Investissements internationaux d'EDF
Le corpus aborde les investissements internationaux d'EDF de façon limitée mais nettement clivante : deux lectures opposées de la stratégie de développement à l'étranger du groupe se font face, sans constat véritablement partagé entre les intervenants.
D'un côté, une appréciation critique. Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage, audition du 10 janvier 2023) porte un jugement global sévère sur la conduite de la politique électrique française, qu'elle résume par la formule : « J'ai le sentiment d'un immense gâchis dans le domaine de l'électricité. » Sur les opérations internationales spécifiquement, elle avance un chiffrage destiné à montrer une destruction de valeur : « Constellation aux États-Unis a coûté 5 milliards d'euros et l'achat de British Energy a représenté 14 milliards d'euros alors qu'il ne valait que 7 ou 8 milliards d'euros. » Selon elle, l'écart entre le prix payé pour British Energy (14 milliards d'euros) et sa valeur estimée (7 à 8 milliards d'euros) traduit un surcoût de l'ordre du double, présenté comme symptomatique d'investissements étrangers jugés destructeurs de valeur pour EDF.
De l'autre côté, une défense de la stratégie. Cédric Lewandowski (M. Cédric Lewandowski) soutient au contraire que le développement international mené sous la présidence de Henri Roussely « n'a pas obéré les capacités domestiques » du groupe. Il valorise les filiales internationales — citant EDF Energy et Edison — qu'il décrit comme « bénéficiaires et structurantes ». Sa position inverse donc la conclusion de Corinne Lepage : là où celle-ci voit un coût et une perte, il met en avant la rentabilité et le caractère structurant de ces actifs, ainsi que l'absence de cannibalisation des moyens nationaux.
Le clivage central oppose ainsi deux grilles de lecture sur les mêmes acquisitions à l'étranger : l'une insiste sur les montants engagés et l'écart prix/valeur (Lepage), l'autre sur la contribution positive des filiales et la préservation des capacités domestiques (Lewandowski). Le corpus ne fournit pas, sur ce sujet, d'élément de réconciliation entre ces deux thèses ni de chiffrage contradictoire opposé directement à celui de Corinne Lepage.
Les points saillants documentés sont donc, du côté critique, les chiffres avancés par Corinne Lepage — Constellation (États-Unis) à 5 milliards d'euros et British Energy à 14 milliards d'euros pour une valeur estimée de 7 à 8 milliards — et, du côté de la défense, l'affirmation par Cédric Lewandowski que les filiales internationales (EDF Energy, Edison) sont bénéficiaires et n'ont pas pesé sur les capacités françaises.
Qui en parle
- Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) — ligne critique : dénonce un « immense gâchis », chiffre les acquisitions étrangères (Constellation, British Energy) comme destructrices de valeur pour EDF.
- Cédric Lewandowski (M. Cédric Lewandowski) — ligne de défense : le développement international sous Roussely n'a pas obéré les capacités domestiques ; les filiales (EDF Energy, Edison) sont bénéficiaires et structurantes.