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Poste de travail & bureautique de l'État (DINUM)

Ce domaine documente le point le plus tangible de la dépendance numérique française : le poste de travail et les outils collaboratifs quotidiens de l'appareil d'État, très majoritairement fournis par Microsoft. La ligne de force est un décalage récurrent entre la rhétorique de souveraineté et les actes. Le constat de dépendance est massif et admis sous serment — David Amiel (Mme Anne Le Hénanff) chiffre « 90 % des dépenses tournées vers des acteurs extra-européens, et singulièrement vers Microsoft » (368 M€ de postes de travail sur 4,2 Md€), et la Caisse des dépôts (Mme Catherine Mayenobe) reconnaît « une dépendance totale » pour messagerie et outils collaboratifs. Autour de ce diagnostic partagé se déploient des mécanismes de verrouillage (gestion des identités et habilitations comme vecteur de lock-in, inertie administrative résumée par « aucun DSI ne sera renvoyé pour avoir acheté Microsoft 365 »), un débat sur la crédibilité des alternatives, et une controverse vive sur le rôle de la DINUM.

Les cinq sujets du domaine s'articulent ainsi :

Les clivages majeurs. Le premier oppose ceux qui jugent les alternatives crédibles — Michel Paulin (M. Michel Paulin) : « Linux répond à 99 % des besoins » — à ceux qui reconnaissent un retard fonctionnel réel, Yves Billon (des directeurs de systèmes d’information de ministères) admettant qu'avec LibreOffice « on ne bénéficie pas de l'expérience utilisateur d'Office 365 […], il a fallu reconstruire beaucoup de choses ». Le deuxième, structurant, porte sur ce que l'État doit faire : État producteur (Henri Verdier, M. Henri Verdier : sans capacité de produire, on ne sait plus acheter ; modèle « État plateforme ») contre État acheteur/sélecteur (Yann Lechelle, M. Yann Lechelle : la DINUM « fait fausse route en cherchant à se comporter comme un éditeur »). Ce clivage se rejoue sur LaSuite : la filière et le président Latombe y voient une branche de l'État fabriquant une solution concurrente, tandis que la rapporteure Chatelain défend « une capacité de développement autonome » et refuse la rhétorique de l'« État adversaire de la nation ». Un troisième clivage, plus méthodologique que doctrinal, oppose Schaer et Latombe sur Linux : tous deux favorables au souverain, ils divergent entre démarche expérimentale motivée par le risque et exigence de ROI chiffré avant bascule (« votre choix relève plutôt de la posture »). En arrière-plan, un souverainisme par le libre (Nicolas Vivant, Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre : « la taille ne compte pas ») conteste l'argument d'échelle industrielle, tandis que le risque géopolitique de coupure des services américains — évoqué par Schaer comme par Renaud Chaput (Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, scénario simulé par la Commission européenne) — fournit le motif commun qui relie tout le domaine.

Sujets couverts

Sujets de ce domaine

Bureautique Microsoft de l'État et de l'Éducation

17 citations · 5 auditions

Suites collaboratives de l'État (LaSuite) et concurrence à la filière

15 citations · 4 auditions

Rôle de la DINUM et outils numériques de l'État

11 citations · 6 auditions

Messageries, réseaux et identité numérique de l'État

7 citations · 3 auditions

Linux sur le poste de travail

3 citations · 1 auditions