Linux sur le poste de travail
Le corpus n'aborde ce sujet qu'à travers une seule audition, celle de la Direction interministérielle du numérique (Dinum), le 14 avril 2026 (Mme Stéphanie Schaer). Il est donc peu documenté, mais il fait apparaître un échange direct et un clivage net entre deux positions.
Selon Mme Stéphanie Schaer, directrice de la Dinum (Mme Stéphanie Schaer), le passage d'environ 250 agents à un poste de travail Linux souverain relève d'une démarche expérimentale assumée, motivée par deux risques concrets. Le premier est économique : la flambée récente des tarifs de licences propriétaires. Elle interroge — « que se passerait-il si le prix des licences était multiplié par deux, par trois, voire par cinq, comme c'est arrivé récemment ? » — pour justifier la sortie des dépendances. Le second est géopolitique : le risque de coupure des services en cloud, qu'elle nomme explicitement « le kill switch : le risque d'arrêt des services est très prégnant en cas d'interaction avec des acteurs extra-européens ou de soumission à des lois extra-européennes ». C'est ce risque qui fonde, dans son propos, la stratégie de maîtrise des briques logicielles et du poste souverain. Schaer reconnaît toutefois deux limites : le retour sur investissement (ROI) n'est pas encore chiffré et un coût d'entrée existe.
Le clivage porte précisément sur cette absence de chiffrage. M. Philippe Latombe, président de la commission (Mme Stéphanie Schaer) — pourtant présenté comme favorable au souverain — reproche à la Dinum de basculer sous Linux sans calcul économique préalable : « J'ai l'impression que vous n'avez pas fait ce calcul et que votre choix relève plutôt de la posture. » L'opposition n'est donc pas sur le principe de la souveraineté numérique, partagé par les deux intervenants, mais sur la méthode : démarche expérimentale motivée par le risque (Schaer) contre exigence de démonstration chiffrée du ROI avant bascule (Latombe).
Au-delà de cet échange, le corpus ne fournit ni données de coût, ni bilan de l'expérimentation, ni autres points de vue sur la migration Linux du poste de travail de l'État. Les éléments saillants se limitent aux deux justifications avancées par la Dinum (inflation des licences, kill switch) et à la réserve méthodologique du président.
Qui en parle
- Mme Stéphanie Schaer (Dinum, Mme Stéphanie Schaer) — défend la migration Linux pour ~250 agents comme une expérimentation assumée face au risque de kill switch et à la flambée des licences ; admet que le ROI n'est pas chiffré.
- M. Philippe Latombe (président de la commission, Mme Stéphanie Schaer) — favorable au souverain, mais reproche à la Dinum l'absence de calcul de ROI et y voit une « posture ».