'audiovisuel public en aout 2024 comme directeur editorial de Radio France. Sur son orientation, il a declare etre socialiste dans un portrait publie par Liberation en 2015 ; plusieurs medias le presentent comme un « militant socialiste », element regulierement mis en avant par ses contradicteurs.

Dans la commission

Vincent Meslet est auditionne le [audition de M. Vincent Meslet], seul dossier ou il apparait (41 interventions recensees). L'audition est manifestement tendue : il perçoit la commission comme cherchant a faire de lui l'incarnation d'un « Etat profond » a Radio France et la conteste frontalement.

Sa these de fond. Radio France est un bien commun impartial et vivant, dont le pluralisme se construit dans la duree et non chronique par chronique. Il ouvre par une profession de foi : « Oui, trois fois oui, Radio France appartient a tous, mais surtout a personne. Cela ne peut etre qu'un bien commun, ou l'on se confronte aux idees de ceux qui ne pensent pas comme nous » (M. Vincent Meslet). Il oppose l'humain a la machine : « Radio France est vivante comme l'humain, et non pas lisse comme l'intelligence artificielle ; imparfaite comme l'humain, parfois rugueuse et enervante, essentiellement enrichissante » (M. Vincent Meslet).

Defense de la neutralite et rejet des etudes de biais. C'est son point le plus tranchant : il juge les etudes (Institut Thomas More, mesures par IA) « viciees » et « partisanes », et renvoie a l'Arcom comme seul etalon legitime — « Plutot que de nous opposer une etude plus ou moins partisane [...], il faudrait faire confiance a l'Arcom et a la mission confiee a M. Bruno Lasserre » (M. Vincent Meslet). Il conteste meme la mesurabilite du biais : « 40 % des Français disent ne pas savoir se classer a droite ou a gauche [...] on se demande comment il est possible de mesurer des donnees aussi evanescentes » (M. Vincent Meslet).

Rejet de la thèse de « l'Etat profond ». Il refuse d'endosser le role qu'on lui prete : « Je sais que vous essayez de demontrer, a travers ma personne, l'existence d'un Etat profond au sein de l'audiovisuel public. C'est tres injuste pour l'ensemble des journalistes » (M. Vincent Meslet). Sur ses propres prises de position passees, il concede une maladresse sans renier le fond : « Je ne le referais pas. [...] j'ai peche par naivete. Vous reclamez beaucoup de transparence par ailleurs ; j'ai ete trop transparent, ce jour-la » (M. Vincent Meslet).

Independance et liberte editoriale. Il nie toute injonction interne ou « tutelle » sur les invites et la ligne, et defend la liberte des editorialistes : sur Patrick Cohen, « les gens qui travaillent chez nous sont libres [...] c'est aux auditeurs de juger » (M. Vincent Meslet). Il defend le pluralisme jusqu'a l'extreme droite tout en revendiquant la moderation, et s'oppose a un cordon sanitaire : « Nous devons respecter le pluralisme, donc n'exclure aucune opinion [...] Mais [...] nous prenons le risque que des propos dissonants soient tenus – d'ou le role de la moderation » (M. Vincent Meslet). Il oppose une fin de non-recevoir sur plusieurs griefs : pas de censure du rapporteur (interviews couramment ecourtees, rapporteur invite en direct), pas d'excuses a presenter sur le traitement du complotisme / de l'affaire Epstein.

Transparence, financement et structure. Sur les remunerations, il pose une limite : transparence « organisee dans un cadre legal », pas de revelation des salaires individuels (secret des affaires, concurrence), les grandes masses etant deja accessibles via la Cour des comptes — « Nous sommes a fond pour la transparence, mais elle est organisee dans un cadre legal. Radio France est une societe anonyme de droit prive » (M. Vincent Meslet). Sur le rapprochement radio/TV (holding France Medias), il est reticent a une fusion des statuts, jugee « pharaonique » et risquee, et privilegie une convergence par le numerique. Enfin, il plaide pour un audiovisuel public « fort et bien finance » comme enjeu de souverainete face aux Gafam : « Les medias finances par la publicite sont fragilises par la domination des Gafam [...] cela pourrait conduire a un affaiblissement global de la culture française au profit de groupes etrangers » (M. Vincent Meslet).

Sources