Hinkley Point
Le sujet Hinkley Point (projet de construction de deux EPR au Royaume-Uni par EDF) apparaît dans le corpus à travers deux auditions : celle de Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d'EDF (M. Jean-Bernard Lévy, 14 décembre 2022), et celle de Manuel Valls, ancien Premier ministre (M. Manuel Valls, 2 février 2023). Les deux interventions convergent pour défendre la décision, tout en attestant qu'elle a été prise dans un contexte de controverse.
Les constats partagés. Les deux intervenants confirment que la décision d'engagement a été formellement validée par les instances compétentes. Manuel Valls (M. Manuel Valls) date précisément l'acte : « Le contrat Hinkley Point est approuvé le 28 juillet 2016 par le Conseil d'administration d'EDF avec l'accord de l'État ». Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) rappelle de son côté que la décision a été « prise par le conseil d'administration en toute connaissance de cause ». Les deux reconnaissent également l'existence d'une opposition interne : Manuel Valls évoque un sujet qui « faisait l'objet d'une controverse » en interne (notamment la démission du directeur financier et l'opposition de la CGT), et Jean-Bernard Lévy aborde frontalement la démission du directeur financier.
Les justifications avancées. Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) défend le choix sur le plan industriel et financier : la décision « de poursuivre le projet était tout à fait indispensable – je persiste et signe », et il soutient qu'elle reste rentable. Manuel Valls (M. Manuel Valls) avance pour sa part une justification politique : « Pour nous, il fallait défendre la crédibilité de la France, de l'État et d'EDF dans cette filière », faisant primer la crédibilité de la filière nucléaire sur les doutes financiers exprimés.
Les désaccords et points de tension. Le principal clivage rapporté n'oppose pas les deux audités entre eux, mais ces derniers à des accusations soulevées au cours des travaux de la commission. Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) répond sous serment à un soupçon de conflit d'intérêts évoqué par la députée Mme Laernoes : « Je confirme donc sous serment que la décision du conseil d'administration d'EDF n'a pas été annulée au motif d'un quelconque conflit d'intérêts d'un administrateur. » Il appuie son argumentation sur le fait que le tribunal de commerce, alors qu'il en avait le pouvoir, n'a pas annulé la délibération du conseil d'administration. Pour Jean-Bernard Lévy, la démission du directeur financier ne traduit donc pas un désaccord de fond viciant la décision.
Points saillants. Le corpus restitue ainsi une défense assumée et concordante du projet par les deux responsables auditionnés, doublée d'une reconnaissance explicite des controverses internes (démission du DAF, opposition syndicale) et des soupçons de conflit d'intérêts soulevés devant la commission. La date du 28 juillet 2016 constitue le seul repère chiffré documenté dans la fiche.
Qui en parle
- M. Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d'EDF (M. Jean-Bernard Lévy) : défense ferme et assumée de la décision, jugée indispensable et rentable ; réfute sous serment tout conflit d'intérêts viciant la délibération.
- M. Manuel Valls, ancien Premier ministre (M. Manuel Valls) : confirme l'engagement de l'État (28 juillet 2016) malgré l'opposition interne ; justifie le choix par la crédibilité de la France et de la filière nucléaire.