La part du citoyenAudiovisuel public
Xavier Niel

Xavier Niel

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Xavier Niel, ne le 25 aout 1967 a Maisons-Alfort (Val-de-Marne), est un entrepreneur et homme d'affaires francais, l'une des plus grandes fortunes du pays. Issu d'une famille de classe moyenne, il se forme en autodidacte a l'informatique et aux services telematiques et abandonne ses etudes superieures a la fin des annees 1980 pour se lancer dans les affaires, d'abord dans les services du Minitel.

Il batit sa fortune dans les telecommunications. Il prend le controle du groupe Iliad au debut des annees 1990, puis lance en 1999 le fournisseur d'acces a Internet Free, qui bouscule le marche francais avec une offre haut debit a bas prix et la Freebox (lancee en 2002). Iliad se developpe ensuite a l'international (Italie a partir de 2018, rachat de l'operateur polonais Play en 2020) et via son vehicule d'investissement NJJ dans plusieurs pays europeens. Depuis 2019, Niel est president du conseil d'administration d'Iliad (fonction qu'il a declaree devant la commission).

Il est aussi un acteur majeur des medias francais. En 2010, il rachete avec Pierre Berge et Matthieu Pigasse le groupe Le Monde (Le Monde, Telerama, Courrier international, HuffPost...), dont il reste actionnaire de reference. Il est actionnaire d'autres titres (Nice-Matin, acquis en 2020) et fonde en 2022 le media d'investigation economique L'Informe. En 2015-2016, il co-fonde Mediawan — groupe de production et de distribution audiovisuelles — avec Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton ; le fonds d'investissement americain KKR figure parmi ses actionnaires. C'est au titre d'actionnaire de Mediawan qu'il est auditionne par la commission.

En dehors des affaires, il finance des initiatives dans la tech et la formation : l'ecole gratuite de programmation 42 (fondee en 2013), le campus de startups Station F (inaugure en 2017), le fonds Kima Ventures. Il est marie a Delphine Arnault, fille de Bernard Arnault (LVMH). Il ne revendique pas d'engagement partisan et se presente en investisseur ; l'orientation politique de ses medias (notamment Le Monde) fait l'objet de debats publics recurrents.

Dans la commission

Statut : audite (audition de M. Xavier Niel). Le dossier corpus documente une audition longue et exceptionnellement conflictuelle — 98 interventions recensees — au cours de laquelle Niel attaque frontalement le rapporteur et defend Mediawan.

Ton et mise en cause de la commission. Il ouvre en refusant la posture qu'il prete a l'exercice : « Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un clown ! » (M. Xavier Niel), et qualifie la seance de « cirque que vous avez cree » (« Je me crois a l'Assemblee nationale, monsieur le rapporteur, dans un cirque que vous avez cree », M. Xavier Niel). Il accuse le rapporteur d'avoir « propage beaucoup d'approximations, de fake news, de mensonges, ici et sur vos reseaux sociaux, sans aucune forme de contradictoire » (M. Xavier Niel), et lui prete un mobile de notoriete personnelle : la commission aurait « pour but de vous faire emerger comme une figure politique de ce pays » (M. Xavier Niel). Il en conteste le cout : « Monsieur le rapporteur, vous coutez 11 000 euros par mois aux Francais » (M. Xavier Niel).

Ligne de defense sur Mediawan. Sa these centrale : Mediawan n'est pas un media mais un producteur sans responsabilite editoriale. « Mediawan n'est pas un media, c'est une societe de production, qui produit sur la base d'un bon de commande » (M. Xavier Niel) ; « je ne fais rien chez Mediawan. Je n'interviens dans aucun choix de production » (M. Xavier Niel). Il soutient que « les positions politiques personnelles des actionnaires [...] n'ont pas d'impact sur ce qui sort de Mediawan » (M. Xavier Niel). Il defend la nationalite francaise du groupe par le controle et non le capital (« Le siege de Mediawan est a Paris et le controle est integralement et exclusivement francais », M. Xavier Niel), presente KKR comme un investisseur financier minoritaire sans droit de veto, et refute l'accusation de concentration (11 % de part de marche pour un seuil legal a 25 %).

Sur l'audiovisuel public. Il le juge plutot bien gere et sous-finance par comparaison europeenne : « Le cout de l'audiovisuel public en Allemagne est de 8 milliards et le cout de l'audiovisuel public en Angleterre est de 8 milliards — il est du double ! » (M. Xavier Niel). Il assigne au service public la mission de « s'adresser a tous » et de porter « des programmes qui n'ont pas de rentabilite economique » (M. Xavier Niel). Sur le pluralisme, il estime qu'« il existe deja, de fait, des medias d'opinion en France » et se dit hostile au cordon sanitaire mediatique. Enfin, il ne cache pas un interet d'acquereur en cas de privatisation : « Moi, j'adorerais acheter ces chaines, ce sont des chaines fantastiques » (M. Xavier Niel) ; « je serais toujours interesse par acheter une chaine de television » (M. Xavier Niel).

Sources